DEBELLEYME Louis Marie (1787-1862)
France

portrait par Charles Jalabert, 1857

Louis Marie Debelleyme voit le jour à Paris le 16 janvier 1787. Issu d’une famille du Périgord, il est fils d’un officier du génie, chef de la division topographique aux archives et collaborateur de Cassini. Elève de l’Ecole centrale des Quatre-Nations, puis de l’académie de Législation, il devient  avocat à Paris le 17 juillet 1807. C’est un improvisateur habile et d’un talent oratoire certain.

Plein de tact et de maîtrise, il excelle dans son art. Il débute dans la magistrature sous la Restauration, comme substitut du procureur du Roi à Corbeil le 28 novembre 1814. Il devient successivement conseiller auditeur à la Cour de Paris (1815), procureur du Roi à Pontoise (24 janvier 1816), à Versailles (21 avril 1819), juge d’instruction à Paris (1er août 1824), vice-président du tribunal de la Seine (6 août 1824), et procureur du Roi au même tribunal (12 juillet 1826).

Candidat aux élections du 17 novembre 1827, dans le 1er arrondissement électoral de la Dordogne (Périgueux), il est battu. En novembre 1827, il fait preuve d’indépendance et de fermeté lors de la fusillade de la rue Saint-Denis, en prenant des conclusions contre les gendarmes, en raison des violences exercées par eux. Cette prise de position attire l’attention du nouveau cabinet Martignac.

Ce dernier le nomme, le 17 janvier 1828, préfet de Police. Dès sa prise de fonctions, il abolit l’espionnage politique, donne un uniforme aux agents de la police secrète. Debelleyme aménage et réglemente les services de la voirie, des étalages, de la police des spectacles, des voitures de place, des approvisionnements. Il organise le corps des sergents de ville et fait établir les omnibus.

Debelleyme travaille à l’extinction de la mendicité et à la création de maisons de refuge. Il se fait élire député par le collège du département de la Dordogne et entre à la Chambre, le 4 juillet 1829. Malgré les regrets du roi Charles X, il donne sa démission de son poste de préfet de Police. Il devient président du Tribunal de la Seine le 13 août 1829. Après la dissolution de la Chambre, il n’est pas réélu.

La Monarchie de juillet on le retrouve chef de bataillon de la Garde Nationale de Paris. Il se présente aux élections du 5 juillet 1881, mais échoue. Mais le 28 septembre suivant, on l’élit dans la Seine, en remplacement de Casimir Périer. Il échoue de nouveau le 21 juin 1884 et le 4 novembre 1887. Il est néanmoins élu le même jour par le 6e corps électoral de la Dordogne.

Le 29 décembre 1856, le gouvernement impérial le nomme conseiller à la Cour de Cassation. Il est admis à la retraite le 19 janvier 1862, un mois avant sa mort. Debelleyme décède le 26 février1862 à Paris.

L’invention des sergents de ville

Quelle figure plus familière aux habitants d’une grande ville que la présence de policiers en uniforme? Ceci ne remonte pourtant qu’au 16 mars 1829. C’est le préfet de police Debelleyme qui imagina la création d’une police ostensible et journalière. Il précisait dans sa chartre :

« En montrant ses agents, la police apparaîtra protectrice des citoyens alors que son service occulte déplaît sans grande utilité. »

Eberlués, les anglais nous empruntaient l’idée le 29 septembre de la même année et inventaient le « Bobby », du nom de Robert Peel, alors premier ministre.

Publications : Ordonnances sur requêtes et sur référés selon la jurisprudence du Tribunal en première instance du département de la Seine. Recueil de formules, suivies d’observations pratiques (Parris, Joubert, 3e édition P. Cosse, 1855, deux volumes).

Distinctions : chevalier (14 août 1822), officier (28 octobre 1828), commandeur de la Légion d’honneur (31 mai 1837), titulaire de l’Aigle rouge de Prusse (1830).

Sources : Le Clere (Marcel) Guide des cimetières, Hachette, Paris, 1990 ; Archives de l’Assemblée Nationale ; Base Léonore (Légion d’honneur). Date de création : 2006-09-08.

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Date de la dernière mise à jour : 5 mai 2021