PLANCHON Roger (1931-2009)
France

Dramaturge, metteur en scène, comédien et cinéaste

Roger Planchon voit le jour le 12 septembre 1931 à Saint-Chamond (Loire). Roger Planchon passe son enfance en Ardèche notamment à Dornas. Cette origine rurale inspirera nombre de ses pièces, comme «La Remise». Le sujet de la vie rurale revient fréquemment dans ses écrits. Il débute sur scène en 1949 après avoir gagné un concours de théâtre amateur.

En 1952, il crée le «Théâtre de La Comédie», à Lyon. Directeur du Théâtre de la Cité de Villeurbanne depuis 1957 (théâtre qui devient en 1972 le «Théâtre national populaire»), c’est une figure importante de la décentralisation théâtrale. Roger Planchon met en scène Brecht, Molière, Shakespeare, des créations d’auteurs contemporains, d’Arthur Adamov à Michel Vinaver, mais ouvre aussi le TNP à Patrice Chéreau, puis à Georges Lavaudant.

Il inspire pendant 50 ans de grands metteurs en scène comme Rey ou Patrice Chéreau. Les mises en scènes de Roger Planchon sont avant tout une histoire de lieu. Son théâtre est critique et populaire. Depuis 1950, Roger Planchon met en scène et joue dans ses pièces. Il passe des jeux burlesques de Bottines et collets montés, aux aventures de d’Artagnan et à l’enfance du roi Henri.

Planchon mène, dans toute son œuvre, une réflexion importante sur l’Histoire et la manière dont elle nus atteint. Il veut construire son propre théâtre. Ses conditions de vie sont dures. Il construit néanmoins le Théâtre de la comédie grâce aux subventions de l’État (ministère des Beaux-Arts) et de la ville, puis une salle d’expérimentation (référence au «Théâtre de la Colline», sur la rive gauche), fait effort d’inventivité permanente.

Il réalise 18 mises en scènes pour 3 200 représentations au total. Planchon joue de la parodie, pantomime entre 1950 et 1957. Il monte 23 spectacles d’après des pièces de Shakespeare et Calderon. En 1957, il se voit confier le Théâtre de la Cité ouvrière de Villeurbanne. Il obtient pour ses acteurs le statut de troupe permanente en 1959 et raccourcit le nom du lieu en «Théâtre de la Cité» en 1960.

Il devient dramaturge et élabore une réflexion critique sur les œuvres, qui inaugure un débat sur le rôle que le théâtre joue et doit selon lui jouer dans la société, ainsi que sur le lien entre destin individuel et collectif. Planchon se tourne alors vers un théâtre populaire, le théâtre étant pour lui le meilleur moyen de réaliser des actions populaires en faisant découvrir au grand public les classiques.

Il rencontre Bertolt Brecht en 1954 et, dès 1956, met en scène presque intégralement «Grand-peur et misère du Troisième Reich», puis développe sa vision propre du réalisme. Suite à un déficit du Théâtre de la comédie, Planchon fait appel au tutorat pour le faire survivre. La mairie de Lyon lui donne une subvention de 10 millions de francs pour relancer la troupe du théâtre de la Comédie.

Il vient alors à Paris et monte «Paolo, Paoli» d’Arthur Adamov. Cette pièce commence comme une comédie frivole pour se terminer quatre heures plus tard en tragédie. Planchon monte «Tartuffe» de Molière et «La Remise», en 1962. En 1970, il écrit «L’Infâme» qu’il met en scène, au Théâtre Montparnasse. En 1972, le ministre Duhamel offre au Théâtre de la Cité le label de Théâtre National Populaire.

Planchon en prend la direction qu’il partage avec Robert Gilbert et Patrice Chéreau. Ensuite, il tient une douzaine de rôles en vingt-cinq ans, notamment dans ses propres mises en scène de «Tartuffe, George Dandin, Le Triomphe de l’amour, L’Avare». Il a consacré sa vie à la décentralisation théâtrale et cinématographique.

Au cinéma, il réalise «George Dandin» d’après Molière, «Louis, enfant roi» (sur Louis XIV) et un «Lautrec». En 1990, il fonde Rhône-Alpes Cinéma et ouvre en 2002 un studio de cinéma de 902 m² transformable en un Théâtre Studio de 700 places. Roger Planchon s’éteint le 12 mai 2009 d’une crise cardiaque à l’âge de 77 ans.

Il est inhumé lors d’une cérémonie sans fleur ni couronne, comme il le désirait et qu’accompagnaient ces mots signés de lui :

« Dîtes à ceux qui traînent par-là que je suis parti discrètement, comme je le fais les soirs de «dernière » vers l’Impensable qui est Poème ».

Sources : -. Date de création : 2009-05-21

Photos

Monument

Photos


Date de la dernière mise à jour : 9 avril 2021