(Marie) Léonie Chaptal de Chanteloup voit le jour le 6 janvier 1873, à Cosne-d’Allier (Allier). C’est l’arrière-petite fille de Jean-Antoine Chaptal, ministre de l’Intérieur de Napoléon Bonaparte et scientifique, et la petite-fille de Jean-Baptiste Marie Chaptal de Chanteloup, industriel. Son père est l’homme politique Victor René Chaptal de Chanteloup (1821-1901). Sa mère est la fille d’un banquier russe, Léon Raffalovitch.
En 1899, elle obtient le diplôme Croix-Rouge de la Société de secours aux blessés militaires (SSBM), qui lui donne une teinture de formation infirmière. Elle poursuit ensuite une double formation, celle d’institutrice et celle d’infirmière. Elle publie un article acerbe dans la Revue des deux Mondes, le 15 janvier 1904, où elle fait le récit de cette expérience.
De 1902 à 1904, elle enseigne dans un établissement libre de jeunes filles : le cours Valton, à Paris (6ème). En juin 1904, elle visite quelques hôpitaux à Londres pour y étudier l’organisation des soins.
À Paris, elle seconde son frère, l’abbé Emmanuel Chaptal (1861-1943), qui deviendra évêque, dans la fondation de nombreuses œuvres sociales et dans la transformation de la paroisse Notre-Dame-du-Travail en laboratoire pour le catholicisme social. Pour fonder ses œuvres, elle fait appel à des philanthropes mais aussi elle puise dans sa fortune personnelle.
Elle crée, avec le docteur Gabriel Paul Ancelet, l’Assistance maternelle et infantile de Plaisance, en 1901. La même année, elle fonde l’Œuvre des logements insalubres de Plaisance. Celle-ci procure à des familles nombreuses des logements, à loyer modeste. En 1901 encore, elle initie l’Œuvre des tuberculeux adultes, au 64, rue Vercingétorix, reconnue d’utilité publique dès 1903.
Quelques années plus tard, elle ouvre le préventorium de la Tourelle, à Ballainvilliers (Essonne).
En 1905, elle prend en charge la direction d’une école d’infirmières, qu’elle ouvre rue Vercingétorix, à Paris. Elle se rend à Copenhague, en 1910, au Congrès d’assistance publique et privée, où elle prononce une conférence sur l’enseignement infirmier en France.
En 1910, à Paris, au congrès de l’Alliance d’hygiène sociale, elle présente l’Œuvre des tuberculeux adultes. En 1913, elle siège au Conseil supérieur de l’Assistance publique. Puis elle ouvre un sanatorium à Verneuil-sur-Avre (Eure) pour accueillir des malades de l’Œuvre des tuberculeux adultes.
En janvier 1921, elle présente un rapport au Conseil supérieur de l’Assistance publique sur la nécessité de réglementer la profession d’infirmière en France. Le 27 juin 1922, un décret organise cette profession. Il institue un brevet de capacité professionnelle pour les infirmières diplômées de l’état français. À partir de 1925, elle est déléguée adjointe, nommée par le gouvernement français, au Comité de protection de l’enfance de la Société des Nations.
En juin 1924, elle crée une association professionnelle pour regrouper les infirmières titulaires des diplômes officiels : l’ANIDEF, dont elle assure la présidence. En 1927, elle ouvre une école pratique de service social. Puis, en janvier 1929, elle dirige la revue L’Infirmière française.
Le congrès international des infirmières, organisé par le Conseil international des Infirmières (ICN), à Montréal (Canada), en 1929, l’élit présidente. Dès lors, elle siège dans les conseils où s’élabore la politique française de santé publique.
Elle meurt le 27 mars 1937, à Paris. Elle repose avec son arrière-grand-père, Jean Antoine Chaptal, comte de Chanteloup (1756-1832), inventeur de la « chaptalisation » et ministre de l’intérieur de Napoléon Bonaparte.
Distinctions : chevalier (8 septembre 1920), officier (27 juillet 1933) de la Légion d’honneur.
Hommage : Sa fondation porte encore son nom.
Sources : Archives de la Légion d’honneur ; Wikipedia. Date de création : 2026-02-20.
