MOUNIER Jean Joseph (1758-1806)
France

portrait par Jean-François Favre, 1789 - Victoria and Albert Museum, Londres
Président de l'Assemblée Nationale et auteur du préambule des droits de l'homme

Né à Grenoble le ils d’un marchand d’étoffes et il reçoit une solide éducation. Il devient avocat au parlement de Grenoble en 1779. Mais il ne plaide pas, car sa voix est trop faible.

Assemblée de Vizille

Après la Journée des Tuiles du 7 juin 1788, il est, avec Antoine Barnave, l’un des principaux élus de l’assemblée qui se réunit à Vizille le 21 juillet 1788. Au cours de celle-ci, une centaine de notables des trois ordres du Dauphiné font front commun pour obtenir le rétablissement des États provinciaux du Dauphiné et la convocation des États généraux.

Le 1er septembre 1788, les États du Dauphiné s’ouvrent et déclarent, « comme règle générale, que les ordres et les provinces devaient délibérer ensemble, les suffrages être comptés par tête, et le tiers état avoir le double des représentants des deux autres ordres ». Le 2 janvier 1789, ils procèdent à l’élection des députés de la province, et Mounier est élu le premier député du Tiers état aux États généraux.

Il publie, en février 1789, ses Nouvelles observations sur les États généraux de France, où il demande l’abolition des privilèges provinciaux et l’adoption d’une constitution inspirée des institutions anglaises.

Assemblée Nationale

En mars, il arrive à Paris, avec l’archevêque de Vienne qui a présidé les États du Dauphiné. Le 7 mai 1789, il se rend à la tête d’une députation du Tiers à la chambre du clergé pour proposer de se réunir dans la même salle. À Versailles, devant la résistance royale et la réticence des ordres privilégiés, il propose, le 20 juin, aux députés présents dans la salle du jeu de paume de prêter un serment, rédigé par Jean-Baptiste Pierre Bevière et lu par Jean Sylvain Bailly, le fameux serment du jeu de paume.

Le 6 juillet, il entre dans le comité de Constitution. Par la suite, il appuie la proposition de Mirabeau demandant l’éloignement des troupes. Rapporteur de ce comité, il développe, le 9 juillet, les principes qui devront présider à l’élaboration de la Constitution et proclame la nécessité de la faire précéder d’une Déclaration des droits de l’Homme.

Cependant, il s’inquiète des progrès de la Révolution, qui évolue dans un sens plus radical, et de l’agitation qui gagne le pays. Le 16 juillet, le débat sur le renvoi éventuel des ministres entraîne la rupture politique entre Mounier et Barnave. De fait, Mounier voudrait faire adopter une constitution « à l’anglaise » avec deux chambres et un roi disposant du droit de veto absolu. Dans la nuit du 4 août, il défend le droit de propriété.

La déclaration des Droits de l’Homme

Le 20 août 1789, il présente à l’Assemblée Constituante les trois premiers articles de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Ceux-ci sont votés sans discussion. Avec André Boniface Louis Riquetti de Mirabeau, il reste le seul auteur connu du préambule.

Le 28 août, il ouvre la discussion sur la Constitution par une intervention, où il résume les principes du gouvernement monarchique et se prononce en faveur du veto absolu, contre le veto suspensif défendu par Barnave ou Jérôme Pétion de Villeneuve. Le 31, avec Gérard de Lally-Tollendal, il propose l’établissement d’un sénat héréditaire. Dès le lendemain, il quitte le comité de Constitution, suivi, en septembre, par Clermont-Tonnerre, Bergasse et Lally-Tollendal. Bien que ses propositions aient été repoussées, il est élu président de l’Assemblée constituante le 28 septembre 1789 pour une durée de quinze jours.

Lors des journées des 5 et 6 octobre 1789 (durant lesquelles des Parisiennes obligent la famille royale à séjourner au palais des Tuileries à Paris), il refuse, malgré les exhortations de Mirabeau, de quitter le fauteuil de la présidence. Déçu dans ses projets politiques, il fuit Paris et se réfugie dans le Dauphiné. Le 10 novembre, il envoie sa lettre de démission à l’Assemblée, avant de quitter la France sous un nom d’emprunt pour la Savoie, où l’attend sa famille, le 22 mai 1790.

Émigration

Puis il passe en Suisse, où il publie un Les recherches sur les causes qui ont empêché les français d’être libres. Puis il gagne l’Angleterre, l’Italie et finalement le duché de Saxe-Weimar, où le grand-duc Charles-Auguste lui suggère l’idée de créer à Weimar, une maison d’éducation destinée à préparer aux carrières publiques. En juillet 1797, il y enseigne la philosophie, le droit et l’histoire à un nombre assez considérable de jeunes gens, anglais, allemands et français.

Retour en France

Après le 18 brumaire, il obtient sa radiation de la liste des émigrés et se prépare à revenir en France. Le 17 juillet 1801, il écrit au banquier Perregaux, dont le fils était son élève à Weimar, pour lui annoncer son retour en octobre

De retour à Grenoble, à l’automne 1804, il se décide à venir à Paris. Le 23 germinal an X, Bonaparte, Premier consul, le nomme préfet d’Ille-et-Vilaine. Napoléon nomme conseiller d’État. Mais il succombe à une affection du foie, à l’âge de 47 ans. Il est d’abord inhumé au cimetière de Vaugirard avant d’être transféré au cimetière du Père-Lachaise. Il repose avec son fils, Claude Philippe Edouard (1784-1843), conseiller d’état.

Sources : Wikipedia. Date de création : 2021-05-01.

Photos

Monument

Inscriptions : J.J. MOUNIER obit die XXVI jan. an. MDCCCVI aet. XLVII (J.J. MOUNIER mort le 26 janvier 1806 âgé de 47 ans)

Similitudine decoremus. (Nous décorons de façon semblable)

Photos


Date de la dernière mise à jour : 1 mai 2021