GUINDEY Guillaume (1909-1989)
France

Un des négociateurs du Plan Marshall

Guillaume Guindey voit le jour 19 juin 1909 à Evreux (Eure). Normalien, il devient inspecteur général des finances, puis directeur général de la Banque des règlements internationaux (BRI) de 1958 à 1963, et, enfin, membre de l’Institut. Il décède le 11 mars 1989. Il repose avec son frère, l’officier, Claude Guindey (1877-1914), mort au champ d’honneur en 1914.

Extrait (de Guillaume Guindey par Pierre Escoube, in Revue des deux mondes) :

« Il faisait gris, ce matin de décembre 1926, et les quelque cinquante khâgneux du lycée Henri IV attendaient, dans la classe, longue comme une cellule de moine, que le maître fût entré pour connaître le sujet de la composition philosophique qu’ils allaient avoir à rédiger. En attendant, pour tromper leur désœuvrement, ils jetaient, sans beaucoup de conviction, quelques injures homériques à l’adresse du petit troupeau des « bizuths » peureusement parqués dans les premiers rangs. « Bonjour Messieurs », et Alain (le professeur Emile Chartier) entra, salué par un silence immédiat et déférent. Il prit un morceau de craie, écrivit au tableau noir « Qu’est-ce que penser ? » et accompagna cette inscription d’un bref commentaire : « Vous avez trois heures pour traiter ce petit sujet. » Les têtes se penchèrent et bientôt les plumes des stylos crissèrent sur le papier blanc. Trois semaines plus tard, nos copies une fois corrigées, Alain donna les résultats. «Premier : Guindey» annonça-t-il avec un apparent détachement. C’est plus que de la surprise, c’est de la stupeur. Quoi, le « bizuth Guindey » à peine débarqué de ce lointain lycée Janson de Sailly, que son environnement du 16ème arrondissement rendait suspect aux austères lycéens de la rive gauche, « le bizuth Guindey » se permettait d’être le premier. Et premier dans cette classe d’Alain, où l’on pouvait voir, au pied de la chaire, la tignasse noire de Simone Weil, le fin visage de Simone Pétrement, les épaules carrées de René Chateau, le profil aigu de Maurice Savin, enfin l’élite des disciples du maître, l’aristocratie pensante de cette khâgne fameuse. C’était ainsi, et depuis ce matin-là, le «bizuth» brocardé d’hier s’imposa à l’estime, voire au respect des khâgneux les plus chevronnés. … Les années passèrent. A sa sortie de l’Ecole normale, Guillaume Guindey devient inspecteur des Finances. d’emblée, il se spécialisa dans les affaires internationales et les problèmes monétaires. Affecté à ce qui est encore la vieille Direction du mouvement général des fonds, il passa à Alger en 1943. Le général de Gaulle, alors chef du Comité français de libération nationale, le chargea des négociations avec Washington et Londres, pour le règlement des problèmes financiers que posait le débarquement en Europe. Il y affirma une compétence et une autorité qui firent de lui, tour à tour, un des négociateurs du Plan Marshall et de l’Union européenne des paiements. Il devient directeur des finances extérieures, avant d’être envoyé à Bâle comme directeur général de la Banque des règlements internationaux. »

Guillaume Guindey par Pierre Escoube

Publications :

  • Trajectoire, 1984 ;
  • La banque des règlements internationaux, 1982 ;
  • Notice sur la vie et les travaux de Jacques Rueff, 1980 ;
  • Vingt-et-une questions sur le capitalisme, 1978 ;
  • Le Drame de la pensée dialectique, 1974 ;
  • Mythes et réalités de la crise monétaire internationale, 1973 ;
  • Théologie d’un laïc. Préface de Jean-Marie Paupert, 1968 ;
  • La Réforme du système monétaire international (conférence faite à Paris, le 17 mai 1966).

Sources : Wikipedia ; BNF-Gallica. Date de création : 2019-06-19.

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Date de la dernière mise à jour : 9 février 2021