SAINSERE Olivier (1852-1923)
France

Olivier (Marie) Sainsère voit le jour le 9 septembre 1852, à Bar-le-Duc (Meuse). C’est le fils de Louis Sainsère (1811-1860), important homme politique de Lorraine, ancien maire de Bar-le-Duc et de Thérèse Eugénie Andrée.

La famille Sainsère appartenant à l’ancienne noblesse danoise, quitta le Danemark vers 1500, exilée à la suite de troubles religieux. Elle s’établit en Normandie aux environs de Caen puis, vers 1700, la branche aînée vint se fixer à Vaucouleurs où ils devinrent marchands de chevaux et amassèrent des biens considérables.

Olivier Marie fait ses études à Bar-le-Duc. Il épouse, le 1er juin 1881, Anne Marie Henry, issue d’une famille d’industriels (teinturerie) de Lorraine. Il est préfet à 39 ans, conseiller d’État à 43, jurisconsulte, puis secrétaire général de la présidence de la République.

Homme du monde, il a pour ami entre autres Raymond Poincaré, Pablo Picasso et Édouard Pailleron. Il est un des mécènes de Pablo Picasso qu’il découvre à travers la galerie B. Weill. Sainsère fréquente son atelier à l’époque de Fernande Olivier, et y fait de nombreuses acquisitions.

Picasso doit à Olivier Sainsère la régularisation de ses papiers de séjour en France et sa protection au moment de l’affaire du vol de La Joconde, mais aussi sa rencontre avec le docteur Julien, responsable de la prison Saint-Lazare.

Sainsère incite d’ailleurs Picasso à porter un regard sur la condition des femmes emprisonnées qui deviennent une source d’inspiration de la période bleue de l’artiste. Amateur de beaux livres, son rôle est moins connu dans ce domaine, bien qu’il ait été l’un des membres fondateurs des Cent Bibliophiles et qu’il se soit occupé avec P. Dauze de la publication du Livre de la jungle illustré par Jouve.

Olivier Marie Sainsere décède le 7 septembre 1923, à Paris. C’est un grand collectionneur, d’une culture très étendue. Sa collection enrichira les musées du Louvre, Carnavalet et d’Orsay.

Extrait (du Bulletin de la Vie artistique no 18 du 15 septembre 1925) :

« Il était membre de la plupart des grands conseils, si l’on ose dire des parlements de l’Art : il appartenait au conseil des musées nationaux, à la commission des monuments historiques, il apportait à ces assemblées sa sagesse avertie et sa forte conviction. Il n’aimait pas l’art uniquement d’une passion théorique. Il s’était entouré de chefs-d’œuvre choisis avec un goût infaillible.

Chez lui, les Monet voisinent avec les Seurat, les Henri-Edmond Cross avec les Pierre Bonnard, les Gauguin avec les Pissarro, les Signac avec les Maurice Denis, les K.-X. Roussel avec les Derain, les Degas avec les Vuillard, les Toulouse-Lautrec avec les Marquet, les Henri Matisse avec les Picasso, les Renoir avec les Redon, les Guillaumin avec les Rappa, les Maximilien Luce avec les Angrand.

Grand défenseur des arts techniques, il a réuni d’admirables objets d’art : non point de ces joyaux réservés aux nababs, mais des chefs-d’œuvre de goût et d’invention. Il a de très beaux Decœurs, de somptueux Métheys, il a été des premiers amateurs de Maurice Marinot. L’exposition de 1925 eût trouvé en Olivier Sainsère un conseiller éprouvé. La mort de ce galant homme n’afflige pas seulement ses amis ; elle est une perte publique.»

Distinctions : chevalier (12 janvier 1892), officier (26 juillet 1893), commandeur (31 août 1897), grand-officier de la Légion d’honneur (30 décembre 1918) ; officier d’Académie (31 décembre 1889) ; officier de l’Instruction publique (12 janvier 1895) ; chevalier du Mérite agricole (15 novembre 1893) ; officier (20 août 1888), grand-officier du Dragon d’Annam (14 juillet 1894) ; officier (7 juillet 1889), commandeur du Cambodge (14 juillet 1893) ; grand-croix de l’Étoile noire du Bénin (7 mars 1905) ; commandeur (5 octobre 1889), grand-officier du Nichan-Iftikhar (31 août 1907) ; grand-officier du Nichan-el-Anouard (14 août 1894) ; grand-croix de François-Joseph d’Autriche (18 août 1898) ; grand-officier de Léopold (juillet 1919) ; grand-croix de Victoria (novembre 1918) ; chevalier de 2e classe (1889), chevalier de 1re classe (1894) de l’Ordre de Saint-Stanislas de Russie ; décoration de 1re classe du Trésor sacré du Japon (9 novembre 1918) ; décoration de 2e classe de l’ordre de l’Osmanié (11 décembre 1894) ; décoration de 1re classe de l’Ordre du Médjidié (10 décembre 1895).

Sources : Wikipedia. Date de création : 2019-12-26.

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Monument

Inscriptions :

Olivier SAINSÈRE 1852-1923. Mme Olivier SAINSÈRE née Anne Marie HENRY 1861-1945. Mme Jacques RICHET née Jeanne SAINSÈRE 21-7-1883 25-9-1972. Mme Roger SOUCHÈRE née Jacqueline RICHET 9-1-1908 5-12-1984.

Jacques RICHET 26-6-1881 1-9-1954. Mme MOREL née Aurélie HARDION 20-10-1885 18-9-1964. Jacques SAINSÈRE 22 juillet 1882 – 8 mars 1960. Roger SOUCHÈRE 21-2-1899 2-7-1963.

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Date de la dernière mise à jour : 16 janvier 2022