BAUDRAND Henri François Etienne Marie (1774-1848)
France

portrait par Ary Scheffer, 1832 - Musée des Beaux-Arts, Besançon (Doubs)

Henri François Étienne Marie Baudrand voit le jour le 21 août 1774 à Besançon (Doubs). C’est le fils d’un avocat au parlement de Besançon. Il entre comme soldat dans le 12e bataillon du Doubs. Il sert à l’armée du Haut-Rhin depuis le mois d’août 1793 jusqu’au 22 ventôse an II.

Admis à l’école de Metz, il est lieutenant à sa sortie de l’école, le 1er germinal an III. On l’envoie alors à Valenciennes. Nommé capitaine le 1er thermidor suivant, il passe chef du service du génie dans la place de Condé, le 1er nivôse an IV.

Il est employé à l’état-major général de l’armée de Naples, le 1er vendémiaire an VII. Du 26 floréal au 15 thermidor, il reste dans Gaète. Transporté en France après capitulation de la place, il sert à Toulon pendant l’hiver de l’an VII. Puis il passe à l’armée d’Italie le 16 ventôse de cette année.

Blessé de deux coups de feu le 3 prairial à la défense de la tête du pont du Var, il marche avec le corps du général Suchet lors de l’occupation de Gênes. Il se trouve au blocus de Savone du 1er thermidor an XIII au 26 frimaire an XIV. Il doit construire des retranchements jusqu’à Lecco et de la tête de pont et du camp retranché de Brivio.

Baudrand assiste au siège de Peschiera. Il a le service de cette place, après sa reddition, le 1er frimaire an X. Chargé, en vendémiaire an XI, d’une reconnaissance militaire de la place de Plaisance et des têtes de pont du Pô, il s’acquitte avec succès de cette mission. Au mois de nivôse suivant, il passe à la direction de Besançon.

Il est nommé chef du génie à Schlestadt le 20 floréal. Désigné pour faire partie de la Grande Armée, et employé à l’état-major du prince Murat, commandant en chef la réserve de cavalerie, il fait en cette qualité la campagne de l’an XIV, et prend part aux combats de Wertingen et de Langenes. Le 17 janvier 1806, il retourne à l’armée de Naples. Au siège de Gaète, depuis le 15 avril jusqu’au 18 juillet, jour de la reddition de cette place ; on lui confie plusieurs opérations importantes.

Baudrand passe chef de bataillon, le 5 septembre 1806. Le 15 juillet 1807, il part avec le corps d’armée destinée à l’occupation des îles Ioniennes. Embarqué à Tarente quelques jours après en qualité de commandant du génie de ce corps, il remplit les fonctions de directeur des fortifications à Corfou depuis le 15 octobre 1808 jusqu’au mois de juin 1813.

Il doit reconnaître, créer et entretenir les moyens de défense, spécialement à Sainte-Maure, à Paxo, à Parga et sur le continent. Mais il ne peut se rendre dans ces différents postes qu’en passant, la nuit, sous le canon de l’ennemi.

Lors du siège de la citadelle de Sainte-Maure par les Britanniques, il se rend d’après les ordres du gouverneur général des îles Ioniennes près du pacha de Janina, et de là, déguisé en Turc et sous l’escorte de quatre cavaliers de cette nation, dans la citadelle de Sainte-Maure.

Baudrand traverse à la nage, sous le feu des canonnières des assiégeants, le bras de mer qui sépare l’île de Leucade de l’ancienne Arcananie. Il entre dans la place assiégée, y remplit sa mission, et retourne par le même chemin à Corfou. Il passe major le 8 décembre 1810 puis colonel le 31 mars 1812. Les Britanniques le font prisonnier, le 11 juin 1813, à son retour de Parga.

Conduit en Sicile, puis à Malte, il est renvoyé sur parole par le général Maitland le 8 juin 1814. À son retour de l’île d’Elbe, l’Empereur, par décision du 5 avril 1815, l’attache au 3e corps d’observation de l’armée du Nord. Il lui confie ensuite les fonctions de chef de l’état-major général du génie. Il assiste à la bataille du mont Saint-Jean, suit l’armée sur la Loire et ne s’en sépare qu’après le licenciement.

