GUIZOT Elisabeth Charlotte Pauline, née de MEULAN (1773-1827)
France

gravure dans son livre Essai de littérature et de morale, 1804

Elisabeth Charlotte Pauline de Meulan voit le jour en 1773. Son père est receveur général de la généralité de Paris. Il se plait au commerce des gens de lettre et savants, et sa maison s’ouvre à une société brillante et spirituelle. Ce milieu ne parait pas d’abord exercer sur l’esprit de Mme de Meulan une grande influence, mais sa passivité n’est qu’à la surface. En effet, elle montre tout à coup une femme supérieure sous le choc de ses malheurs de famille.

Son père meurt ruiné, laissant la tristesse, la gêne, une veuve, trois fils et deux filles. Pauline, l’aînée, devient la véritable chef de famille. Elle concentre sur ses nouveaux devoirs la puissance soudainement éclose de ses facultés. Pauline lutte contre tous les obstacles avec une grande énergie et avec une persévérance qui finit le plus souvent par dompter la mauvaise fortune.

Elle prend toujours les partis les plus courageux et rassure les siens par sa sérénité et sa sollicitude. Obligée de quitter Paris en 1794, avec sa famille, en vertu d’une loi générale, elle se réfugie à Passy. Dans le calme de sa retraite, elle apprend à mieux connaître toutes les ressources de son esprit, et l’activité de sa pensée la consolide de son isolement.

Elle s’occupe de nouvelles études. Elle médite les livres les plus sérieux de philosophie et de morale, se formant sur toutes les questions des idées personnelles. Pauline prend l’habitude d’écrire en mettant en ordre ses pensées. Frappées des qualités de son esprit et de son style, d’anciens amis de ses parents lui conseillent de tirer parti de son talent.

Le travail intellectuel, qui n’avait jusque-là pour Mme de Meulan que la satisfaction d’un besoin de son esprit, devient une ressource pour améliorer le sort de sa famille. Un premier roman, « Contradiction », fait connaître son nom. Un second, « La chapelle d’Ayton », est publié peu de temps après. Pauline collabore au Publiciste, journal d’allures philosophiques timides, mais indépendantes.

Les innombrables articles qu’elle publie sur la littérature, la société, les spectacles, la mettent au rang des meilleurs écrivains de l’époque. Vers 1807, Pauline rencontre M. Guizot qui l’aide.

Ces deux natures puissantes, sont faites pour se comprendre et s’apprécier. Elles se lient de confiance, d’abord et de sympathie ensuite. Ils se marient le 9 avril 1812. La disproportion d’âge et des divergences d’opinion n’empêchent pas cette union d’être parfaitement heureuse. L‘existence de Mme Guizot est douce et heureuse. Atteinte d’une maladie profonde et lente, elle s’éteint le 30 juillet 1827.

Le plus bel éloge de Mme Guizot est enfermé dans les lignes suivantes de M. de Resumat : « Sa raison semblait disposer de sa volonté : la vérité régnait sur elle de droit divin. Ce mérite rare, c’est peut-être la dernière ambition du philosophe. Partout il faut l’admirer et la chérir, cette immuable harmonie de la raison du cœur, mais est-elle jamais plus digne d’admiration et d’amour qu’alors qu’elle unit la raison d’un sage et le cœur d’une femme ? ».

De nos jours, les ouvrages de Mme Guizot sont très recherchés des amateurs. Sa dépouille est exhumée et transférée à Saint-Ouen-le-Pin (Calvados), auprès de son mari, le 30 juillet 1875. Dans la concession reposent encore le frère du ministre, Jean Jacques Guizot (1789-1835) et son épouse née Alexandrine Amélie Vincens (1791-1836).

Sources : Wikimedia. Date de création : 2007-04-16.

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Date de la dernière mise à jour : 6 avril 2021