GAUDRY Jean (1933-1991)
France

Né le 1er novembre 1933 au Cerdon (Loiret), enfant naturel, Jean Gaudry perd vite sa mère, disparue à trente-deux ans. Élevé par des grands-parents aimants, le jeune homme interrompt rapidement des études classiques pour se rendre à Paris. Il officie en tant que garçon-livreur pour les épiceries Félix Potin.

Il fait une rencontre déterminante avec René Fallet, auteur de La Soupe aux choux, et passe beaucoup de temps dans les bars. Intitulée D’Araignées, sa première toile aurait été réalisée sur un morceau de linoléum, dérobé au 16 avenue de la Bourdonnais, dans l’appartement de l’actrice Edwige Feuillère. Déçu par sa liaison malheureuse avec une danseuse des ballets Mayol, il retourne à Orléans. Il y travaille, d’abord, à la base américaine. Il est, ensuite, photographe ambulant et correspondant du journal Détective. C’est aussi, un nègre occasionnel pour San Antonio.

Après un passage par le sanatorium de Bouffémont (Val d’Oise), de janvier à octobre 1955, il revient dans le Loiret. Il revend des livres rares à son ami, l’écrivain-libraire Tristan Maya. Celui-ci est le préfacier de Gerces, son premier recueil, édité en 1957 par Pierre Jean Oswald et dédié à son grand-père, mort l’année d’avant. Confidentiel, écrit tantôt en vers réguliers, tantôt en vers libres, le petit livre reçoit les louanges du journaliste Roger Secrétain, qui évoque un poète maudit ou encore une âme gercée qui refuse de cicatriser.

Tristan Maya lui attribue le prix de l’Humour noir 1960, sous les auspices de Xavier Forneret. Le jury se compose notamment de Siné et d’Anatole Jakovsky (1907-1983) qui deviendront des amis proches. Habitant rue des Bouteilles, et se qualifiant lui-même d’ivrogne impénitent, amateur de longues soirées et d’errances nocturnes, Gaudry pratique la peinture, le dessin et le collage, sans atteindre le succès escompté. La critique éreinte sa première exposition, à Lyon, en 1958.

Citation (de Jean Gaudry) :

« Je broie toujours du noir, fume toujours du gris et bois du blanc, et malgré cela, je peins et je suis « rose ». »

Accompagné par son amante et muse, Lydie Chapovaloff, il retourne à Paris en 1981. Là, il se lie avec André Blavier, spécialiste des fous littéraires, ou encore avec le comédien franco-algérien Farid Chopel (1952-2008). Jean Gaudry chine des œuvres d’art chez Drouot, puis les commercialise. Il décède le 7 novembre 1991 d’un cancer du poumon, à cinquante-huit ans.

Une cérémonie est organisée le 12 novembre. Gaudry, qui s’est beaucoup intéressé au Père-Lachaise, y repose désormais. Le journaliste Guy Derenne lui rend un vibrant hommage :

« Aujourd’hui, il est parti. Nul biographe ne s’intéressera sans doute jamais au destin singulier de ce petit bonhomme hors normes, ce peintre sans pinceaux, ce géant si menu. C’est sans importance. Le monde ne l’ignorera jamais autant qu’il a lui-même voulu l’ignorer. »

Prix : prix de l’Humour noir (1960).

Sources : -. Date de création : 2021-09-10.

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Date de la dernière mise à jour : 24 octobre 2021