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Révolution - Empire - Restauration

LA ROCHEFOUCAULD Alexandre François, duc d’Estissac ( 1767-1841)

14eme division (2e ligne, N, 26)
dimanche 18 novembre 2007.
 

Homme politique, diplomate et militaire

Alexandre-François, 1er comte de La Rochefoucauld voit le jour à Paris dans la paroisse de l’église Saint-Sulpice, le 26 août 1767

Décédé dans l’ancien 10e arrondissement de Paris, le 2 mars 1841.

Militaire, diplomate et homme politique français.

Alexandre François de La Rochefoucauld était le fils cadet du duc de Liancourt et de Félicité-Sophie de Lannion, et le frère de François XIII, duc de La Rochefoucauld.

Alexandre François de La Rochefoucauld embrassa d’abord la carrière des armes et suivit, comme officier d’état-major à l’armée du Nord, le général La Fayette lors de la campagne de 1792. Les frontières françaises étaient alors menacées par les armées combinées de la Russie et de l’Autriche. Après la chute de la monarchie, il quitta l’armée.

Cette manifestation et les tentatives qu’il fit, de concert avec sa famille, pour sauver le roi et la reine, appelèrent sur lui l’attention du nouveau gouvernement : mis hors la loi, il fut obligé de chercher son salut dans la fuite. Il ne revint en France que sous le Consulat , « tiré de sa retraite » par le coup d’État du 18 brumaire.

Il avait épousé, en 1788, la fille du comte de Chastulé, officier aux Gardes-Françaises, riche propriétaire à Saint-Domingue, et parent de Joséphine de Beauharnais, épouse du général Bonaparte. Ces liens de parenté amenèrent des « relations naturelles » entre le premier Consul et lui.

Premier Empire

Napoléon Ier, qui désirait se l’attacher, donna pour dame d’honneur à l’Impératrice des Français, Mme de La Rochefoucauld, et maria sa fille au prince Aldobrandini, frère du prince Borghèse.

Placé à la tête de l’administration de Seine-et-Marne, lors de la création des préfectures, le comte de La Rochefoucauld devint, en l’an IX (16 octobre 18012), ambassadeur (ou chargé d’affaires ou ministre plénipotentiaire selon les sources) auprès de la cour de Saxe. Les ratifications du traité de Lunéville n’avaient pas encore été échangées : sa mission était d’amener l’électeur à des dispositions plus favorables à la France, il y parvint.

Le 9 vendémiaire an XII, il fut nommé membre de la Légion d’honneur, et en fut nommé commandant le 25 prairial de la même année.

Ambassade à Vienne La rupture du traité d’Amiens devait exercer une grande influence sur les affaires d’Allemagne.

La Rochefoucauld « montrant de l’habileté » dans ces diverses missions diplomatiques, « ses talents diplomatiques le firent juger, dans ces circonstances difficiles, digne d’un plus grand théâtre », et Napoléon l’envoya ambassadeur à Vienne (1er janvier 1805) en remplacement de Champagny. Il arriva dans cette ville le 6 janvier 1805.

L’érection du royaume d’Italie (1805), la réunion de la république de Gênes à l’Empire français, amenèrent bientôt, de la part de l’Autriche, des demandes formelles d’explication qui ne tardèrent pas à devenir des préludes de guerre. Le comte de La Rochefoucauld éclaira l’Empereur sur les sourdes menées du cabinet de Vienne, sur les armements considérables qui se faisaient dans les États héréditaires des Habsbourg, et l’instruisit du traité secret conclu entre l’Autriche, la Russie et l’Angleterre. Ayant reçu ordre de demander ses passeports, il quitta Vienne le 10 octobre 1805.

Il y fut accrédité de nouveau le 16 janvier 1806, après la signature du traité de Presbourg. Alors, le protectorat de la confédération du Rhin, dont Napoléon venait d’être investi, forçait François II du Saint-Empire de renoncer au titre d’empereur germanique. L’ambassadeur français sut, « avec une rare habileté », atténuer l’impression que produisit à la cour de Vienne cette modification importante introduite dans le système politique de l’Europe, impression que devait rendre plus irritante encore l’invasion du royaume de Naples, l’érection du grand-duché de Berg et l’envahissement du Hanovre.

