PANCKOUCKE Charles Joseph André (1736-1798)
France

gravure par Langlume, 1830

Charles Joseph André Panckoucke voit le jour le 26 novembre 1736 à Paris. C’est le fils d’André Joseph Panckoucke (1700-1753), lui-même écrivain, libraire et éditeur à Lille. Charles-Joseph Panckoucke prend la direction de la librairie lilloise en 1757, puis s’installe aussi à Paris en 1762. Il est l’initiateur d’une société savante de Lille, l’Académie Brunin, en parallèle de ses activités de libraire-éditeur.

Il joue un rôle important dans la diffusion des connaissances au XVIIIe siècle. Intime des grands philosophes et intellectuels de son siècle, il devient libraire-éditeur officiel de l’Imprimerie royale et de l’Académie royale des sciences et une figure incontournable du monde de l’édition, en quelque sorte l’un des premiers magnats de la presse.

Son acharnement dans le développement de ses affaires jusqu’à son dernier souffle depuis sa résidence du 321 rue de Grenelle en fait l’ancêtre des industriels du Second Empire qui, à la différence de ceux de la Monarchie de Juillet, ne se retireront pas des affaires une fois fortune faite pour jouir de leurs rentes, mais mourront à la tâche.

Les Hachette, Calmann Lévy ou Dalloz suivront l’exemple de celui qui leur servit de modèle.

Il est l’époux de Thérèse Couret de Villeneuve, fille de Martin Couret de Villeneuve, imprimeur du Roy à Orléans, et de Marthe Marteau de Neuville. De ce mariage, naissent : Antoinette Pauline (qui épousera Henri Agasse de Cresne, chevalier et servant du Roy) et Thérèse Caroline (qui épousera Antoine François Peyre, architecte du Roy et contrôleur des bâtiments royaux et dont la fille Caroline Peyre épousera Désiré Dalloz) . Sa sœur, Amélie Panckoucke, est une femme de lettres et salonnière célèbre et son beau-frère est l’académicien Jean-Baptiste Suard.

Panckoucke suggère à Denis Diderot de donner une suite à l’Encyclopédie dès 1769 mais ce projet avorte. Tout en développant ses affaires parisiennes, il maintient la librairie implantée à Lille à l’origine du succès de la maison d’édition Panckoucke. Il associe son cousin Placide Joseph Panckoucke (1745-1800) au capital, père de Henry Panckoucke qui fera carrière dans l’Administration impériale.

Placide-Joseph décède en 1800 et sa veuve, Angélique Charlotte Petit, reprend la librairie lilloise aux côtés de son cousin Charles Joseph. Henry Panckoucke décédant à Naples en 1812, la librairie lilloise est intégrée à la maison d’édition parisienne et suivie plus particulièrement par Henri Agasse de Cresne.

Panckoucke est aussi l’éditeur de deux revues célèbres, le Mercure de France et le Moniteur Universel, fondé en novembre 1789, ainsi que du journal la Clef du Cabinet des Souverains, fondé sous la Révolution puis censuré et supprimé sous le Consulat. A son décès, ses actifs sont estimés à 2 422 000 livres.

Il décède avant la création du cimetière, le 19 décembre 1798 à Paris. On présume qu’il y est transféré lors du décès de son épouse, Thérèse Couret de Villeneuve (1747-1823), leurs deux noms figurant sur la stèle funéraire. A proximité se trouvent aussi les tombes de sa fille Thérèse Caroline (1775-1838) et du mari de celle-ci, l’architecte Antoine Marie Peyre (1770-1843).

Editions :

  • Supplément à l’Encyclopédie (4 vol. 1776-1777) ;
  • Table analytique de l’Encyclopédie (préparé par Pierre Mouchon et publié en 1780) ;
  • Le Grand Vocabulaire contenant l’explication de chaque mot de Joseph Nicolas Guyot, Chamfort et Ferdinand Camille Duchemin de la Chesnaye (30 vol. 1767-1774) – qui marque son temps et reste un ouvrage de référence – ;
  • Encyclopédie méthodique (une nouvelle encyclopédie organisée par sujet plutôt que par ordre alphabétique, 210 vol. jusqu’en 1832, la publication après la mort de Panckoucke étant assurée par sa fille Thérèse Charlotte Agasse, veuve de son associé Henri Agasse de Cresne) ;
  • Tableau encyclopédique et méthodique des trois règnes de la nature, consacré à l’histoire naturelle.

Un grand merci à M. Philippe de la Cotardière pour son aide dans la rédaction de cette notice.

Sources : Dalmasso (Gilbert) Présence de la « chymie » dans la France du Nord, de la deuxième moitié du XVIIIe siècle au premier tiers du XIXe. Sa diffusion et son enseignement public et privé, son application aux Arts, Université Lille III ; Wikipedia. Date de création : 2014-12-09.

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Date de la dernière mise à jour : 28 février 2021