Chargé le 16 décembre de la même année d’une mission relative au cantonnement des troupes britanniques, il reçoit l’ordre, le 26 mars 1816, d’établir sa résidence au quartier général du duc de Wellington, où il reste jusqu’à l’époque de l’évacuation du territoire français par les armées étrangères.

Il exerce ensuite les fonctions de directeur des fortifications de la place de Cambrai jusqu’au 29 avril 1821, époque de sa nomination au grade de maréchal-de-camp.

En 1822, il accompagne le ministre de la marine dans l’inspection des ports de l’Océan. Le 30 novembre suivant, le gouvernement le charge de l’inspection des places de Cadix et de Barcelone. En janvier 1825, il devient chef de la division du génie au ministère de la guerre. En décembre, il inspecte le service du génie à Cayenne, à la Martinique et à la Guadeloupe.

Baudrand s’embarque pour la Guyane française, au début 1826 et revient en France, en juin 1827. Il devient aide-de-camp du duc de Chartres, le 24 août 1828. Il accompagne alors ce jeune prince dans un voyage qu’il fait, en 1829, en Angleterre, en Écosse et en Irlande. Lors de la révolution de 1830, le général Baudrand est à Joigny, en garnison avec son régiment de hussards.

Il marche avec lui sur Paris et y arrive le 4 août. La vision de la populace parisienne revenant de Rambouillet avec les carrosses royaux le 4 août le bouleverse. Il y voit avec épouvante « le triomphe de la populace ». Rompant avec ses idées libérales, il devient dès lors un opposant de toute intervention du peuple dans la vie politique. Le 19 du même mois il quitte Paris pour aller notifier à Georges IV du Royaume-Uni l’avènement de Louis-Philippe Ier.

Il est de retour le 30 août et passe lieutenant général en décembre. Il prend part, en septembre 1831, à l’expédition de Belgique, où il accompagne le prince royal. Puis il part pour Londres, en octobre, chargé d’une mission particulière.

Lors du mouvement insurrectionnel qui éclate à Lyon, en novembre 1831, il se rend dans cette ville avec le prince royal. Puis il le suit dans le Midi de la France, en mai et juin 1832. Il assiste comme aide-de-camp du duc d’Orléans au siège et à la prise d’Anvers, et accompagne le prince dans un voyage qu’il fait à Londres, en 1833.

Baudrand est admis à la 2e section (réserve) du cadre de l’état-major, conformément aux dispositions de la loi du 4 août 1839. Il est nommé en 1837 gouverneur du comte de Paris. Henri François Etienne Marie Baudrand décède le 7 septembre 1848, à Paris.

Titres : pair de France (11 octobre 1832).

Distinctions : légionnaire (25 prairial an XII), officier de la Légion d’honneur (29 juillet 1814), commandeur (23 mai 1825), grand-officier (18 octobre 1829), grand-croix de la Légion d’honneur (30 mai 1837) ; chevalier (5 octobre 1814), commandeur de Saint Louis (29 octobre 1826) ; chevalier de Saint Henri (Saxe, 5 décembre 1818) ; chevalier hanovrien des Guelfes (18 décembre 1818) ; commandeur de Léopold de Belgique (décembre 1832).

Sources : Base Léonore (Légion d’honneur) ; Wikipedia. Date de création : 2008-12-25.

Monument

Inscriptions :

Gabriel MARIHOU officier supérieur aide de camp du maréchal JOURDAN décédé le 12 janvier 1832.
Stéphanie Marie fille du Lt général BAUDRAND et de dame Sophie son épouse morte le 28 avril 1834 à l’âge de 19 mois.
Henri François Etienne Marie BAUDRAND Lieutenant-général pair de France gouverneur de S.A.R. le comte de Paris né à Besançon décédé à Paris le 7 septembre 1848.

A la mémoire chérie de Françoise Louise Sophie MARIN femme de Ary SCHEFFER fille unique de la Bne de CHARLUS de LABORDE décédée à Paris le 1er juillet 1836 inhumée à Versailles dans le caveau de la famille de CHARLUS de LABORDE mariée en 1ere noces au général comte BAUDRAND.
Charlotte de LAUZUN Vve de Gabriel MARIHOU décédée le 2 février 1862 à l’âge de 34 ans.

Photos


Date de la dernière mise à jour : 22 avril 2024