D’ARSAC Auguste CAUVIN dit (1856-1937)
France

Auguste (Gio Balta) Cauvin d’Arsac, dit d’Arsac, voit le jour à Contes-Selos (Alpes-Maritimes, alors Comté de Nice, en Savoie), le 4 mars 1856. Fils d’un paysan, il ne peut terminer ses études primaires et descend à Nice pour trouver un emploi. Il devient commis dans une boutique de nouveautés où il vend du calicot.

Autodidacte, le 5 décembre 1880, il fonde un journal, Le Fantasio. Le Phare du Littoral (quotidien niçois) annonce sa naissance comme suit :

« un nouveau journal satirique dans lequel la prose alternera avec les vers. Le Fantasio, qui sera hebdomadaire se pique, nous dit-on, d’indépendance, et sa satire s’exercera envers et contre tous. »

Auguste Cauvin menace de distribuer, aux personnalités présentes lors des funérailles de Gambetta à Nice, son journal avec des révélations sur les scandales de la ville. Le journal est alors racheté par le député maire de Nice, Alfred Borriglione, en janvier 1883.

Le 13 mai 1883, avec son frère cadet Flaminius, photographe, il fonde un journal satirique, Le Diable à quatre, où il entend dénoncer les malversations niçoises. Le 11 janvier 1884, il est condamné par la cour d’Assises des Alpes-Maritimes à 6 mois de prison et 1000 francs d’amende pour diffamation envers le tribunal de commerce. Réfugié à San Remo, il y rencontre Antoinette Durand (la future citoyenne Sorgue) qu’il épouse le 16 février 1885 à Nice.

Le 1er août 1885 il fonde le Réveil de Nice. Le 16 janvier 1886, le tribunal correctionnel de Nice le condamne à cinq ans de prison pour chantage envers le consul d’Autriche–Hongrie à Nice, Melchior Gurowski, et 3000 francs d’amende. Avant le jugement, il quitte la France avec son épouse et l’anarchiste belge Jules Moineau pour le Brésil. Là, il tente de fonder une communauté de type fouriériste. Mais il doit rentrer en France au bout de quelques mois.

En pleine crise boulangiste il fit reparaître Le Diable à quatre. Repéré par la police, sous le coup de son ancienne condamnation, il quitte la France pour Bruxelles. Après un premier article retentissant, s’étalant à la une du n° 388 du Soir du 8 décembre 1888 sous le titre « Le coup d’état du général Boulanger », Emile Rossel, propriétaire du journal, l’engage comme rédacteur. Très vite, il devient le rédacteur en chef inamovible du quotidien durant un demi-siècle.

Il signe ses articles sous les pseudonymes D’Arsac ou Piccolo. Il tire le surnom D’Arsac du domaine où résidaient les parents d’Antoinette à Sainte-Radegonde dans l’Aveyron. D’Arsac est l’ami de Maurice Maeterlinck, du sculpteur Victor Rousseau et d’Eugène Baie. En 1899, il réclame, dans son journal, le droit de vote des femmes. Lors de la Première guerre mondiale, il doit quitter la Belgique parce qu’il figure sur la liste noire des Allemands. Réfugié en Italie, il collabore au Popolo d’Italia de Mussolini. Puis il combat celui-ci quand il abandonne le socialisme pour le fascisme.

De 1917 à 1918, il collabore à La Victoire, de Gustave Hervé. Revenu à Bruxelles après-guerre, il reprend la rédaction du Soir. Il y dénonce le fascisme d’Hitler et le rexisme de Degrelle. Il meurt de pneumonie le 28 mai 1937, au 12 rue Boileau, Paris 16ème, où il est transporté après une syncope dans le train qui le ramène de Nice à Bruxelles.

Sources : https://maitron.fr/spip.php?article78721. Date de création : 2021-09-21.

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Date de la dernière mise à jour : 27 septembre 2021