Bernard Krief voit le jour à Alger (Algérie, alors française), le 26 octobre 1931.
Autodidacte, il est d’abord journaliste, avant d’entrer, en 1953, au service de la promotion des ventes d’Air France. Il devient ensuite directeur de la promotion d’une entreprise pharmaceutique.
En 1960, il décide de créer sa propre société de conseil, Bernard Krief Consultants devenue Krief Group. Il développe, en pionnier, le conseil en recrutement pour les entreprises. Son cabinet, Krief Group, devient l’un des plus réputés des “chasseurs de têtes”.
A partir de la fin des années 70, il se passionne pour la politique. Réservant ses conseils à la droite, notamment à l’UDF, il définit avec rigueur le marketing politique, qu’il oppose au marketing traditionnel destiné à vendre des “produits” et à la publicité.
Voici ce qu’il écrit dans une tribune publiée dans Le Monde du 29 mars 1977 :
“ Idéalement, le marketing politique a pour but de connaître les besoins et les désirs des citoyens, ce qui permet aux hommes politiques d’y ajuster leur action en organisant les programmes capables de les satisfaire. “
“ Traiter le citoyen en consommateur peut avoir des effets très négatifs. Il peut le ressentir comme un mépris pour son jugement. (…) La contrepartie en est qu’il méprisera, à son tour l’homme politique qui usera d’outils inadéquats “.
Quant au conseiller auprès des politiques, il
“ se doit rester à sa modeste place de technicien. Il montre les conséquences d’une décision politique, il ne la provoque pas. Il est un auxiliaire désormais nécessaire, sans plus “
La campagne pour les élections municipales de 1983 marque l’apogée de la réputation de son cabinet. Il s’occupe d’une quinzaine de campagnes municipales et réalise près de 15 % de son chiffre d’affaires avec les collectivités locales. Le directeur du département de communication politique de son cabinet est alors Jean-Pierre Raffarin, futur premier ministre.
Parallèlement à cette activité de conseil auprès des politiques, son cabinet emporte quelques gros budgets de publicité, parmi lesquels IBM, Michelin, Nestlé ou Sony.
Par ailleurs, il donne des cours, pendant dix-huit ans, à l’école des Hautes Etudes Commerciales (HEC), et est membre du comité directeur de l’association Entreprise et Progrès et du conseil scientifique de l’Institut d’étude des politiques de santé. Il ouvre, même, une galerie d‘art. Mais, dans les années 90, son cabinet prend de plein fouet la crise qui secoue le monde de la publicité et de l’entreprise. Ces difficultés sont renforcées par des relations houleuses avec ses associés. Il ne parvient pas à donner un nouveau souffle à son activité et, en juin 1994, on place sa société en redressement judiciaire.
Il décède le 27 juin 1996, dans l’incendie de son appartement, à Paris (7ème), à l’âge de 74 ans.
Publications :
- « Le Marketing en action » (1970) ;
- « La Liberté d’entreprendre » (1976) ;
- « Gérer la France comme une entreprise » (1986) ;
- « De Gaulle, naissance de la légende » (1995).
Sources : https://www.lafrenchcom.fr/bernard-krief-pionnier-communication-politique/. Date de création : 2026-09-29.
