DEVAMBEZ André (1867-1944)
France

photo anonyme dans La Marmite, 1900 - BNF-Gallica

André Devambez voit le jour le 26 mai 1867, à Paris. C’est le fils du graveur et imprimeur Edouard Devambez, fondateur de la Maison Devambez, à Paris. À sa naissance, son père a vingt-trois ans et sa mère vingt-deux. André grandit dans une ambiance artistique et il décide de devenir un artiste.

Dès son plus jeune âge, il travaille avec son père.  La Maison Devambez se situe dans l’atelier du passage des Panoramas. Ensemble, ils conçoivent  papiers à lettres, menus, impressions artistiques et diverses publicités, tous animés d’un fourmillement de vie qui font le succès de la Maison.

Il étudie à l’école des beaux-arts de Paris dans l’atelier du peintre Benjamin Constant. De plus, il reçoit aussi des conseils de Gabriel Guay et de Jules Lefebvre à l’académie Julian. Il obtient le grand prix de Rome en peinture de 1890. Il devient l’ami du peintre Adolphe Déchenaud dont il fait le portrait lors de son séjour à la Villa Médicis.

André Devambez devient chef d’atelier de peinture à l’école nationale supérieure des beaux-arts de 1929 à 1937. André Devambez oriente son art vers les représentations de scènes de la vie moderne. Le musée d’Orsay à Paris conserve neuf de ses œuvres, dont son tableau le plus connu, La Charge.

Cette scène de rue dramatique, peinte en 1902, montre la violente confrontation entre la police et les manifestants sur le boulevard Montmartre, vue de la fenêtre d’un étage élevé. Cette perspective plongeante se retrouve régulièrement dans son œuvre. De même, on retrouve souvent les tableaux peints souvent sur bois en petit format, connus sous le nom de « tout-petits ».

En 1910, il doit réaliser des panneaux décoratifs pour la nouvelle ambassade de France à Vienne. Il choisit comme thème les inventions de son temps, peignant le métro, un omnibus, un avion, un aéroplane. André Devambez produit un nombre considérable de dessins, y compris un album de douze eaux-fortes, issues d’un tirage limité à 150 exemplaires en 1915.

Les douze gravures de cet album représentent des scènes de la Première Guerre mondiale (Le Froid, Les Trous d’obus, Le Bouclier, L’Incendie, Un Shrapnell, La Pluie, L’Espionne, Les Otages, Gare la Marmite, Les Réserves, Le Charbon et Le Fou). André Devambez écrit et illustre aussi des livres, comme Auguste a mauvais caractère (1913).

C’est un livre pour enfants avec des illustrations coloriées à la main par le maître du pochoir, Jean Saudé. Une exposition, l’année suivante au palais de Glace, présente les illustrations originales. C’est le premier d’un grand nombre de livres pour enfants : Histoire de la petite Tata et du gros patapouf, Les Aventures du Gros Patapouf et Les Aventures du Capitaine Mille-Sabords.

André Devambez illustre également des ouvrages d’Emile Zola (La Fête à Coqueville), Charles Le Goffic (Le poilu a gagné la guerre, 1919), et Claude Farrère (Les Condamnés à mort). C’est aussi un illustrateur pour Le Figaro illustré, Le Rire et L’Illustration.

Il décède à Paris, le 18 mars 1944. Il repose avec son père, Edouard Devambez (1844-1923), graveur, avec son fils, l’archéologue et conservateur des antiquités grecques et romaines du Louvre, membre de l’Institut, Pierre Devambez (1902-1980), et sa fille Valentine (1907-?).

Extrait (André Devambez vu par Louis Vauxcelles, dans La Vie artistique, édition d’avril 1911) :

« André Devambez est le peintre de l’humanité vue du sixième étage. Quand on lui commande un portrait, Devambez installe son modèle au rez-de-chaussée, grimpe au faîte delà maison et peint. Le résultat est exquisément divertissant. Devambez voit les gens en pygmées, en fourmis de Lilliput, en myrmidons infinitésimaux. Et, malgré le raccourci prodigieux, chaque monsieur-insecte a son caractère, son geste précis, son accent juste.

