Richard Descoings voit le jour le 23 juin 1958, à Paris (14ème). Son père, Jean-Claude Descoings, est un médecin spécialiste de la tuberculose, et sa mère, Arlette Meylan, est médecin et cadre dans l’industrie pharmaceutique.
Après un baccalauréat littéraire en 1976, il entre à l’Institut d’Etudes Politiques (IEP) de Paris, en 1977. Il en sort en 1980, diplômé de la section Service public. Puis il entre à l’École Nationale d’Administration (ENA), à sa troisième tentative, en 1983.
Il est alors mitterrandiste. En 1985, il sort classé 10ème de la promotion Léonard-de-Vinci et choisit d’entrer au Conseil d’État. Il découvre son homosexualité et le monde gay de la nuit pendant ses études. Il fait partie des premiers membres de l’association AIDES, jusqu’en 1986.
Il entretient une relation amoureuse avec Guillaume Pepy, rencontré au Conseil d’État en 1986. Ce dernier est son témoin, le 28 mai 2004 à la mairie du 6ème arrondissement de Paris, lorsqu’il se marie avec Nadia Marik. Au Conseil d’État, il est affecté à la section du contentieux, de 1985 à 1989. En 1988, il passe maître des requêtes, aux sections du contentieux et des travaux publics.
De 1988 à 1989, il est conseiller juridique du ministère de la Culture, de la communication, des grands travaux et du bicentenaire. Puis, de 1988 à 1991, c’est le rapporteur général de la Commission d’accès aux documents administratifs.
En 1991, il devient conseiller technique pour les questions d’éducation au cabinet de Michel Charasse, ministre délégué au Budget. En 1992, il passe chargé de mission dans le cabinet de Jack Lang au ministère de l’Éducation nationale et de la Culture.
De 1993 à 1996, il est rapporteur général adjoint à la section du rapport et des études du Conseil d’État. Ensuite, il devient, en 1995, commissaire du gouvernement près le Conseil d’État. En 2000, il est nommé conseiller d’état.
Le 12 janvier 2009, Nicolas Sarkozy le charge de mener une concertation en vue de préparer une nouvelle réforme du lycée. Il remet son rapport le 2 juin 2009. Les priorités qui s’en dégagent sont une amélioration de l’orientation, un développement de la voie technologique, un meilleur équilibre des trois filières généralistes du baccalauréat et d’axer l’apprentissage des langues vivantes sur l’oral.
Il devient membre du club Le Siècle grâce à Alain Lancelot, directeur de Sciences Po. Il enseigne à IPESUP en 1985 puis Sciences Po Paris le recrute, en 1987, comme maître de conférences, pour le droit public. Ensuite, il devient conseiller d’Alain Lancelot, puis en 1989 directeur adjoint jusqu’à 1991 et membre du conseil de direction en 1995.
En 1993, il lance, sous la direction du professeur Jean-Jacques Rosa, le premier Master of Business Administration de Sciences Po, formation bilingue diplômante et accréditée à l’étranger, dédiée au management et au monde des affaires.
Puis Alain Lancelot le choisit comme successeur en 1996, avec l’approbation du Premier ministre Alain Juppé et de René Rémond. Il devient donc directeur de de Sciences Po et administrateur de la Fondation nationale des sciences politiques, à 38 ans. Il pose pour objectif dès son entrée en fonction de faire de Sciences Po « le Harvard à la française ». Il recrute une équipe et nomme Olivier Duhamel conseiller spécial.
Il réforme Sciences Po : il internationalise l’école en créant une année d’étude à l’étranger et il allonge la scolarité à cinq ans. Les premiers accords sont signés avec les grandes universités japonaises (Tokyo, Waseda) et américaines (Harvard, Columbia).
Puis il agrandit Sciences Po en reprenant les bâtiments de l’ENA, partie à Strasbourg. Ensuite, il restructure les parcours de master. Il créée l’école de journalisme de Sciences Po, puis l’école de communication, l’école de droit, et la Paris School of International Affairs.
Mais cette politique d’expansion exige une hausse des frais de scolarité qui passent à 13 820 € par an en 2011. En 2010, il décide de fermer la chaire Moyen-Orient Méditerranée qui fonctionnait depuis un quart de siècle. Il est invité aux États-Unis pour un colloque de présidents de grandes universités mondiales organisé à l’université Columbia par le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies en avril 2012.
Il meurt d’une crise cardiaque dans une chambre d’hôtel à Manhattan, le 3 avril 2012, à l’âge de 53 ans. La nuit de sa mort, il avait fait appel aux services de deux escort-boys, rapidement mis hors de cause. Aucune trace de drogue n’est trouvée dans le corps et sa mort semble due à une maladie cardiaque associée à de l’hypertension.
Sa mort provoque une forte émotion au sein de l’école. Le président des États-Unis, Barack Obama, adresse ses condoléances depuis la Maison-Blanche, ainsi que le président de la République Nicolas Sarkozy. François Hollande, François Bayrou, Alain Juppé, Bertrand Delanoë… lui rendent également hommage. Ses obsèques sont célébrées le 11 avril 2012 en présence de plusieurs ministres et trois mille personnes en l’église Saint-Sulpice de Paris.
Paru en 2015, le livre Richie, de la journaliste du Monde Raphaëlle Bacqué, brosse un portrait privé de Richard Descoings avec d’une part ses réformes de Sciences Po et d’autre part sa vie privée, son autoritarisme et son rapport à l’argent.
Sources : Wikipedia. Date de création : 2025-12-26.
