BERTHET, Sonia BORENSTEIN, Mme GEIGER, dite Suzanne (1903-1990)
Pologne

Suzanne Berthet, née Sonia (Sarah) Borenstein, voit le jour en 1903 à Varsovie (Pologne, alors en Russie), dans une famille de la haute bourgeoisie juive polonaise. Elle mène une existence protégée. Très jeune, elle révèle ses dispositions pour la peinture. Elle suit les cours de l’Ecole des Beaux-Arts de Varsovie. Ses œuvres d’alors semblent sereines. Puis viennent les années de cendres et la fuite de cette Pologne qui la rejette.

Elle vient à Paris en 1925 pour étudier la peinture. Elle y prend le pseudonyme de Suzanne Berthet. Commence alors pour l’artiste une vie d’exilée. D’abord réfugiée au Maroc, puis à Toulouse, elle se fixe définitivement à Paris. Elle travaille principalement en compagnie de Chagall, Soutine, Kats. Durant la Seconde Guerre mondiale, elle entre dans la clandestinité et est active au sein de la résistance dans le Midi de la France.

En 1947, elle s’installe au Maroc où elle épouse un pharmacien, puis après son divorce douze ans plus tard, elle se remarie avec le photographe et sculpteur Jules Geiger. Suzanne Berthet expose ses œuvres à Paris, Casablanca, Tel Aviv, Haïfa et Jérusalem. Elle est récompensée d’un premier prix lors d’une exposition organisée par le Centre Rachi en 1954 à Paris. Certaines de ses toiles sont révélatrices de ces espaces temps partagés avec ses camarades d’exil. D’autres témoignent de ses enracinements provisoires, du Maroc à Paris, d’Israël à Toulouse, où elle crée et expose.

Lumineuse et forte, son œuvre, qui compte près de 300 huiles, gouaches et dessins, révèle les lignes de fractures de la vie de cette artiste discrète. Elle laisse peu de traces de sa propre vie, ni photos, ni écrits. Elle décède à Paris en 1990, oubliée de tous. Peu de temps après, Benoît Giraud, docteur en Histoire de l’Art lyonnais, expert international auprès de l’ONU, croise la route de son neveu, qui vit dans la banlieue lyonnaise.

Héritier de la collection de sa tante, lui-même arrivé au terme de sa vie, il cherche celui qui pourra, en achetant ses toiles, redonner force et vie à Sonia Borenstein, sa tante, morte sous le nom d’emprunt de Suzanne Berthet. Commence alors sa redécouverte.

Sources : Darmon (Adrian) Autour de l’art juif : encyclopédie universelle des peintres, sculpteurs et photographes, Carnot, 2003, 448 p. Date de création : 2010-02-07.

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Date de la dernière mise à jour : 27 août 2021