PREVOST Pierre (1764-1823)
France

gravure dans le Journal Officiel Illustré de l'Exposition Nationale Suisse à Genève, 1896
Le premier grand peintre de panoramas

Pierre Prévost voit le jour le 7 décembre 1764, à Montigny-le-Gannelon (Eure-et-Loir). Issu d’une famille de vignerons d’une certaine d’aisance, mais pas suffisamment riches pour lui donner l’éducation qu’aurait exigée le goût qu’il manifeste pour les arts, l’inclination artistique de Prévost est tellement prononcée que son père se détermine à se sacrifier pour l’envoyer à Paris. A son arrivée dans la capitale, il a la chance de trouver en Pierre Henri de Valenciennes un maître qui se plait à cultiver ses dispositions.

Cet habile professeur ne cesse de lui recommander l’étude de la nature, et celle de Poussin et de Lorrain et l’élève se perfectionne chaque jour dans son art, mais, dénué de fortune, et désirant venir au secours de sa famille, il s’impose, pendant plusieurs années, toutes sortes de privations. Sa persévérance est enfin récompensée et les ouvrages qu’il expose au salon du Louvre commencent à le faire connaître avantageusement.

Paraissant annoncer la même sagesse dans la composition, le même grandiose dans les lignes, la même noblesse dans le style que Poussin, il semble destiné, sous le rapport de l’exécution, à maintenir en France le genre du paysage à la hauteur où l’a élevé ce dernier. Néanmoins, malgré un talent incontestable, il n’aurait peut-être obtenu que le second rang parmi les peintres de paysage si l’invention du procédé des panoramas, dont il est le détenteur du brevet en France, n’était venue lui faire embrasser ce genre nouveau de peinture dans lequel il est demeuré sans rival et qu’il rend célèbre en France.

Le premier tableau qui le fait connaître est celui de Paris, avant de perfectionner graduellement, dans l’exécution de dix-sept autres, son talent pour arriver à cette maturité au-delà de laquelle il est difficile d’imaginer quelque chose de supérieur. Parmi ces panoramas successifs, les plus remarquables sont ceux de Rome, de Naples, d’Amsterdam, de Boulogne, de Tilsitt, de Wagram, d’Anvers, de Londres, de Jérusalem et d’Athènes. Toujours fidèle imitateur de la nature, il va copier sur les lieux mêmes les sujets qu’il rend ensuite avec perfection. Doué à un haut degré de mémoire, il se contente de prendre sur les lieux de simples croquis d’une grande exactitude linéaire.

Tous les détails existent seulement dans sa mémoire et, souvent même, il les exécute longtemps après les avoir dessinés. Peu de peintres ont su, avec autant de talent que lui, rendre les différents aspects de la campagne, et reproduire sur la toile, avec une vérité aussi frappante, la nature dans tous ses détails et sous toutes ses formes. Jamais l’illusion n’a été poussée plus loin. Sa manière varie suivant les objets ou les sites qu’il représente. Ainsi, le ciel de Tilsitt n’est pas celui de Jérusalem ou d’Athènes; l’aspect nébuleux de Londres forme un contraste avec celui de Naples.

Il n’est pas jusqu’à la plaine de Wagram, où la fumée de l’artillerie et celle de l’incendie de plusieurs villages qui brûlent, se distinguent parfaitement des nuages qui parcourent le ciel, et des vapeurs qui indiquent le cours lointain du Danube. Jamais l’exactitude n’est sacrifiée à l’effet et c’est par la seule vérité qu’il cherche à susciter l’intérêt. Un des talents de Prévost est de choisir, pour l’aider dans ses travaux qu’il ne peut, en raison de leur étendue, exécuter seul, des artistes au mérite en harmonie avec le sien, tels que Bouton et Daguerre.

Il se fait aider aussi par son frère, Jean Prévost (vers 1768-1853). Ce dernier écrit des notices explicatives sur les panoramas réalisés par son frère. En 1817, dans l’intention de reproduire la vue des lieux les plus célèbres de la Grèce et de l’Asie, il s’embarque, avec Forbin et son neveu, le jeune Léon Matthieu Cochereau, tout à la fois son élève et son ami, et dont les premiers essais promettaient un peintre d’un grand talent, qu’il a le malheur de perdre dans la traversée. Il résulte de ce voyage les deux panoramas de Jérusalem et d’Athènes.

Prévost s’occupe de la peinture de celui de Constantinople, lorsqu’une fluxion de poitrine, qu’il a contractée en peignant le panorama d’Athènes, l’enlève, à l’âge de cinquante-neuf ans, le 9 janvier 1823, à Paris. Une huile sur toile peinte par son neveu Cochereau, Prévost expliquant ses panoramas, est conservée à Chartres, au Musée des Beaux-Arts. Il repose avec son frère, Louis Constant Prévost (1787 1856), professeur de géologie.

Sources : Wikipedia. Date de création : 2010-11-22.

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Date de la dernière mise à jour : 16 février 2021