CRUZ-DIEZ Carlos (1923-2019)
Vénézuéla

Un des acteurs majeurs de l'art cinétique

Carlos Cruz-Díez voit le jour le 17 août 1923 à Caracas (Venezuela). En 1940, Carlos Cruz-Díez étudie à l’École des beaux-arts de Caracas où il obtient un diplôme de professeur d’arts appliqués. Quelques années plus tard, en 1944, il travaille comme dessinateur graphique à la Creole Petrolium Corporation et, en même temps, il illustre des publications et réalise des bandes dessinées pour différents journaux vénézuéliens.

Il est, en 1946, le directeur créatif de l’agence publicitaire McCann-Erickson Venezuela et illustrateur du journal national El Nacional en 1953. En 1957, après avoir réalisé divers voyages à New York et Paris (à l’occasion duquel il visite l’exposition Le Mouvement à la galerie Denise René), il fonde l’Estudio de Artes Visuales, dédié au dessin graphique et industriel.

En 1959, un an avant de s’installer définitivement à Paris avec sa famille, il fait sa première Couleur Additive et Physichromie. Il s’installe à Paris à partir de 1960. Il participe en 1961, à l’exposition Bewogen Bewegin au Stedelijk Museum à Amsterdam, où d’autres artistes comme Allan Kaprow, Alexander Calder, Moholy-Nagy, Robert Rauschenberg, Jean Tinguely, Marcel Duchamp et Victor Vasarely, ont également collaboré.

Quatre ans plus tard, il est nommé assesseur au centre culturel Noroit, à Arras (Pas-de-Calais) et il participe à The Responsive Eye au Museum of Mode Art de New York (MoMA), l’exposition fondatrice de l’art optique. De 1972 à 1973, Carlos Cruz-Díez est professeur à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris de « techniques cinétiques ».

Entre 1986 et 1993, il est professeur titulaire de l’Institut international d’études avancées à Caracas. En 1989, la première édition de son livre Réflexion sur la couleur est publiée à Caracas; livre qui est basé sur ses diverses investigations plastiques liées à l’étude de la couleur comme « une réalité autonome en mutation constante ».

En 1997, il est nommé président et membre du Conseil Supérieur de la Fondation Musée de l’Estampe et du Dessin Carlos Cruz-Díez, qui a pour but d’étudier, de diffuser, de collectionner et de conserver le travail des dessinateurs et artistes graphiques nationaux et internationaux liés à l’estampe et le dessin. En 2005, sa famille crée la fondation Cruz-Díez dédiée à la conservation, développement, diffusion et investigation de son héritage artistique et conceptuel.

En 2008, deux ans avant le 50e anniversaire de son arrivée à Paris, Cruz-Díez acquiert la nationalité française et trois ans plus tard, il inaugure son exposition majeure Carlos Cruz-Díez. Color in Space and Time au musée des beaux-arts de Houston, aux États-Unis. En 2014, le conseil général de la Vendée détruit par mégarde une de ses œuvres, Chromointerférente, devant le collège des Gondoliers de La Roche-sur-Yon en 1972, car, mal entretenue et rouillée, elle menaçait de s’effondrer.

Théoricien de la couleur

Cruz-Díez focalise ses recherches dans la dissociation du binôme forme-couleur, en se proposant notamment, « libérer » la couleur de la forme. En partant de la fragmentation du plan, il utilise des « modules d’évènements chromatiques » (série de lignes dans un ordre rigoureux et programmé) pour mettre en évidence ses postulats théoriques sur la couleur.

« La couleur est un fait autonome qui existe sans avoir besoin de la forme. » Les formes qui apparaissent dans ses œuvres ne sont pas conventionnelles dans le sens traditionnel du terme ; elles sont le résultat de l’accumulation des modules qui, à cause de la superposition et de la répétition, créent des formes géométriques telles que des carrés, des triangles, ou des rectangles.

Extrait (d’une interview, à Paris, 1969) :

« Dans mes œuvres, la couleur apparaît et disparaît au cours du dialogue qui se génère entre l’espace et le temps réels. Simultanément, il apparaît de façon indiscutable que l’information acquise, comme les connaissances mémorisées au cours de notre vie ne sont probablement pas exactes – du moins partiellement. »

« Je propose la couleur autonome, sans anecdote, dépourvue de symbolisme, en tant que fait évolutif qui nous implique. » « À travers ma trajectoire chromatique, j’essaie de mettre en évidence la couleur comme une situation éphémère et autonome. La couleur en continuelle mutation crée des réalités autonomes. La couleur est autonome car elle est met en évidence sans dépendre d’aucune anecdote ni forme, ni même d’un support ce que le spectateur a l’habitude de voir en peinture. C’est ainsi que s’établit une autre dialectique entre le spectateur et l’œuvre, une autre relation de connaissance. »

« Les œuvres que je réalise dans l’espace urbain et dans l’habitat, sont conçues comme un discours plastique qui se génère dans le temps et l’espace et qui crée des situations et des évènements chromatiques qui changent la dialectique entre le spectateur et l’œuvre. Au contraire des artistes médiévaux, de la Renaissance et même des muralistes mexicains, mes œuvres ne contiennent pas de discours référentiels.»

Il décède le 27 juillet 2019 à Paris.

Distinctions : officier de la Légion d’honneur (2012, date inconnue car dossier non disponible dans la base Léonore).

Œuvres : 

Peintures :

  • Physichromie N°1 (Caracas, 1959) ;
  • Physichromie n°142 (Paris 1964) ;
  • Induction chromatique (Paris 1971) ;
  • Physichromie n° 1.284 (Paris, 1993).

Œuvres intégrées à l’architecture :

  • Muro de color aditivo (Caracas 1971) ;
  • Centrale hydro-électrique Santo Domingo (Edo, Merida 1971) ;
  • Ambientacion (Aéroport Maiquieta, Caracas, mosaïque en émaux de Briare,1974) ;
  • Environnement chromatique (UBS, Zurich, 1975) ;
  • Physichromie double face (Place du Venezuela, Paris, 1976) ;
  • Physichromie (Jackson Memorial hospital, Miami, 1979) ;
  • Plafond physichromique (passerelle piétonnière, gare de Saint-Quentin-en-Yvelines, 1981) ;
  • Physichromie n° 2001 (Banco Consolidado, New-York, 1982) ;
  • Induction chromatique (Fortaleza, Brésil, 1986) ;
  • Physichromie (Madrid, 1991) ;
  • Induction (exposition universelle de Séville, 1992) ;
  • Arc Induction (Équateur, 1997) ;
  • Induction (La Havane, 1999) ;
  • Cromovelas Induccion (Portugal, 2001) ;
  • Spirale (Corée, 2002) ;
  • Cliché Coul (Centre Pompidou, Paris, 2004) ;
  • Orchestre des jeunes musiciens (Caracas, 2007) ;
  • Stade des Marlins(Miami, 2012).

Sculptures : Colonne Chromointerférente (Collège des Gondoliers, La Roche-sur-Yon, 1972).

Collections :

  • Centre Pompidou (Paris) ;
  • Musée d’art moderne de la ville de Paris (Paris) ;
  • Tate Modern (Londres) ;
  • Museum of Modern Art (New York) ;
  • Musée des Beaux-Arts (Houston) ;
  • Wallraf-Richartz Museum (Cologne).

Sources : Wikipedia, Base Léonore (Légion d’honneur). Date de création : 2019-08-17.

Photos

Monument

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Date de la dernière mise à jour : 6 avril 2021