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Marine - Aventures en mer - Marins

PEINEN Paul Eugène (1878-1897)

92eme division (2e ligne, G, 22)
jeudi 7 avril 2016.
 

Victime des pirates

Paul-Eugène Peinen voit le jour en 1878

Décédé en 1897.

Marin français

Prisonnier et victime des pirates riffains (Maroc)

Concession à perpétuité offerte par le conseil municipal.

Colonne en marbre blanc au fût brisé et ornée d’un médaillon représentant Paul Peinen de profil coiffé de son béret de marin.

Le soubassement en pierre de Vosges représente un rocher et est décoré des attributs de la marine : une ancre et une bouée et le Fiducia Saltado, la goélette italienne capturé par les pirates alors qu’elle revenait d’Amérique.

Inscriptions : colonne : A Paul Peinen 29 octobre 1897

soubassement : A notre cher fils décédé dans sa dix-neuvième année à Bocaya (Maroc) prisonnier et victime des pirates Riffains

Revue de presse :

29 octobre 1897.

Paul Peinen, jeune marin de dix-neuf ans, est décédé à Bocaya (Maroc) des suites d’une fièvre contractée pendant sa captivité chez les pirates du Riff.

« C’est chose heureuse quand les négociations entamées pour la délivrance des captifs aboutissent à temps. En 1897, un jeune marin français, Paul Peinen, se trouvait en qualité de novice à bord d’un navire italien qui, revenant, d’Amérique, fut pris par les pirates du Riff, sur la côte marocaine. Ces écumeurs de mer décidèrent de ne rendre les prisonniers que contre une forte rançon.

Un camp espagnol était situé à dix kilomètres environ du lieu où le jeune Français et ses compagnons étaient gardés par les pirates. Par l’intermédiaire du commissaire de ce camp, M. Miguel Muro, Paul Peinen put faire prévenir ses parents. Sa mère se rendit aussitôt auprès du Ministre des Affaires étrangères, qui lui annonça que des démarches allaient être commencées pour obtenir la mise en liberté de son fils.

Dans sa lettre, Paul Peinen racontait les souffrances que les pirates lui faisaient endurer. Emprisonné dans une geôle creusée dans le rocher, il ne recevait presque point de nourriture. On le forçait à se tenir constamment debout, même pour dormir.

La France envoya un vaisseau de guerre sur la côte du Maroc. Déjà, l’Italie, l’Espagne et le Portugal y avaient dirigé des navires. Mais, le 30 octobre, une dépêche venue du camp espagnol d’Alhucemas portait la nouvelle suivante : « Un Français, prisonnier des pirates du Riff, vient de mourir. » C’était Paul Peinen. Les négociations pour sa mise en liberté avaient trop duré. Il avait succombé aux privations, aux mauvais traitements. Ce n’est qu’entre les planches d’un cercueil qu’il revint dans sa patrie. »

( Le Petit Parisien, édition du 27/10/1899)

« On se rappelle ces aventures d’un autre âge : le pillage par les pirates du Riff de la barque italienne Fiducia-Saltado, la capture de plusieurs matelots et parmi eux un pauvre mousse de dix-neuf-ans, Paul Peinen, sa mort à la suite des tortures éprouvées. Le corps du petit Français, ramené dans son pays par les soins de l’Etat, a été inhumé au cimetière du Père-Lachaise, et hier, jour anniversaire de sa naissance, un monument élevé par la piété de sa famille a été inauguré sur sa tombe, en présence de M. Decrais, représentant le ministre des affaires étrangères.

Le monument, érigé dans la 92ème division, non loin du four crématoire, est à la fois simple et de bon goût. Dû au ciseau du sculpteur Eugène Faivre, il se compose d’une colonne brisée en marbre blanc, sur laquelle, est placé un médaillon représentant le profil du jeune matelot, coiffé de son béret professionnel. Le soubassement, en pierre, représente un rocher sur lequel vient se briser la proue d’un vaisseau portant l’inscription Fiducia-Saltado. Çà et là, sont disposés des attributs maritimes entourant l’inscription : « A notre cher fils, décédé dans sa dix-neuvième année, à Bocaya (Maroc), prisonnier et victime des pirates riffains. »

(Le Petit journal, édition du 14/03/1898)

Sources : (1897-11-08). "Mort d’un otage". Le Stéphanois

(1898-03-12). La Presse:3.

Gallica - (1898-03-13). "Le monument de Paul Peinen". La Presse

Jules Moiroux (1908) Le cimetière du Père-Lachaise, p. 272

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