LOEBNITZ Jules Paul (1836-1895)
France

gravure - Source Site Loebnitz

Jules Paul Loebnitz a un descendant très actif dans le souvenir de son ancêtre et de sa famille en la personne de M. André Silba-Loebnitz. Grâce à cet homme charmant, nous pouvons vous faire partager des documents inédits sur la vie et l’œuvre de ce céramiste de génie (Régis Dufour Forrestier).

Jules Paul Loebnitz voit le jour le 5 août 1836. En 1857, il reprend la manufacture de faïence fondée en 1833 par Jean-Baptiste Pichenot. Elle s’est rendue célèbre par la mise au point, en 1840, d’un procédé particulier de fabrication de faïence. Ce dernier permet de produire des carreaux et des plaques de faïence de grandes dimensions sans risques de les voir se déformer sous l’action du gel.

La Faïencerie Loebnitz produit essentiellement des articles de chauffage tels que des poêles et des plaques pour cheminées. Dans les années 1860, Jules-Paul Loebnitz décide de diversifier la production. Il se lance alors dans la céramique architecturale et, très vite, il collabore avec des architectes prestigieux.

Il travaille ainsi avec l’architecte Félix Durban au Château de Blois où il réalise, sur des dessins de Violet le Duc, des carreaux pour les sols, les cheminées et les salles de bain du château.

L’exposition Universelle de 1878 est pour la maison Loebnitz l’occasion d’exprimer tout son talent. Il remporte une médaille d’or pour une spectaculaire façade de 12 mètres de haut entièrement en terre cuite et faïence, La Porte des Beaux-arts, dont les trois panneaux sont encore visibles de nos jours sur la façade de l’ancienne manufacture. Les commandes vont alors se multiplier.

Assisté de son fils Jules Alphonse, depuis 1880, Jules Paul livre des décors des gares du Champs de Mars à Paris, de celle du Havre, du théâtre de Monte-Carlo et les carreaux de la coupole du monument de Jeanne d’Arc à Rouen.

Il décide de construire de nouveaux ateliers en 1880. Il confie cette réalisation à Paul Sédille, l’architecte du Printemps. Après de nombreuses contributions aux différentes expositions universelles, la Faïencerie Loebnitz, unanimement reconnue pour la qualité de ses productions, peine à relever le défi de la mécanisation. Elle doit faire face à une concurrence accrue.

Jules Loebnitz s’éteint le 20 octobre 1895, à Paris (9ème). Il repose avec Robert Le Besnerais (1893-1946), fondateur de la SNCF, mari de son arrière-petite-fille. Son fils lui succède à la direction de la manufacture. Celle-ci fermera ses portes en 1935.

Extrait (d’une lettre d’André Silba-Loebnitz à l’APPL) :

« Le père de mon arrière-grand-père se nommait Jean-Christophe Gottlieb Loebnitz et sa maman Anne-Adèle Cailleux. Elle-même a pour père Pierre Denis Cailleux et pour mère Jeanne Philippine Besancenot. Mais hélas ! Pierre Denis Cailleux décède fort jeune, lui laissant deux enfants Anne-Adèle et Paul Cailleux. Leur maman épouse alors, en secondes noces, Mr Jean-Baptiste Alphonse Pichenot. Cette union est de courte durée car il décède au 5 rue des Trois Bornes (Paris 11ème) Jean-Christophe Gottlieb Loebnitz, ou Löbnitz, allemand, est si fort amoureux d’Anne-Adèle Cailleux qu’il demande la nationalité Française. C’est pour cela que nous sommes français.

Mon arrière-grand-père, Jules Paul Loebnitz, ou Löbnitz, décède au 4 rue Pierre Levée à Paris (11ème), dans mon ancien appartement du premier étage. Il meurt d’un cancer de la vésicule, à l’âge de 59 ans. Mon grand-père, Jules Alphonse Loebnitz, ou Löbnitz, succède à son père. Ma mère Marie Caroline Loebnitz décède dans mes bras, le 12 Juillet 1971, au 4 rue Pierre Levée, de la même maladie que son grand-père Jules Paul Loebnitz.

Avant de quitter Paris, j’ai vidé le magasin où étaient encore exposées bien des œuvres de ma famille. »

Distinctions : La légion d’honneur mentionnée dans l’inscription ne figure pas dans la Base Léonore.

Merci à M. André Silba-Loebnitz pour sa participation à la rédaction de cette notice.

Sources : Bertrand (Régis), Groud (Guénola) Patrimoine funéraire français, Cimetières et tombeaux, Editions du patrimoine, CNM, 2016 ; Base Léonore (Légion d’honneur). Date de création : 2008-03-13.

Photos

Monument

Monument : Le monument intégrant des céramiques de Loebnitz est de l’architecte Paul Sédille.

Inscriptions :

Jules Paul LOEBNITZ 1836 – céramiste – 1895 chevalier de la légion d’honneur.

Jean Christophe Gottlob, LOEBNITZ, 1800 – 8 octobre 1872.
Louis Hyacinthe, CHERON, 23 janvier 1808 – 4 décembre 1883.
Jeanne Victorine, LOEBNITZ, 18 octobre 1867 – 21 mars 1884.
Anne Adèle, LOEBNITZ née CAILLEUX, 10 mai 1812 – 27 janvier 1895.
Elisabeth Arsène, CHERON née BAILLY, 29 juillet 1810 – 18 février 1900.
Marie Emilie, LOEBNITZ née CHERON, […] octobre […] – […] décembre 1920.

Emile Louis, CHERON, 6 septembre 1835, 13 décembre 1875.
Paul Louis, CHERON, 10 janvier 1832, 16 septembre 1881.
Jeanne Marie Emilie, CHALMEL, 13 décembre 1888, 17 juillet 1915.
Jules Marie Charles, CHALMEL, 22 juillet 1859, 23 juin 1922.
Berthe Emilie, CHALMEL, née LOEBNITZ, 21 octobre 1883, 23 janvier 1945.
Mme Robert, LE BESNERAIS, née Cécile, CHALMEL, 1895-1986.
Madeleine CHALMEL, 1891-1993.

Photos


Date de la dernière mise à jour : 17 août 2022