PANON DESBASSAYNS de RICHEMONT Philippe (1774-1840)
France

portrait par Paulin Guérin gravé par Delpech - Musée historique de Villèle Saint-Paul, Réunion
Administrateur et colon

Philippe Panon Desbassayns de Richemont voit le jour le 3 février 1774 à Saint-Paul de La Réunion (Réunion), dans une riche famille de colons esclavagistes. Il fait ses études à l’École royale militaire de Sorèze (Tarn), puis à l’Ecole Militaire de Metz (Moselle), où il se prépare à entrer dans l’Artillerie des Colonies.

Panon Desbassayns est aspirant dans le Corps royal d’artillerie de mars 1788 à septembre 1789, puis avocat à la Cour (Serment du 28 juillet 1790). Il est chargé, sous le Consulat et l’Empire, de négociations avec l’Angleterre menées à bonne fin. Il fait relâcher, en 1812, les soldats français retenus sur les pontons et obtient à la paix la restitution de plusieurs colonies.

Ensuite, il devient inspecteur général des établissements français de l’Inde en 1814. En 1815, il négocie de nouveau à Londres la rétrocession de l’Ile Bourbon à la France ainsi que le maintien de ses droits tant à Madagascar qu’au Bengale. Desbassayns de Richemont rejoint en juin 1817 l’ile Bourbon (la Réunion, aujourd’hui) et il la quittera en 1818.

Il est impliqué dans « l’affaire Furcy » qui commence en septembre 1817. Celle ci oppose dans un procès un esclave, Furcy, à son maître, Joseph Lory, un des principaux introducteurs du sucre sur l’île Bourbon. La France a officiellement reconnu, en 1815, l’interdiction britannique du commerce des esclaves. Mais, durant plus d’une décennie, les autorités métropolitaines et coloniales font comme si elles ne voyaient pas le trafic des contrebandiers qui agissent dans l’océan Indien.

Desbassayns de Richemont, se prévalant de l’ancien Code noir, provoque le départ du procureur général Louis Gilbert Boucher, en raison de ses sympathies républicaines et antiesclavagistes.

Puis il est successivement Commissaire Général Ordonnateur de la Marine, conseiller d’état, député en 1824 puis membre du Conseil de l’Amirauté.  Puis Panon Desbassayns devient fait directeur des colonies au ministère de la marine. Il initie l’ordonnance royale du 21 août 1825 qui a pour objectif le rejet de tout principe d’élection démocratique au profit des nominations.

Il quitte la fonction publique après la révolution de 1830, se partageant alors entre son château de Cangé (à Saint-Avertin, Indre-et-Loire) et son domicile parisien.

De son mariage avec Jeanne Eglé Fulcrande Catherine Mourgue (Montpellier (Hérault), le 5 mai 1778, Montpellier – 20 mars 1855, Paris), fille de Jacques Antoine Mourgue, ancien ministre de l’Intérieur, il a huit enfants : Eugène, gouverneur et créateur du lycée français de Pondichéry, Camille, Philippe, Céline, Lydie, Alfred, Paul, député et sénateur, et Édouard. Philippe Desbassayns de Richemont est aussi le beau-frère de Joseph de Villèle (1773-1854), président du Conseil des ministres de 1821 à 1828.

Son épouse est connue comme la fameuse « Rosière Desbassayns de Richemont » de Suresnes (Hauts de Seine). En effet, elle fait établir cette distinction après le décès accidentel de sa fille, Camille, lors d’un trajet du château des Landes à la Malmaison pour rendre visite à la future impératrice Joséphine. Depuis chaque année, on procède au couronnement de la Rosière à Suresnes.

Panon décède le 7 novembre 1840, en son hôtel, 10 rue de Pigalle, à Paris. Possesseur d’une grande fortune, il lègue 140 000 francs aux pauvres.

Iconographie : On a deux portraits de Philippe : le premier par Louis Léopold Boilly et le second par Paulin Guérin vers 1823/24. Il existe un portrait de son épouse, présenté au salon de 1802. Celui-ci reste ensuite dans la famille Mourgue jusqu’en 1905 puis le marchand américain Berwind l’achete en 1918 par . Sa sœur, Julia, en fait don au Metropolitan Museum de New-York en 1953.

Pendant très longtemps, le Metropolitan Museum a présenté ce tableau comme étant attribué de David. Ce n’est que récemment qu’il a été attribué à Madame Benoist, une élève de David (qui retoucha d’ailleurs le tableau). Une copie de ce tableau est suspendue dans le salon de la suite impériale de l’Hôtel Ritz, à Paris.

Titres : baron (17 mars 1815), puis vicomte (7 novembre 1824), et comte (6 octobre 1827). Distinctions : commandeur de la Légion d’honneur (29 octobre 1826), brevet du Lys (18 novembre 1814), chevalier de Saint Louis (9 septembre 1824).

Pour tout savoir sur le tableau du Met (en anglais) 

Merci à Jérémy Boutier pour ses corrections.

Sources : Wikipedia ; Base Léonore (Légion d’honneur), Corentin de Shilph, Guy de Richemont (descendant de P. Panon Desbassayns de Richemont). Date de création : 2017-03-20.

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Date de la dernière mise à jour : 2 septembre 2021