ALEXANDRIAN Sarane (1927-2009)
Iraq

Sarane Alexandrian voit le jour le 15 juin 1927 à Bagdad (Iraq). Son père est le stomatologiste du roi Fayçal ibn Hussein. Durant son adolescence en France, il participe, à seize ans, à la Résistance dans le Limousin. À la même période, il est initié au dadaïsme et au non-conformisme par le Raoul Hausmann.

À vingt ans, à Paris, il devient « le bras droit d’André Breton », selon l’opinion publique, et « le théoricien no 2 du surréalisme ». André Breton lui confie d’ailleurs la direction du secrétariat de Cause, avec Georges Henein et Henri Pastoureau, pour répondre à l’afflux des jeunes candidats au groupe surréaliste venus du monde entier. Cofondateur, en 1948, de la revue Néon (5 numéros de janvier 1948 à avril 1949), et porte-parole du « Contre-groupe H » qui se regroupe autour du peintre Victor Brauner, son grand ami, qui le surnommera le Grand Cri-chant du rêve, Alexandrian devient le chef de file de la jeune garde surréaliste.

Celle-ci comprend Stanislas Rodanski, Claude Tarnaud, Alain Jouffroy, Jean-Dominique Rey ou la peintre Madeleine Novarina qui sera la Fée-précieuse, l’épouse d’Alexandrian de 1954 à 1991. Ce sont des novateurs qui s’opposent aux orthodoxes du mouvement, en situant le surréalisme au-delà des idées et en accordant la priorité au sensible. La « rupture » avec André Breton intervient en octobre 1948, mais elle ne remet jamais en cause son estime et son admiration pour le fondateur du surréalisme.

Extrait (de André Breton par lui-même, par Alexandrian, 1971). ) :

« Auprès de lui, on apprenait le savoir-vivre des poètes, dont l’article essentiel est un savoir-aimer… On l’admirait pour la dignité de son comportement d’écrivain, ne songeant ni aux prix, ni aux décorations, ni aux académies ».

Extrait (de Sarane Alexandrian ou le grand défi de l’imaginaire, par Christophe Dauphin, 2006) :

« Pour Alexandrian, être surréaliste revient à intégrer un collectif ayant pour but la quête de la « beauté convulsive », et dont les membres s’aiment fraternellement en se contestant parfois âprement au nom des plus hautes exigences de perfection. »

L’œuvre de Sarane Alexandrian couvre des domaines aussi vastes que la fiction, la critique d’art, la politique, l’histoire, la magie sexuelle et la pensée magique.

Au sein de son œuvre, Le Surréalisme et le rêve, Le Socialisme romantique, et L’Histoire de la philosophie occulte, forment une trilogie à la gloire des pouvoirs de l’imagination et de l’intuition. Le premier livre montre comment l’imaginaire absolu peut féconder la poésie écrite et vécue. Le second, comment il est capable d’édifier de grands systèmes sociaux. Le troisième établit une synthèse de la philosophie et de la religion pour trouver le sens de l’inconnu, l’invisible, l’infini. Les œuvres critiques d’Alexandrian sont des essais qu’il rend accessible à un large public, en évitant l’excès des termes spéciaux.

Ses romans d’aventures mentales, comme ses nouvelles, imbibées de poésie, sont de véritables mythes modernes écrits en autohypnose. Toutes ses œuvres de fiction sont fondées sur le principe de la métaphore en action. Les Terres fortunées du songe, avec dix-huit dessins de Jacques Hérold (1980), est un chef d’œuvre et l’une des plus hautes cimes de la prose surréaliste. Il s’agit d’un roman mythique absolument inclassable, ni science-fiction, ni allégorie, ni récit fantastique traditionnel, ni satire d’humour noir, mais tenant de tout cela ensemble.

La pensée d’Alexandrian se rattache à la gnose moderne, c’est-à-dire à cette activité de connaissance qui implique aussi bien la philosophie occulte et l’érotologie, que l’analyse des principaux systèmes d’évaluation du réel. Cette pensée n’a pas d’œillères. Elle se nourrit aussi bien d’André Breton que de Charles Fourier, d’Aleister Crowley ou de Cornelius Agrippa.

Chez Alexandrian, le mot gnose est à prendre dans son vrai sens, celui de « connaissance pure », et non dans son sens religieux. La gnose moderne d’Alexandrian préconise le salut par le rêve, la révolution, la connaissance et l’amour.

Romancier, essayiste, historien d’art, journaliste (dans L’Œil et L’Express) et fondateur, en 1995, de la revue d’avant-garde Supérieur Inconnu. Dans sa dernière publication, Les Peintres surréalistes (2009), il démontre qu’il est l’un des meilleurs connaisseurs de l’art surréaliste. Sarane Alexandrian préface également expositions (Max Ernst, Roger Langlais, Matta, etc.).

Sarane Alexandrian meurt le 11 septembre 2009 à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne).

Œuvres :

  • L’Homme des lointains, Flammarion (1960) ;
  • Danger de vie, Denoël (1964) ;
  • André Breton par lui-même, Seuil (1971) ;
  • Le Surréalisme et le rêve (1974) ;
  • L’Œuf du monde, Filipacchi (1975) ;
  • Le Socialisme romantique (1979) ;
  • Les Terres fortunées du songe, avec seize dessins de Jacques Hérold, Galilée (1980) ;
  • Le Déconcerto, Galilée (1980) ;
  • L’Histoire de la philosophie occulte (1983) ;
  • Le Grand Astrosophe, Joëlle Losfeld (1994) ;
  • Le Doctrinal des jouissances amoureuses, Filipacchi (1997) ;
  • La Magie sexuelle, La Musardine (2000) ;
  • La Sexualité de Narcisse, Le Jardin des Livres (2003) ;
  • Soixante sujets de romans au goût du jour et de la nuit, Fayard (2000) ;
  • Les Peintres surréalistes, Hanna Graham (2009) ;
  • L’Impossible est un jeu, Histoires extraordinaires, préface de Christophe Dauphin, postface de Paul Sanda, éditions Editinter/Rafael de Surtis (2012).

Sources : Wikipedia. Date de création : 2021-09-02.

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Date de la dernière mise à jour : 2 septembre 2021