CHAMPION Edme dit Le petit manteau bleu (1764-1852)
France

Portrait par Charles de Steuben 1831 (Musée Carnavalet, Paris)
Un bijoutier philanthrope

Edme Champion voit le jour le 13 décembre 1764 à Châtel-Censoir (Yonne). Il est longtemps une énigme pour ses contemporains. Figure de légende, Il faut attendre l’année 1848, pour avoir une idée un peu plus précise sur ce personnage hors normes, sorte d’abbé Pierre laïque, dispensateur de bienfaits. Fils d’un humble flotteur de bois sur l’Yonne, le jeune Edme se retrouve orphelin à l’âge de sept ans. C’est sur un train de bois qu’il s’embarque clandestinement pour Paris. Démuni de tout, il est recueilli par une vieille dame, logeant rue Tiquetonne dans le 2ème arrondissement de Paris. C’est grâce à la solidarité de ses voisins les plus proches, qu’il put aller à l’école. Là, il se fait remarquer par une intelligence vive et surtout, à son bon cœur naturel.

Sorti de l’école, il devient apprenti bijoutier. Sa dextérité et son habileté le font devenir le meilleur ouvrier de son maître d’apprentissage. A l’avènement de la révolution, il succède le plus naturellement à son patron et maître. Avec la prospérité retrouvée après les affres de la Terreur et de la révolution, il fait d’excellentes affaires pendant le Directoire, le Consulat et l’Empire. Edme Champion, alors bijoutier renommé, tient commerce au Palais-royal. C’est là qu’il se monte une fortune très importante : à l’âge de cinquante-trois ans, il est millionnaire.

En 1817, il se retire, vends son fond et marie fort bien ses deux enfants. C’est à cette époque qu’il devient une figure de légende: L’homme au petit manteau bleu. Il vit très modestement dans un petit logement de la rue de Valois, au troisième étage. Il ne fait qu’un repas par jour. Le matin, il est debout dès l’aube et pars à la recherche de la pauvreté. Il ne se préoccupe pas de connaître les idées politiques ou philosophiques de ceux qu’il assiste. Il aide ceux qui recherchent un travail, et même, selon un écrit de cette époque « retire le verre de la main des ivrognes ».

Il vient en aide aux repentants, demande leurs grâce auprès du souverain, visite les prisons et les hôpitaux. Il va même jusqu’à suivre le corbillard des oubliés jusqu’à la fosse commune. Il aide les orphelins et les veuves. En 1848, un appel aux citoyens de Paris enjoint aux électeurs de voter pour E. Champion, bien qu’il ne soit pas candidat. Il recueille 40. 000 voix, mais, ce n’est pas suffisant pour accéder à la députation.

Après une vie bien remplie, à l’âge de quatre-vingt-huit ans, il s’éteint le 2 juillet 1852. Il repose avec son épouse, née Marie Jobbe, décédée dix années avant lui. Sa mission et son sacerdoce laïc ont frappés les esprits au point que pendant plusieurs décennies après sa disparition, la locution de « Petit Manteau Bleu », passe dans le langage populaire pour désigner un bienfaiteur altruiste et désintéressé.

Distinctions : chevalier de la Légion d’honneur (1 mai 1831).

Sources : Base Léonore (Légion d’honneur). Date de création : 2007-12-07.

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Date de la dernière mise à jour : 10 février 2021