LABARRAQUE Antoine Germain (1777-1850)
France

Pharmacien, père de l' « eau de Labarraque » ou « solution de Labarraque »

Antoine Germain Labarraque voit le jour le 29 mai 1777, à Oloron-Sainte-Marie (Pyrénées-Atlantiques). C’est le fils de François Labarraque et de Christine Sousbielle. Il passe plus de deux ans comme élève d’un pharmacien, Préville, à Orthez. Puis il s’engage dans l’armée comme « Grenadier de la Tour d’Auvergne ».

Il est promu au poste de commandant de champ de bataille. Puis il devient pharmacien-en-chef à l’hôpital militaire de Berra. Il contracte le typhus et, après sa récupération, est libéré de l’armée en 1795. Ayant pris goût à la pharmacie, il va à Montpellier pour étudier avec Jean Antoine Chaptal.

Il va ensuite à Paris où il travaille comme pharmacien. Il y étudie aussi au «Collège de Pharmacie» avec divers professeurs dont Louis Nicolas Vauquelin. En 1805, il se qualifie comme maître de pharmacie. Dans la même année, il publie un ouvrage intitulé Sur la dissolution du phosphore et un autre Sur les électuaires.

Il devient membre des Sociétés de pharmacie et de Médecine en 1809. Il y a présenté un article sur les teintures alcooliques et quelques expériences sur la teinture alcoolique de benjoin. Par la suite, Labarraque participe à plusieurs commissions pour examiner les présentations faites à la société.

A cette époque, il faut traiter les tripes animales pour fabriquer des cordes d’instruments de musique. Cela se fait dans des locaux connus sous le nom de « boyauderies » qui sont notoirement sales, malodorants et insalubres. Vers 1820, la Société d’Encouragement pour l’Industrie offre un prix pour la découverte d’une méthode chimique ou mécanique qu’on pourrait utiliser pour séparer la membrane péritonéale des intestins des animaux sans provoquer de putréfaction. Labarraque expérimente différentes compositions.

Il constate qu’une solution de chlorure de chaux a de meilleures propriétés antiputrides que l’eau de Javel déjà connue. Mais celle ci provoque un détachement plus lent de la muqueuse intestinale.

Il préfère donc l’eau de Javel qui est moins coûteuse que les solutions chlorées à base de sels de potassium. Labarraque remporte le prix de la société de 1500 francs. Il montre comment des solutions à partir de chlore peuvent servir à la fumigation des ateliers et au desserrement des membranes les unes des autres sans entrainer la violente odeur habituelle.

En 1824, on appelle Labarraque à l’aide lors de la mort du roi Louis XVIII qui meurt de gangrène généralisée. Le corps putréfié émet une odeur fétide, bien avant la mort. Le chimiste parvient à la faire disparaitre en recouvrant le corps d’une feuille imbibée d’eau chlorée.

Il est membre de l’Académie de Médecine (1824) et du Conseil de Salubrité (1836). Ses recherches lui permettent d’utiliser des chlorures et des hypochlorites de calcium et de sodium dans les boyauderies. Mais il les utilise aussi pour la désinfection et la désodorisation des latrines, des égouts, des marchés, des abattoirs et des morgues.

On les utilise ensuite dans les hôpitaux, les prisons, les infirmeries, les étables, pour les exhumations, pendant les épidémies, etc. On appelle ces solutions « eau de Labarraque » ou « solution de Labarraque ». Dès 1828, on les préconise pour prévenir l’infection et aussi pour traiter la putréfaction des plaies existantes.

Labarraque recommande aussi au médecin de respirer du chlore et de se laver les mains avec de la chaux chlorée. Il demande même de saupoudrer de la chaux chlorée sur le lit du patient, en cas d’infection contagieuse. Lors de l’épidémie de choléra de Paris, en 1832, on utilise de grandes quantités de chlorure de chaux pour désinfecter la capitale.

La découverte de Labarraque contribue à éliminer l’odeur de pourriture des hôpitaux et des salles de dissection. Ce faisant, il a efficacement désodorisé le Quartier Latin de Paris.

L’application la plus célèbre des « solutions de Labarraque » est, en 1847, quand Ignaz Semmelweis désodorise les mains des médecins autrichiens, dans les salles de dissection mais aussi les salles d’examen des patients.

Pendant les campagnes de Custer dans le Dakota du Nord, le chirurgien-chef, le Dr Henry Ruger utilise l’eau de Labarraque pour éviter la détérioration des cas de gelures. Plus tard, pendant la Première Guerre mondiale, Henry Dakin modifie la solution de Labarraque avec de l’hypochlorite et de l’acide borique.

Appelée solution de Dakin, elle permet le traitement antiseptique d’une variété de plaies ouvertes, bien avant l’ère des antibiotiques. On emploie encore aujourd’hui une version modifiée de cette solution pour l’irrigation des plaies. Elle continue, en effet, à être efficace contre les bactéries multi résistantes aux antibiotiques.

Antoine Germain Labarraque décède le 9 décembre 1850, près de Paris Il repose avec son gendre, le médecin et professeur Louis René Le Canu (1800-1871).

Publications : 

  • L’Art de la boyauderie (Paris, 1822) ;
  • De l’emploi des chlorures d’oxyde de sodium et de chaux (Paris, 1825) ;
  • Manière de se servir du chlorure d’oxyde de sodium pour panser les plaies de mauvaise nature, soit comme moyen d’assainissement des lieux insalubres et de désinfection des matières animales (Paris, 1825) ;
  • Note sur une asphyxie produite par les émanations des matériaux retirés d’une fosse d’aisance; suivie d’expériences sur les moyens de désinfection propre à la prévention des accidents (Paris, 1825) ;
  • Sur la préparation des chlorures désinfectants (Paris, 1826) ;
  • Rapport au conseil de salubrité de Paris sur l’exhumation des cadavres déposés en juillet 1832 dans les caveaux de l’église Saint-Eustache.

Distinctions : chevalier de la Légion d’honneur (29 octobre 1826), prix Montyon en 1825 par l’Académie des Sciences ; en 1826 médaille de l’Académie de Marseille pour son travail sur l’application des chlorures à l’hygiène et à la thérapeutique « .

Sources : Geneanet ; Wikipedia. Date de création : 2017-03-28.

Monument

Inscriptions :

M.T. DELONDRE 1767-1812.
J.L.T. LE CANU son épouse, 1758-1833.
L.R. LE CANU, de l’académie de médecine, 1800-1871.
A. LABARRAQUE son épouse 1808-1871.
A.G. LABARRAQUE, de l’académie de médecine, 1777-1850.
A. VAUDE son épouse 1784-1876.
J. ALLAIN 1814-1901.
A. LE CANU son épouse 1829-1909.
R. ALLAIN 1852-1911.
J. ALLAIN 1854-1919.
F. ALLAIN 1858-1933.
Eugène ALLAIN, procureur général 1856-1940.
Geneviève GAYOT son épouse 1864-1942.
Edouard COLLIN 1919-2001.
Bertrande COLLIN-PETIT 1919-2002.
Françoise BILWEIS-COLLIN 1926-2015.

Photos


Date de la dernière mise à jour : 2 mai 2024