Tout, est dans son plan dans la fourmilière ; pas d’encombrement, pas de confusion ; les masses sont équilibrées, la minutie du détail spirituellement topique ne nuit jamais à la vérité synthétique de l’ensemble. En vérité ces tableautins excellents sont des tours de force, du Breughel de velours vu par le petit bout de la lorgnette. Ce qu’il y a de curieux dans la carrière de ce notoire humoriste du pinceau, c’est qu’il a commencé par le prix de Rome.

Il villégiatura à la villa Médicis avec Axilette et Déchenaud et y eut pour « ancien » le délicieux Ernest Laurent. Mais en revenant de la prison italienne, Devambez envoya tout f… f…, le Martyre de sainte Agathe, le Reniement de saint Pierre, l’idéalisme, l’académisme et le genre noble. Il trouva sa voie, et y marcha d’un pas délibéré.

Bien que peintre humoriste, Devambez ne déforme pas. Son observation piquante, narquoise, attendrie, douloureuse même, apparaît du plus pénétrant réalisme. Il obtient les plus vifs succès et les mérite. Tel est, en deux mots, l’artiste. L’homme est la simplicité, la modestie et la bonne grâce en personne. »

« André Devambez a évolué dans un environnement artistique. Son père est le fondateur de la Maison Devambez qui effectuait des travaux de gravure et d’impression et André a travaillé avec lui dès son plus jeune âge. Il a parfait sa formation artistique en étudient à l’Ecole nationale des beaux-arts où il exerça plus tard les fonctions de professeur.

L’Etat lui a passé de nombreuses commandes et notamment le portrait du Maréchal Pétain en 1932. Il est élu membre de la Société des artistes en 1899 et nommé peintre officiel du Ministère de l’air en 1934. Son tableau le plus célèbre est La Charge (1902). Il est exposé au Musée d’Orsay qui possède huit autres tableaux. Il représente la charge de la police, réelle ou fictive, contre des émeutiers ou manifestants, boulevard Montmartre, à une période agitée où ce genre de scène est courant.

Cette scène se déroule à la lueur des vitrines et semble vue du haut d’un immeuble. On y voit des réverbères, des colonnes Morris, des badauds… On aurait pu la qualifier de scène de vie quotidienne s’il n’y avait cette violence. Devambez s’attache à la représentation des scènes ou objet de la vie moderne.

Pour la nouvelle ambassade de France à Vienne, André Devambez a réalisé douze panneaux décoratifs sur le thème « La vie et les inventions modernes » en 1910, qui furent renvoyés en France dès 1912, car jugés inappropriés et choquants. Sur ceux-ci figuraient des avions, métro, canots automobiles.

La foule, les mouvements de foule ou de troupes se retrouvent également dans les œuvres de Devambez : L’escorte du président Wilson, place Saint-Augustin, 14 décembre 1918, par exemple ou ses gravures ou aquarelles sur la Première guerre mondiale. Mais aussi dans ses dessins lorsqu’il contribuait au journal Le Rire.

André Devambez est aussi auteur illustrateur de livres pour enfants (Auguste a mauvais caractère, Histoire de la petite tata et du gros Patapouf,…) et illustrateur pour des auteurs reconnus : Emile Zola pour La fête à Coqueville ou Claude Farrère pour Les condamnés à mort… »

Sources : La Vie artistique (avril 1911) ; Wikipedia ; Fabienne Charreire. Date de création : 2017-05-26.

Photos

Monument

Inscriptions : DEVAMBEZ

Edouard DEVAMBEZ 11 mars 1844 – 2 juin 1923. Madame Edouard DEVAMBEZ 15 mai 1843 – 22 décembre 1930.

Photos


Date de la dernière mise à jour : 17 janvier 2022