GOBERT Jacques Nicolas (1760-1808)
France

Jacques Nicolas Gobert nait à la Guadeloupe, le 1er juin 1760. Envoyé en France pour y faire ses études, il entre, le 1er janvier 1780, à l’École du génie. Lieutenant en second en février 1782, il passe capitaine le 1er avril 1791. Il fait, en qualité d’ingénieur, et comme adjoint aux adjudants-généraux, la campagne de 1792 aux armées du Nord et des Ardennes.

Il devient, le 8 mars 1793, adjudant-général chef de bataillon. La valeur qu’il déploie, le 6 mai, au combat de Famars, lui vaut, du général Dampierre, sa nomination au grade de général de brigade provisoire, qui est confirmée le 15 du même mois. Il combat avec non moins de bravoure, le 23, à la seconde affaire de Famars, dite de Valenciennes.

Mais croyant qu’il est noble, la commission exécutive le destitue le 30 juillet suivant et le fait incarcérer. Gobert, rendu à la liberté, proteste contre cette  qualification de « noble ». Il rappelle, dans son Mémoire au Comité de salut public, que le premier, au camp de Pont-sur-Sambre, il a levé l’étendard contre Lafayette qui voulait marcher sur Paris, et que le premier encore il s’est soulevé contre Dumouriez, lorsque ce général avait essayé de rendre ses troupes complices de sa trahison.

Le Comité accueille favorablement la réclamation de Gobert, sans toutefois le rétablir dans son grade. Il ne lui accorde que celui de chef de bataillon. Puis il l’envoie, le 13 nivôse an III, comme sous-directeur des fortifications à Port-Liberté (Port-Louis). Gobert se rend à son poste, quand Hoche, qui commande alors l’armée campée devant Quiberon, le prend pour chef d’état-major. Mais, par des motifs inconnus, Hoche provoque sa destitution le 15 fructidor.

Gobert, que cet acte de rigueur étonne d’autant plus qu’il en ignore la cause, s’en plaint. Le 8 ventôse, le Directoire le rétablit dans son grade de chef de bataillon et le renvoie à sa première destination. Destitué par arrêté du Directoire du 9 brumaire an VI, sur la proposition de Schérer, c’est sur un rapport de Milet-Mureau, chargé de l’intérim de la guerre pendant l’absence de Dubois de Crancé, du 4e jour complémentaire an Vif, que le Directoire le réintègre, le même jour, dans son grade de général de brigade dans la ligne.

On lit dans le rapport de Milet-Mureau :

« Le motif de sa destitution est une lettre, écrite à La Carrière, représentant du peuple déporté, dans laquelle avec des principes avoués de tous les républicains, mais qui étaient mal expliqués aux contre-révolutionnaires du 18 fructidor, il disait que la représentation nationale devait toujours rester intacte. »

Employé à l’armée de réserve qui s’organise à Dijon le 8 germinal an VIII, il suit cette armée en Italie. Il se trouve, dans la nuit du 1er au 2 prairial, à l’attaque du fort de Bard. Mis en non-activité le 1er vendémiaire an X, il passe, le 18 nivôse, à l’armée qui doit former la seconde expédition de Saint-Domingue. Mais on l’envoie sur la Guadeloupe où les noirs se sont révoltés.

Arrivé dans cette colonie le 17 prairial, le 20, le général Richepanse le charge d’opérer le débarquement d’une partie des troupes près la Basse-Terre. Il s’exécute malgré le feu violent de la côte. Il poursuit le lendemain les rebelles, emporte la position retranchée de Dollet, et disperse les rassemblements de la Grande-Terre. Richepanse quitte quelque temps après la Guadeloupe. Il laisse le commandement de cette colonie au général Gobert.

Ce dernier, de retour en France en brumaire an XI, est mis en disponibilité le 15 floréal. Il devient général de division, le 9 fructidor suivant. Il remplace le général Souham dans le commandement de la 20e division militaire. Puis il obtient celui de la 3e le 14 ventôse an XIII. En 1806, il commande la ville de Mindeu (Prusse rhénane), et en 1807, la 2e division de l’armée d’observation des côtes de l’Océan.

Employé en Espagne en 1808, il reçoit début juillet l’ordre de rejoindre le général Dupont dans la province de Jaën. En route, il bat les insurgés qui lui disputent le passage du défilé de Pefia-Perros, les chasse de la Caroline et arrive le 12 à Baylen qu’il occupe avec 1500 hommes de sa division. Le 16, Castanos ayant attaqué et mis en pleine déroute le général Liger-Belair, celui-ci se retire en toute hâte sur Baylen.

Mais Gobert sort avec deux bataillons et un régiment de cuirassiers. Ses charges arrêtent les Espagnols, qui peut-être auraient été complètement battus sans la blessure que Gobert reçoit alors. Atteint d’une balle à la tête, il meurt à Guaraman (Espagne), dans la nuit du 16 au 17. Il repose avec son fils, le philanthrope Napoléon baron Gobert (1807-1833).

Titres : baron de l’empire.

Distinctions : légionnaire (19 frimaire an XII), commandant de la Légion d’honneur (25 prairial an XII).

Hommages : Son nom est gravé sur l’Arc de Triomphe, côté ouest.

Sources : Léonore (Légion d’honneur) ; Wikipedia ; M. Christian Charlet, historien du service des cimetières (Juin 2005). Date de création : 2005-11-01.

Photos

Monument

La sépulture a été acquise par l’Académie Française le 10 octobre 1837 et le monument a été élevé par les soins de l’Académie Française et de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Le cœur du général a été déposé le 18 juillet 1845 en présence de Pingnard, Choquet et Achille Leclerc, membres de l’institut.

La sépulture comprend des bas-reliefs en marbre représentant le « Combat avec des noirs (qui luttent pour leur liberté accordée par la Convention) lors du rétablissement de l’esclavage », la « Mort de Gobert lors d’une bataille pendant la guerre d’Espagne », une « Scène aux Antilles » et une statue en marbre, « Gobert à cheval », toutes œuvres de Pierre Jean David d’Angers.

Inscriptions : Au général GOBERT

Famars.
Pendant un combat contre les noirs, le général GOBERT apprenant qu’ils avaient été emprisonnés, dans une maison minée y courut et tua le gardien qui en approchait déjà une mèche enflammée.
Jamais o mon père les ennemis n’ont touché de ton sabre que la pointe et dans une défaite, tu es mort.

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Date de la dernière mise à jour : 2 mai 2024