Jules Émile Rigolage voit le jour le 12 mars 1840, à Saint Gobain (Aisne). C’est le fils de Antoine Rigolage (1798-x), employé à la manufacture des glaces de Saint-Gobain et de Céleste Nina Adenis-Colombeau, son épouse (1805-x).
Après l’école des arts et métiers de Châlons-sur-Marne, il entre à l’école centrale des arts et manufactures, dont il sort ingénieur en 1864. Pendant quelques mois, il travaille pour des compagnies de chemins de fer, d’abord dans les Charentes, puis dans le Nord.
En 1865, il entre dans l’enseignement, au collège de Castres (Tarn) où il est régent de mécanique et de travaux graphiques, dans la section « enseignement spécial », qui prépare aux métiers de l’industrie et du commerce.
L’année suivante, il obtient l’agrégation pour l’enseignement spécial, concours qui vient d’être créé. Il rejoint alors la toute nouvelle école normale d’enseignement secondaire spécial, ouverte en 1866, à Cluny (Saône-et-Loire), pour former les enseignants de cette filière.
Il se marie en 1870 avec Marthe Autellet, la fille d’un médecin de Civray (Vienne).
À l’automne 1870, il abandonne la fonction d‘enseignant pour celle de principal. Il prend alors la direction du nouveau collège de Cognac (Charente). Puis on le mute à Morlaix (Finistère), en 1877, peut-être en raison des « opinions politiques avancées et [des] tendances antireligieuses » que lui attribue le préfet. Ensuite, il est principal au collège de Saumur (Maine-et-Loire), de 1881 à 1896.
En mars 1884, il crée une école privée à finalité professionnelle, « L’École industrielle de Saumur ». C’est aujourd’hui une section du lycée polyvalent Sadi Carnot – Jean Bertin d’environ 25 élèves diplômés par an, « Les Indus ». Il fonde également la Société amicale des anciens élèves de l’EIS, qui existe toujours elle aussi.
Dans les années 1880, il adresse au ministère lettres et mémoires exposant ses conceptions de l’enseignement et les réformes à apporter. Par ailleurs, le maire de Saumur, James Combier, le fait entrer dans la loge maçonnique locale, « La Persévérance ». Il se présente comme un disciple d’Auguste Comte et de Littré. Il publie en 1881 un ouvrage proposant un résumé de la philosophie de Comte, et correspond avec le second.
Mais ses relations avec le nouveau maire, le Dr Peton, se dégradent à partir de 1894. Puis, ce dernier étant réélu, sa position devient intenable. Le ministère souhaite alors le muter à Falaise (Calvados), ce qu’il refuse. On le place alors en congé pendant quelques mois, puis à la retraite, en janvier 1897. Il quitte Saumur pour Montreuil-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Pendant sa retraite, il continue à s’intéresser aux questions pédagogiques.
Autour de 1890, il publie plusieurs brochures, parfois sous le pseudonyme de Jules Rig, ainsi qu’un éphémère journal (La Rénovation pédagogique et sociale, 1892) où il indique à nouveau ses conceptions pédagogiques.
Puis il intervient au Collège libre des sciences sociales, en 1898 et 1899, sur la pédagogie scientifique. En 1899 et 1900, il fait des conférences sur « les écoles pratiques » à l’Institut scientifique de la Libre pensée, ainsi que dans des universités populaires. Par ailleurs, il collabore à La Revue occidentale.
Il décède en janvier 1927, à Montreuil-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) et est inhumé le 9 janvier.
Distinctions : officier d’académie (1868).
Hommages : Une rue porte son nom à Saumur (Maine-et-Loire).
Sources : https://cths.fr – Rigolage. Date de création : 2026-02-05.
