GAULARD Léon Adrien Lucien (1850-1899)
France

Inventeur du transformateur électrique

Léon Adrien Lucien Gaulard voit le jour le 16 juillet 1850, à Paris (2ème). C’est le onzième enfant d’une famille de douze, fils d’Edmé Gaulard et d’Onésime Justice, mariés le 26 novembre 1835. Son père, fabricant de vernis, est détenteur d’un brevet portant sur l’amélioration de la conservation des vernis gras.

La première profession de Lucien est logiquement la chimie. Il propose, en 1876, d’utiliser l’électricité pour accélérer le tannage des cuirs. Entre 1876 et 1881, il dépose des  brevets pour le tannage des peaux en cuir, la production de sels de soude, la fabrication de la pâte à papier, la déphosphoration des minerais de fer, etc.

En 1881, Lucien Gaulard s’inscrit à l’exposition d’électricité de Paris. Il y propose une lampe électrique, qui fait l’objet d’un brevet, et une pile thermoélectrique. Cette lampe se compose grossièrement d’une lampe à arc et d’une lampe à incandescence montées en série à travers une bobine de Ruhmkorff.

À la fin de l’année 1881, Lucien Gaulard rencontre à Londres John Dixon Gibbs. Tous deux publient, le 18 octobre, un brevet sur la forme des conducteurs électriques. Dans ce brevet, ils préconisent l’utilisation de conducteurs tubulaires creux. Ils reprennent ainsi la théorie de Denis Poisson disant que l’électricité ne se distribue qu’en surface des conducteurs. Ce phénomène a été vérifié depuis par l’introduction de l’effet de peau dépendant de la fréquence.

Le 7 novembre 1882, Gaulard et Gibbs déposent le premier brevet de la distribution électrique moderne. Celui-ci propose de produire et de transporter l’énergie électrique par l’emploi du courant alternatif. Il préconise également l’utilisation de « générateurs secondaires » : les transformateurs.

Dans ce premier brevet, le transformateur se compose d’un enroulement primaire de fil de cuivre de 3 mm de diamètre isolé et disposé en trois couches sur un noyau de fer doux. L’enroulement secondaire se constitue de 6 bobines positionnées autour de l’enroulement primaire. Chacune se compose de 6 fils de 0,5 mm de diamètre connectables soit en série, soit en parallèle.

La nouveauté de ce système est de permettre le réglage du rapport de transformation. Il est peu probable que cette version a fonctionné efficacement. En 1883, grâce à une élévation de la tension, Lucien Gaulard et John Dixon Gibbs réussissent à transporter de l’électricité sur 40 km. Ils utilisent un courant alternatif sous une tension de 2 000 V.

Le 6 novembre 1883, Lucien Gaulard dépose un brevet dans lequel il détaille les phénomènes d’induction et présente un appareil à câble composite. Le nouveau générateur est constitué d’un ensemble de fils en faisceau composant le primaire et le secondaire. Il réduit ainsi ce qui n’est pas encore dénommé l’impédance de fuite, en partie responsable de la chute de tension en charge.

Le conducteur se compose d’un fil primaire de 4 mm de diamètre enveloppé de 48 fils secondaires disposés en six groupes de huit. Dans cette version, une tension d’environ 20 à 30 volts alimente le primaire et les secondaires peuvent délivrer entre 50 et 100 volts.

Il sert à éclairer cinq stations de métro de Londres : Edgware Road, Notting hill gate, Gower street, King’s cross et Aldgate. À Edgware Road, une machine à vapeur actionne un alternateur de 30 ch et 2 000 V. La ligne primaire d’une longueur de 25 km dessert les 5 stations où 4 groupes de 4 générateurs secondaires sont placés en série. Le système fonctionne sans incident chaque jour entre novembre 1883 et septembre 1884.

En 1884, Lucien Gaulard met en service une liaison bouclée alimentée par du courant alternatif sous 2 000 volts, de Turin à Lanzo aller et retour (80 km). On finit alors par admettre l’intérêt du transformateur. En effet, celui ci permet d’élever, de transporter, puis d’abaisser, la tension délivrée par un alternateur. Tout ceci facilite ainsi le transport de l’énergie électrique par des lignes à haute tension.

Le 27 février 1884, Lucien Gaulard dépose une troisième version de son générateur. Les enroulements primaires et secondaires se constituent de disques de cuivres alternés spires à spires. De plus, on peut relier les hélices secondaires en parallèle et par groupe. La puissance atteinte par les générateurs secondaires à hélice est alors de 1 300 W pour une masse de cuivre de 12,280kg.

Le rendement de l’appareil atteint alors plus de 83 %. Édouard Hospitalier propose le nom de « transformateur », en 1884, par  au cours des réunions de la Société Internationale des Électriciens. Pendant l’été 1885, George Westinghouse, sur le conseil de Pantaleoni, achète plusieurs générateurs Gaulard. Il devient aussi concessionnaire exclusif pour les États-Unis. La transaction s’élève à 50 000 $.

Le 18 janvier 1886, Lucien Gaulard inaugure l’usine centrale de Tours où 250 chevaux de machine à vapeur entraînent 2 alternateurs. Par une distribution souterraine, Gaulard alimente des générateurs secondaires d’un type nouveau à circuit magnétique fermé et placés en dérivation.

Entre-temps, d’autres ont déposé des brevets. Gaulard est ruiné et il perd la tête. Le 1er février 1888, il se présente à l’Élysée en disant au concierge « Je suis Dieu et je veux la paix Universelle », comme le rapporte le Matin du 14 février.

Il meurt, le 26 novembre 1888, à l’hôpital Sainte-Anne (Paris) où il est entré quelques mois plus tôt.

Hommages : A la demande de sa sœur, Mme Ruelle-Gaulard, une petite rue de Paris (18ème) porte son nom. Son cousin Émile Gaulard, sculpteur, fait apposer, à ses frais, une plaque commémorative rue Vieille-du-Temple aux frais de .

Sources : Wikipedia. Date de création : 2016-03-10.

Monument

Inscriptions :

A Léon Adrien Lucien GAULARD 1850 + 1888. Les électriciens français. Monument élevé par souscription mars 1899.

Photos


Date de la dernière mise à jour : 27 janvier 2022