FOULD Achille (1800-1867)
France

Photo par Léopold Ernest Mayer, avant 1867
Banquier et homme politique

Achille (Marcus) Fould voit le jour à Paris, le 17 novembre 1800. Second fils de Léon Beer Fould (1767-1855), banquier juif, mais converti quant à lui au protestantisme, originaire de Lorraine et maire de Rocquencourt (Seine-et-Oise), il fait une carrière politique, tandis que son frère aîné succède à son père à la tête de la maison de banque familiale. Achille devient ministre des Finances de la Deuxième République sous Louis-Napoléon Bonaparte puis ministre d’État de 1852 à 1860 durant le Second Empire. Économiste libéral classique du XIXe siècle, Achille Fould est partisan du libre-échange mais s’oppose complètement aux saint-simoniens quant à leur conception des dépenses publiques que lui refuse de considérer comme «productives». Il est ainsi l’artisan d’une politique budgétaire qui se veut, au moins dans ses objectifs, extrêmement économe.

Achille Fould est, avec les frères Pereire, le fondateur du Crédit mobilier en 1852 qui marque l’essor des innovations financières lancées par les grandes banques d’affaires de la seconde révolution industrielle en France, notamment avec l’accroissement des prêts, hypothécaires en matière agricole et liés à des émissions obligataires dans le milieu industriel. Il favorise le développement de ces échanges financiers, donc la spéculation qui s’épanouit sous le Second Empire (ce que dénonce Émile Zola dans La Curée). Il s’oppose, par la suite, de façon véhémente aux frères Pereire. Ministre des Finances entre 1849 et 1867, Achille Fould mène sur une ampleur nationale la politique économe qu’il a eu pendant ses huit années au ministère d’État chargé de la maison de l’empereur.

Économiste libéral, il s’oppose, en bon disciple de Monsieur Thiers, aux projets d’impôt sur le revenu qui commencent à fleurir. Il demande cependant l’accroissement de la pression fiscale pour venir à bout de la dette flottante qui est pour lui insupportable. Farouche opposant des doctrines socialistes, il envisage en 1857 de faire supprimer le suffrage universel. Sur le plan du droit budgétaire, il contribue à accroître le contrôle parlementaire sur les ministres dépensiers en supprimant la possibilité donnée aux ministres d’inscrire sans vote des crédits supplémentaires. Cette opposition viscérale aux finances extraordinaires l’amène à rechercher la réduction des dépenses militaires. Il n’est ainsi pas favorable à l’expédition mexicaine ni au réarmement face à la Prusse. Son objectif reste de limiter les dépenses, c’est pourquoi il obtient, le 31 décembre 1861, le rétablissement du vote du budget par section (et non plus par ministère), ce qui limite les volontés dépensières qui se manifestent plus aisément en cas de vote par ministère.

Malgré les critiques dont il abreuve ses prédécesseurs, sa politique budgétaire n’est pas plus rigoureuse que la leur. Persigny dénonce dans ses Mémoires  » le beau système de monsieur Fould de traiter une grande nation comme un propriétaire obéré, de confondre les dépenses productives et les dépenses nécessaires, de réduire les unes comme les autres, et de ne permettre d’achever l’outillage du pays qu’à l’aide des ressources ordinaires du budget « . Comme le souligne F. Choisel, « Fould ne réussit pourtant pas mieux – ni plus mal – que ses prédécesseurs, et doit user d’expédients pour équilibrer ses budgets : conversion de rente, emprunts, ventes de forêts du domaine de la Couronne, etc. ». En somme, il reste très représentatif des finances publiques dites « classiques », par son incapacité à les adapter à la réalité de dépenses publiques sans cesse croissantes avec le développement de l’interventionnisme de l’État (notamment en matière d’équipements publics).

Parallèlement à ses fonctions de ministre des Finances, Achille Fould est aussi ministre d’État de 1852 à 1860. Il s’oppose au tournant libéral de l’Empire, démissionne suite aux décrets réformateurs du 24 novembre 1860 et refuse d’être fait duc. Il décède à Laloubère, banlieue de Tarbes (Hautes-Pyrénées), le 5 octobre 1867. Il est le père d’Adolphe Ernest Fould (1824-1875), banquier et député, et le grand-père du député  Charles Achille Fould (1861-1926).

Distinctions : chevalier (1848), officier (6 février 1850), commandeur (8 décembre 1852), grand-officier (20 janvier 1854), grand-croix de la Légion d’honneur (18 mars 1856).

Sources : Base Léonore (Légion d’honneur) ; Wikipedia. Date de création : 2015-02-06.

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Date de la dernière mise à jour : 10 février 2021