DUVERGIER de HAURANNE Prosper (1798-1877)
France

Prosper Duvergier de Hauranne voit le jour le 3 août 1798 à Rouen (Seine-Maritime). Fils de Jean-Marie Duvergier de Hauranne, Prosper Duvergier de Hauranne est député de Sancerre en 1831. Il collabore au «Globe», à «La Revue française», à «la Revue des deux mondes». Écrivain, il se lie d’amitié avec Stendhal et fréquente Victor Hugo ; homme politique, il se détermine pour la monarchie parlementaire. Après avoir fait son droit, il fréquente les milieux littéraires et écrit quelques comédies qui n’ont pas beaucoup de succès : «Les marineurs écossais ou une matinée» (1820), «M. Sensible» (1821) et «Le jaloux sans le savoir».

Il est attiré par le monde politique et séjourne avec son ami de jeunesse Camille de Montalivet en Angleterre et en Écosse en 1820 et en 1821, d’où ils reviennent séduits par son régime politique, comme en témoigne les Lettres sur les élections anglaises et sur la situation de l’Irlande, qu’il publie en 1826. Il fréquente à son retour les salons parisiens et rédige nombre d’articles politiques à partir de 1824 au «Globe» et ensuite à la «Revue française».

En 1827, devenu mari de la fille du baron Micoud d’Umons, il partagea alors son temps entre Paris et le château d’Herry dans le Cher : chaque été, il y reçoit hommes politiques, écrivains ou philosophes parmi lesquels Barrot, Thiers, Guizot, Rémusat, Stendhal. Avant tout réformiste et libéral, il combat la restauration des Bourbons et soutient le régime de Louis-Philippe. Il est élu député du Cher à partir de 1831. Mais, après avoir d’abord soutenu la politique de répression de Louis-Philippe, critiquant l’omnipotence royale, il se rapproche de Thiers et de Guizot.

Dans son livre « Des Principes du gouvernement représentatif et de leurs applications », publié en 1838, il formule la maxime célèbre : « Le roi règne et ne gouverne pas ». Dès lors, ses vues politiques divergeant de celles de son ami Montalivet et les relations entre les deux hommes vont pendant quelque temps se refroidir. Il fait, dès 1837 de l’opposition à Molé et à Guizot.

En 1848, Thiers lui offre un éphémère portefeuille ministériel à la veille de la Révolution et de l’arrivée au pouvoir de Louis-Napoléon Bonaparte à qui il s’oppose, organisant la campagne des banquets et faisant partie de la droite antirépublicaine à la Constituante en 1848. Il combat à la Législative en 1850 la politique de l’Élysée. Au moment du Coup d’État du 2 décembre 1851, il est arrêté et exilé un temps.

Autorisé à rentrer en France en 1852, Duvergier de Hauranne s’écarte de la vie publique et se consacre à ses écrits politiques, dont une Histoire du gouvernement parlementaire en France, 1814-1848 (1857-1871). Ces travaux lui valent d’entrer en 1870 à l’Académie Française, succédant au duc de Broglie. Il s’éteint le 20 mai 1881 à Herry. Il repose avec son père,  Jean-Marie Duvergier de Hauranne (1771-1836), négociant et homme politique, et son beau-père, le baron Charles Emmanuel Micoud d’Umons (1753-1817), préfet de l’Ourthe.

Publications :

  • Des Principes du gouvernement représentatif (1838) ;
  • De la Politique extérieure et intérieure de la France (1841) ;
  • De la Réforme parlementaire et de la réforme électorale (1846) ;
  • Histoire du gouvernement parlementaire en France (10 vol., 1857-1870).

Sources : Biographie politique du dix-neuvième siècle, Paris, Société d’Éditions d’Art, 1899, p.94. Date de création : 2009-08-18.

Monument

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Date de la dernière mise à jour : 25 février 2021