HERMANN, Jeanne Léonide KLING, née POINAT, dite Mme (1842-1910)
France

Jeanne Léonide Poinat voit le jour le 11 avril 1842, à Paris (4ème). C’est la fille de Gabriel Poinat, négociant, et de Jeanne Marthe Legave, son épouse, résidant 50, rue de l’Arbre Sec. Elle a 16 ans lorsque sa mère meurt, en 1858.

En 1862, âgée de 20 ans, elle épouse Louis Justin Kling, un passementier de 28 ans, né à Scherwiller (Bas-Rhin). Ils habitent au 11 rue des Fossés Montmartre (disparue depuis), à Paris. Ils auront un fils, Gabriel Léon (1864-1914), militaire mort au champ d’honneur.

Au début des années 1870, ils reprennent sous le nom commercial Hermann (& Cie) la gérance d’un atelier de photographie situé 20, rue de la Chaussée-d’Antin, à Paris (9ème).

Cet atelier se spécialise dans la photographie au collodion et il vend des fournitures pour la photographie. Il propose aussi aux photographes de sous-traiter certains travaux techniques, comme la photographie sur émail ou les agrandissements.

En octobre 1873 sont saisis dans l’atelier 22 000 photographies de Louis Napoléon Bonaparte. Celui ci est le fils unique de l’impératrice Eugénie et de Napoléon III. Autour du portrait on trouve un discours qu’il a prononcé le 15 août, ainsi que les dates de quatre des cinq plébiscites favorables à son père. Depuis la mort de ce dernier le 9 janvier, les bonapartistes considèrent le prince impérial comme l’héritier dynastique des Bonaparte. C’est ce qui explique la saisie.

Au début des années 1880, l’atelier se spécialise dans les portraits pour enfants. C’est Jeanne Léonide Kling qui les réalise sous le nom de Madame Hermann. Dans Le Figaro, le journaliste Marc de Rossieny écrit :

« Nous sommes allés visiter cette grande célébrité au n°20 de la Chaussée d’Antin. Nous avons trouvé un atelier plein de lumière et de mille bibelots artistiques, une jeune femme charmante, du meilleur monde, se présente à nous, c’est Mme Hermann, la photographe qui opère elle-même… L’artiste, avec une merveilleuse habileté, dispose le bébé devant l’objectif, le fait sourire, embrasse ses bras potelés, ses ravissants petons, et, trompette aux lèvres, bonbons en mains, elle attire l’attention du joli lutin et profite d’une seconde d’immobilité pour faire un portrait qui vit, qui parle… »

Parmi les enfants photographiés à l’atelier figurent Marcel Proust et son frère Robert, vers 1885, ou Lucien Psichari, petit-fils d’Anatole France, en 1909.

Puis, séparée de son mari, elle continue seule son activité de photographe. Lors de l’Exposition universelle de 1889, elle présente, sous le nom de Marthe Hermann, plusieurs portraits dont le jury remarque la qualité.

En 1899, Louis Justin Kling meurt à Bois-Colombes, à son domicile du 205, avenue d’Argenteuil. Sur son acte de décès, il est dit « célibataire » et « sans profession ». La raison sociale de Jeanne Léonide Kling devient alors Mme Vve Hermann.

Elle est décrite comme une « photographe distinguée, recherchée pour ses portraits d’enfants et bien connue dans le quartier de la Chaussée d’Antin. » Par ailleurs, elle compose quelques valses. Elle en vend les partitions dans son atelier pour financer ses œuvres philanthropiques, notamment La Maternelle de Sèvres.

Le 17 janvier 1910, elle meurt chez elle, 108 rue Brancas, à Sèvres (Hauts-de-Seine). Elle repose avec son père, Gabriel Poinat (1811-1879), maire d’Ivry-sur-Seine, et son fils, Gabriel Léon Kling (1864-1914), mort pour la France.

Peu après sa mort, son fils, Gabriel Léon Kling, vend le fonds de commerce à M. Siré. Celui ci conserve la dénomination Hermann jusqu’en 1950, quand il vend le fonds pour la somme de 3 millions de francs.

Prix : Médaille d’argent à l’exposition universelle de 1900.

Distinctions : Officier des Palmes académiques (1902, sous le nom de Mme veuve Jeanne Marthe Hermann) ; officier de l’Instruction publique (1909, sous le nom de Mme Marthe Hermann).

Merci à Mme Dominique Salva pour son aide dans la mise à jour de cette notice.

Sources : Hermann (Veuve) – Portrait Sépia ; Wikipedia. Date de création : 2021-08-24.

Photos

Monument

Inscriptions :

Jeanne Léonide KLING, née POINAT, compositeur, officier de l’instruction publique 1842–1910.

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Date de la dernière mise à jour : 10 décembre 2025