DUPONT de L’ETANG Pierre Antoine, comte CHABANAIS (1765-1840)
France

gravure anonyme - Source Geneanet

Pierre Antoine, comte Dupont de l’Étang, voit le jour le 4 juillet 1765, à Chabanais. Il prend le nom de de l’Étang pour se distinguer de ses frères, le général comte Dupont-Chaumont, et Mgr le baron Dupont de Poursat, évêque de Coutances. Sa nièce, Claire Grâce Dupont de Savignat, est la mère du président de la république Sadi Carnot.

Pierre Antoine embrasse très jeune la carrière des armes : à 19 ans en 1784, il intègre, comme sous-lieutenant, la légion française du comte de Maillebois, servant dans les Provinces-Unies pour soutenir le parti démocratique contre la Prusse. Lorsque cette légion est licenciée en 1787, il entre comme lieutenant dans un régiment d’artillerie toujours au service des Provinces-Unies de 1787 à 1790.

Il est alors rappelé en France, où un décret royal vient d’organiser l’armée française sur le pied de guerre. Rochambeau le nomme sous-lieutenant au 12e Régiment d’Infanterie le 21 juillet 1791. Le 10 octobre suivant, il est désigné comme aide-de-camp du général Théobald de Dillon, qui commande à Lille sous Dumouriez, puis est nommé capitaine au 24e régiment d’infanterie le 12 janvier 1792.

Nommé provisoirement par Dumouriez adjudant-général lieutenant-colonel le 18 septembre 1792, il combat vaillamment deux jours plus tard à la bataille de Valmy. Il se distingue au combat de l’Argonne et au passage des Islettes en Champagne. Le conseil provisoire exécutif le 8 mars 1793 le confirme dans son grade, puis le nomme chef d’état-major des troupes actives de la Belgique.

Le 16 avril 1793, il est nommé provisoirement adjudant-général chef de brigade par le général Dampierre, qui vient de remplacer Dumouriez. Cette nomination est confirmée le 15 mai suivant par le Conseil provisoire exécutif. Il sert au camp de la Madeleine comme chef d’état-major du général La Marlière le 16 avril 1793, puis du général Béru le 22 juillet. Il est suspendu de ses fonctions le 22 septembre 1793, mais le 28 il y est rétabli pendant 15 jours par les représentants du peuple.

Le premier consul destine une armée à la conquête de l’Italie où le général Dupont se distingue : il entre le premier dans la ville de Bard et se signale à l’attaque du fort les 21 et 22 mai 1800. Après avoir pris part à la bataille de Marengo le 14 juin, il négocie, le lendemain, avec le général autrichien von Melas la capitulation d’Alexandrie, qui livre aux Français douze places fortes et l’Italie jusqu’au Mincio, c’est-à-dire tout ce qu’ils ont perdu depuis quinze mois à l’exception de Mantoue. Le général Dupont reçoit alors le titre de ministre extraordinaire provisoire du gouvernement français en Piémont le 23 juin 1800 pour réorganiser la République cisalpine.

Remplacé le 15 août par Jourdan, il devient lieutenant du général en chef, prend le commandement de l’aile droite de l’armée d’Italie le 28 août, et Brune le charge, le 6 octobre, d’envahir la Toscane. Le 15 octobre, il entre à Florence où il établit un gouvernement provisoire, et le 23 octobre il est à Livourne. Sa courte administration donne lieu à des accusations qui ont pesé sur la plupart des généraux français en Italie, mais en ce qui concerne Dupont, rien n’est prouvé. Le premier consul est retourné en France, laissant à ses lieutenants le soin d’achever et d’organiser ses conquêtes.

Le 22 janvier 1801, il quitte l’armée d’Italie pour commander la 2e division militaire à Mézières le 22 mars 1802, puis la 1re division du camp de Compiègne sous Ney le 30 août 1803, et, enfin, la 1re division du camp de Montreuil le 12 décembre. A la formation  de la  Grande Armée, Dupont obtient le commandement de la 1re division du 6e corps sous Ney. Il passe le Rhin à Lauterbourg, le 26 septembre 1805. Dupont engage le combat avec 25 000 Autrichiens commandés par l’archiduc Ferdinand d’Autriche.

Les Français rencontrent d’abord du succès et font 1 500 prisonniers. Mais l’archiduc, renonçant à une attaque de front, s’emploie à contourner les deux ailes de la petite armée. Sur la droite de Dupont, le petit village de Jungingen est pris et repris cinq fois. Après cinq heures d’affrontement, Dupont doit se retirer sur Albeck, mais il emmène avec lui 4 000 prisonniers. Le 5 octobre 1806, Dupont devient commandant la 1re division du 1er corps sous les ordres du maréchal Bernadotte à la Grande Armée. Après Iéna, le prince Eugène de Wurtemberg s’est porté sur Halle avec 18 000 hommes pour recueillir les débris de l’armée prussienne. Dupont est chargé de détruire cette dernière ressource de l’ennemi.

