FINALY Horace (1871-1945)
Hongrie

Horace Finaly voit le jour le 30 mai 1871, à Budapest (Hongrie). C’est le fils d’Hugo Finaly et de Jenny Ellenberger, financiers juifs d’origine austro-hongroise et naturalisés le 28 août 1890. Ancien élève du lycée Condorcet, condisciple de Marcel Proust et Robert de Flers, licencié en droit de la faculté de Paris, Horace Finaly côtoie dans le salon de ses parents l’élite culturelle de l’époque (Anatole France, Gabriele d’Annunzio, etc.).

Il partage son temps entre Neuilly et Florence, où Hugo et Jenny Finaly disposent de la villa Landau-Finaly et des collections léguées par Horace de Landau, notamment une importante bibliothèque de manuscrits, d’incunables et d’éditions rares.

Recruté par son père à la Banque de Paris et des Pays-Bas, le 17 avril 1900, Horace Finaly se spécialise, à partir de 1903, dans l’émission d’emprunts d’état placés à Paris (Bulgarie 1902, Norvège 1904). Il devient directeur général par intérim de la Banque de Paris et des Pays-Bas, en remplacement de M. Thors, puis directeur général de plein exercice à partir du 7 octobre 1919.

Il fait participer la banque à des opérations dans l’industrie, la chimie, le pétrole, en Europe et au Proche-Orient. Son but politique sous-jacent est d’éviter un retour de la puissance allemande dans ces secteurs pour y défendre les intérêts français, diplomatiques et militaires. Il travaille de concert avec Philippe Berthelot, Secrétaire Général du Quai d’Orsay jusqu’en 1932.

Au moment du gouvernement du Cartel des Gauches il pousse la coopération avec le pouvoir politique jusqu’à disposer d’un bureau au Ministère des Finances, ce qui provoque l’ire de Joseph Caillaux, ministre en titre.

Mathématicien et lettré, influent, mais aussi lourd, hautain et brutal, « un frémissement significatif parcourt le marché » quand il entre à la Bourse, au Palais Brongniart. Il reste une personnalité à part dans le monde bancaire en affirmant des positions politiques à gauche.

En 1936/37, c’est le seul banquier à soutenir le Front Populaire. Aussi, quand Léon Blum rencontre ses premières difficultés financières, il émet un emprunt d’état que les banques de la place de Paris doivent placer auprès des épargnants.

La plupart traînèrent des pieds, sauf la Banque de Paris et des Pays-Bas, ce qui va conduire à sa chute. En effet, le gouvernement de Front Populaire décide la nationalisation de la Banque de France, avec le slogan « La Banque de France doit devenir la Banque de la France ! « . Or, un de ses régents, Emile Moreau, qui perd ses fonctions depuis la nationalisation, est également président de la Banque de Paris et des Pays-Bas et est résolument hostile au Front Populaire.

Emile Moreau décide de participer au blocus financier contre le gouvernement de Léon Blum et fait destituer Horace Finaly de ses fonctions. Son éviction de la direction de la Banque, le 7 juin 1937, annonce la chute du cabinet Léon Blum, le 21 juin suivant.

Cette étroite coopération avec le pouvoir politique provoque une critique très imprégnée d’antisémitisme : L’Action française dénonce l’alliance des deux juifs « aux mêmes doigts crochus ».

Horace Finaly quitte la France, en août 1940, et se réfugie à New York (Etats-Unis), où il meurt le 19 mai 1945. Il repose avec son père, le banquier Hugo Finaly (1844-1915). Ses héritiers lèguent les collections de la villa Finaly à la ville de Florence (Italie) et la villa à la chancellerie de l’Université de Paris (1956) qui en fait un centre d’accueil et de recherche.

En 1982, le souvenir de la crise avec Léon Blum incite le président Mitterrand à procéder à la nationalisation de toutes les banques françaises, y compris Paribas, pour éviter d’affronter un contre-pouvoir financier trop fort à ses yeux.

Sources : Wikipedia. Date de création : 2014-07-03.

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Monument

Inscriptions : Famille Hugo FINALLY

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Date de la dernière mise à jour : 25 novembre 2022