BRAULT Eliane (1895-1982)
France

Éliane (Anita Elisabeth) Brault voit le jour le 18 septembre 1895, à Paris (9ème). Son père, Élie-Simon Alexandre Brault (1868-1898), est un jeune avocat à la cour d’appel de Paris également médecin à l’hôpital Saint-Louis. Sa mère, Isabelle Moses (1867-1942), est née à Lima, d’une famille bourgeoise juive péruvienne, convertie au catholicisme.

Durant la Première Guerre mondiale, elle épouse, le 26 novembre 1915, son ami d’enfance Jean Sabourdin (1890-1918), qui sera tué au front peu après la naissance de leur fils Roger, en 1917. Elle se remarie, en 1923, avec l’avocat Louis Gallié (1883-1974) avec qui elle a un second fils, Alexandre (1925-1971). En 1933, elle divorce.

Elle s’engage durant toute sa vie pour la cause de l’enfance et de l’adolescence. D’abord sous-directrice de l’école de rééducation de Clermont-de-l’Oise, en 1936, elle devient inspectrice des établissements surveillés en 1937, puis secrétaire générale du Conseil supérieur à l’enfance et membre du Conseil supérieur de l’Assistance publique. Elle publie, en 1938, ses recommandations dans la Revue d’hygiène et de médecine sociale.

Son second époux, Louis Gallié, et le pacifiste Émile Borel la présentent au Parti radical auquel elle adhère en 1925. Elle y travaille notamment avec Marcelle Kraemer-Bach avocate et membre de l’Union française pour le suffrage des femmes. Conférencière et journaliste, elle collabore au journaux Le Radical, La France radicale, Le Républicain jacobin et L’Ère nouvelle. Elle est membre du syndicat des journalistes. On reconnait sa compétence et elle fait partie des cinq femmes membres du bureau du parti avant 1940. Elle y est élue en 1933, et on considère son élection comme un succès féministe. Elle s’emploie à dynamiser une politique d’œuvres sociales et de solidarité.

En 1934, sur fond de crise politique et de montée de l’extrême droite, elle crée l’Action démocratique des femmes et défile souvent dans des manifestations de soutien à la république. Elle fonde en 1935 la Fédération des femmes radicale dont elle prend la présidence. Après un voyage en Union soviétique, elle se montre intéressée par la place faite aux femmes et aux enfants par le régime soviétique. Elle se rapproche alors du Parti communiste. Elle se réjouit des élections de 1936 qui consacrent la domination du Front populaire. Puis elle s’inscrit dans la lutte contre le fascisme et soutient ouvertement les républicains espagnols.

À la chute du gouvernement de Léon Blum en avril 1938, elle rejoint l’aile gauche du Parti radical. En 1939, elle use de son influence pour ouvrir les frontières et accueillir des enfants dont les parents sont victimes du franquisme.

Après la défaite de 1940 et les lois du régime de Vichy, qui excluent juifs et francs-maçons de l’administration publique, elle fait l’objet d’une dénonciation dans le journal d’extrême droite Je suis partout. Anti-fasciste, franc-maçonne et fille d’un père de confession juive, on la relève de ses fonctions le 1er octobre 1940. En contact avec la résistance, elle est arrêtée en janvier 1941 et incarcérée à Marseille en février. Elle parvient à s’évader et s’enfuit en Algérie. Puis elle se rend à Casablanca où les Britanniques l’autorisent à rejoindre Gibraltar puis Londres.

Dès son arrivée à Londres, elle rejoint les Forces françaises libres. Elle organise un corps d’assistantes et d’infirmières françaises et en prend le commandement avec le grade de capitaine. Puis elle rejoint la 1re division française libre à Beyrouth (Liban). Ensuite, elle gagne l’URSS à la fin de cette mission et retrouve les pilotes de l’escadrille Normandie. En avril 1944, elle retourne à Alger et suit le corps français dans la campagne d’Italie. Là, elle obtient du général de Lattre de Tassigny l’autorisation de créer une unité de « liaison-secours » pour donner les premiers soins aux populations libérées.

Après avoir pris part au débarquement de Provence et à la libération de l’Alsace avec son unité d’assistance, son régiment la cite pour sa participation à l’évacuation périlleuse de la ville de Thann. Elle franchit le Rhin et reste en Forêt-Noire jusqu’en novembre 1945.

Après la guerre, elle reprend ses fonctions au ministère de la Santé publique et de la Population. Puis elle passe, en candidat libre, un certificat des hautes études administratives à l’ENA. Ce diplôme lui permet de travailler jusqu’à sa retraite à la direction du ministère. Par ailleurs, elle quitte le Parti radical et adhère à la SFIO où elle s’engage dans les œuvres sociales.

Puis elle passe au sein du Parti Socialiste Unitaire et travaille avec divers mouvements de gauche, comme le MRAP, France-URSS ou la Fédération démocratique internationale des femmes. Face aux évolutions du mouvement socialiste, elle s’éloigne peu à peu du parti. Dès sa retraite, elle abandonne toute activité politique et s’investit pleinement dans la franc-maçonnerie.

Franc-maçonne

Elle est initiée le 28 juin 1927, à 32 ans, dans la loge « Union et Bienfaisance » puis en devient rapidement secrétaire. Elle prend également part au sein de cette obédience, à la création en 1930 de la loge « Le général Peigné ». De 1934 jusqu’au début de la Seconde Guerre mondiale, elle y est vénérable maitresse . Elle fréquente également les loges « La nouvelle Jérusalem » et « Minerve ».

En 1945, elle réintègre « La Nouvelle Jérusalem » au sein de la première obédience exclusivement féminine, l’Union maçonnique féminine de France. Tentée par la mixité, elle rejoint en 1948 la loge Marie Bonnevial à l’Ordre maçonnique mixte international « le Droit humain ». En son sein, elle devient vénérable de sa loge, et est successivement secrétaire générale, vice-présidente du conseil national et grand inspecteur de l’ordre jusqu’en 1969.

Puis elle fonde par scission avec d’autres francs-maçons, en 1973, la «Grande Loge Mixte Universelle» dont elle devient la première présidente. Cette obédience travaille sur des valeurs proches de celles du Grand Orient de France tout en étant mixte. Elle écrit pendant cette période plusieurs ouvrages sur la franc-maçonnerie et participe à des émissions de radio.

Elle meurt le 25 août 1982, à Paris, à l’âge de 86 ans et est incinérée.

Distinctions : chevalier (29 octobre 1936), officier (31 mai 1947) de la Légion d’honneur ; croix de guerre 1939-1945.

Sources : Archives de la Légion d’honneur ; Wikipedia. Date de création : 2026-03-15.

Photos

Monument

Inscriptions : .M.V.A. DUBOIS E. BRAULT

(Plaque) Eliane BRAULT, 1895-1982, fondatrice de la GLMU, avec Roland JALU.

Photos


Date de la dernière mise à jour : 15 mars 2026