En Espagne, Il arrive à Vitoria le 26 décembre, et à Valladolid le 12 janvier 1808. Le 10 mars, il obtient une dotation de 19 000 livres de rente annuelle sur le Hanovre. Il arrive à Aranjuez le 11 avril, à Tolède le 24, et à Andujar le 2 juin. Dupont signe avec le général espagnol Castaños une capitulation le 23 juillet 1808 à Baylen. 20 000 Français doivent mettre bas les armes ; ils doivent être transportés en France, mais la capitulation est violée et on les envoie mourir sur les pontons de Cadix. Les résultats de cette capitulation sont immenses.

Dupont s’embarque à Cadix sur le Saint-Georges, quitte le port le 5 septembre, et arrive à Toulon le 21 septembre, où il est immédiatement arrêté comme ayant trahi les intérêts de l’armée. Il est transféré à Paris le 15 novembre 1808, où la haute cour impériale doit le juger avec les autres généraux responsables de la capitulation, mais Cambacérès empêche qu’on donne suite à ce projet. Ce n’est que trois ans plus tard le 17 février 1812, qu’un conseil d’enquête, composé de quinze membres se réunit pour donner son avis sur la capitulation de Baylen.

Le 1er mars 1812, à la suite de cet avis, Napoléon destitue Dupont de ses grades, décorations, titres et dotations, et ordonne son transfert dans une prison d’état. On l’enferme au fort de Joux, puis à la citadelle de Doullens. Il est mis en surveillance, à Dreux, jusqu’au retour de Louis XVIII.

Le gouvernement provisoire le nomme, en mars 1814, commissaire au département de la Guerre, puis le confirme (3 avril) avec rang de ministre. Le 7 novembre, le roi ordonne que « le dossier de sa condamnation qui, indépendamment de son plus ou moins d’injustice, portait tous les caractères d’un acte arbitraire plutôt que d’une condamnation régulière et légale », soit révisé, et casse par une ordonnance royale le décret impérial de sa destitution.

De nouveau destitué pendant les Cent-Jours (3 avril 1815), et enfermé à Doullens, sa libération a lieu à la rentrée des Bourbons. Réintégré au retour de Gand, on le nomme ministre d’État et membre du conseil privé le 19 septembre 1815. Le 22 août 1815, le collège de département de la Charente l’élit député. Dupont siège et vote avec la minorité de la Chambre introuvable et voit renouveler son mandat jusqu’en 1830. Il fait valoir ses droits à la retraite le 13 août 1832. Dupont meurt à Paris le 9 mars 1840, à 74 ans. C’était l’époux de Joséphine Bergon, fille d’un conseiller d’état.

Œuvres :

Poésie :

  • La Liberté (qui lui vaut la première mention au concours de l’Institut en 1799),
  • Cathelinna ou les amis rivaux, poème imité d’Ossian, 1801 ;
  • L’Art de la guerre, poème en dix chants, 1838 ;
  • traduction des Odes d’Horace, 1836.

Divers :

  • Observations sur l’Histoire de France de l’abbé de Montgaillard,
  • Une opinion sur le nouveau mode de recrutement (1818).

Titres : Comte de l’Empire (4 juillet 1808). Distinctions : grand-officier (14 juin 1804), grand-aigle de la Légion d’honneur (11 juillet 1807), chevalier (10 juin 1792), commandeur de Saint-Louis (6 décembre 1814).

Sources : Bouillet (Marie-Nicolas), Chassang (Alexis) Dictionnaire universel d’histoire et de géographie, Paris, 1878 ; Mullié (Charles) Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer, de 1789 à 1850, Paris, 1852 ; Larousse (Pierre) Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, 15 volumes, (1863-1890) ; Michaud (Louis Gabriel) Biographie universelle ancienne et moderne : Histoire par ordre alphabétique de la vie publique et privée de tous les hommes avec la collaboration de plus de 300 savants et littérateurs français ou étrangers, 2e édition, 1843-1865 ; Six (Georges) Dictionnaire Biographique des généraux et amiraux Français de la Révolution et de l’empire (1792-1814), Paris, Gaston Saffroy, 2003 ; Base Léonore (Légion d’honneur). Date de création : 2009-12-15.

Monument

La chapelle est ornée d’un beau vitrail représentant une femme voilée, habillée de façon moyenâgeuse, au dessus de la phrase latine : invoca Dominum et loquere Regi pro nobis (appelez le Seigneur et parlez au Roi pour nous).

Photos


Date de la dernière mise à jour : 1 avril 2021