En 1806, il quitta l’ambassade de Vienne pour se rendre à Berlin, où Napoléon se trouvait alors. Il prit une part active aux négociations qui donnèrent à la Saxe une existence politique d’un ordre plus élevé (l’électorat de Saxe devenait le royaume de Saxe), et assurèrent ainsi son adhésion au système français.

Le 11 février 1808, il fut nommé à l’ambassadeur de Hollande : « il remplit, avec adresse et bonheur, cette nouvelle mission rendue si difficile par les dispositions secrètes » du roi Louis-Napoléon, dont le zèle pour les intérêts du pays qu’il gouvernait lui faisait péniblement supporter l’autorité de l’Empereur, son frère, et le contrôle incessant auquel ses mesures étaient soumises.

En 1809, les Anglais débarquèrent en Zélande. L’ambassadeur français déploya, dans cette circonstance critique, une activité remarquable, et on lui dut, en grande partie, la promptitude avec laquelle furent réunis les moyens qui préservèrent Anvers et ses chantiers d’une ruine presque certaine ; il fut puissamment secondé par les Hollandais, dont « la loyauté et l’affabilité de son caractère avait captivé l’estime et l’affection ».

Le roi de Prusse, connaissant toute son influence sur l’esprit des Hollandais, chargea le comte de La Rochefoucauld d’appuyer de son crédit un emprunt qu’il voulait faire en Hollande ; cet emprunt fut rempli, et, en reconnaissance de ce service, le monarque lui envoya le cordon de l’ordre de l’Aigle noir, que Napoléon lui permit de le porter.

En 1810, l’Empereur avait pris la résolution de réunir le royaume de Hollande à l’Empire, si son frère se refusait à adhérer rigoureusement au blocus continental. De La Rochefoucauld usa, dans cette circonstance délicate, « de toutes les ressources d’un esprit adroit » ; mais l’irritation des esprits était telle, à Amsterdam surtout, qu’il y courut des dangers personnels. Napoléon le rendit, en quelque sorte responsable de l’abdication de son frère, et il dut porter le poids de son mécontentement. Aussi, rappelé à Paris à la fin de mai 1810, il manifesta le désir de ne plus être chargé de nouvelles missions ; et il se livra dès ce moment aux loisirs et aux charmes de la vie privée.

« À l’exemple de son vertueux père, il devint la Providence des malheureux ; il leur assura les secours qui soulagent la misère, et le travail qui la prévient. 150 ouvriers se réunirent dans une filature fondée par lui dans son domaine de Crèvecœur. »

Carrière parlementaire

Bien qu’il eut « semblé renoncer à la politique », il accepta toutefois, pendant les Cent-Jours (2 juin 1815) le titre de membre de la Chambre des pairs : il perdit cette dignité à la seconde Restauration.

Le comte de La Rochefoucauld se rangea avec empressement sous le drapeau de 1830, et, partisan de la monarchie de Louis-Philippe Ier, il la défendit à la Chambre des députés jusqu’aux élections du 5 juillet 1831, où il échoua, puis à la Chambre des pairs, où l’appela une ordonnance royale du 19 novembre suivant. Le roi des Français le fit grand officier de la Légion d’honneur le 28 avril 1835.

Le comte Alexandre de La Rochefoucauld mourut à Paris le 2 mars 1841, « emportant avec lui l’estime et les regrets de ses concitoyens5 ». Inhumé au cimetière du Père-Lachaise6 (14e division, 2e ligne, no 26), son éloge funèbre fut prononcé au palais du Luxembourg par son collègue, le marquis de Pange.

Dans la sépulture de Alexandre François comte de La Rochefoucauld (1765-1841) reposent, outre son épouse Adélaïde de Chastulé, (1769-1814).

Jules Alexandre de La Rochefoucauld, duc d’Estissac (1796-1856), Aide de camp du duc d’Orléans et Pair de France.

Sources : « Alexandre de La Rochefoucauld », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850, 1852. Et divers.

(Mise à jour APPL 2019)