Emmanuel Chaptal voit le jour le 25 décembre 1861, à Paris (9ème). C’est l’arrière-petit-fils du chimiste et homme politique Jean-Antoine Chaptal (1756-1832), comte de Chanteloup, inventeur de la « chaptalisation », et le petit-fils de l’industriel Jean-Baptiste Marie Chaptal de Chanteloup. Son père Victor René Chaptal de Chanteloup (1821-1901) est un homme politique. Sa mère Nadine Raffalovitch (1835-1911) est la fille du riche banquier russe Léon Anisimovic Raffalovitch et de Rosette Löwensohn, réfugiés en France pour fuir les pogroms. C’est aussi le frère de Léonie Chaptal, infirmière, pionnière de la lutte contre la tuberculose.
Éduqué à domicile par des précepteurs, il grandit dans un environnement intellectuel brillant avec des lettrés, des savants, des médecins et des hommes d’église. Ses études terminées, il devient attaché puis secrétaire d’ambassade. C’est lors de ses missions diplomatiques en Russie qu’il apprend le russe.
Lors des élections législatives de 1893, il tente, en Lozère, une candidature sous l’étiquette de « républicain modéré ».
Puis il entre au séminaire d’Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), en 1893. Le 17 décembre 1897, il est ordonné prêtre pour l’archidiocèse de Paris. Il demande alors à servir dans l’église la plus déshéritée du diocèse. C’est ainsi qu’il est vicaire puis curé de l’église Notre-Dame-du-Travail, fréquentée par de nombreux ouvriers et étrangers à Paris.
Avec sa sœur, Léonie Chaptal, il fonde de nombreuses œuvres sociales et transforme la paroisse Notre-Dame-du-Travail en laboratoire pour le catholicisme social. Il rejoint parallèlement les « Œuvres du Rosaire », une communauté de prêtres servant les chiffonniers de Paris.
En 1918, il cofonde avec Jean Viollet l’« Association du Mariage chrétien », dont il devient président. Celle-ci a pour objectif de « relever » l’institution familiale et la natalité.
Puis il passe à la direction de la mission diocésaine des étrangers pour faciliter leur intégration. Puis le 20 février 1922, le pape Pie XI le nomme évêque titulaire d’Isinda (Turquie) et évêque auxiliaire de Paris.
Il prend alors en charge les prêtres étrangers et les églises et missions étrangères. Il doit aussi convertir les immigrés non-catholiques, en particulier les orthodoxes. Rapidement, il crée neuf missions dont une russe, une arménienne, une ukrainienne et une syrienne qui entraînent la conversion au catholicisme de tous les orthodoxes immigrés. Il dirige également la mission polonaise de France qui s’étend sur trente départements et a une cinquantaine de prêtres.
Il crée également la revue nationale L’Étranger catholique en France qui propose des solutions aux problèmes liés à l’immigration. Proche de Raymond Poincaré, celui-ci le soutient et finance plusieurs de ces missions, pour, notamment, favoriser l’intégration.
En 1930, sous son influence, le cardinal Louis-Joseph Maurin, archevêque de Lyon, met l’église Saint-Pierre-des-Terreaux à disposition des étrangers.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, il se trouve à la tête du Comité d’accueil aux Autrichiens qui vient en aide aux réfugiés juifs. En solidarité avec les juifs persécutés, il porte l’étoile jaune.
Il meurt le 27 mai 1943, à Paris (7ème). Il repose avec sa sœur, Léonie Chaptal de Chanteloup (1873-1937), philanthrope et infirmière, et avec avec son arrière-grand-père, Jean Antoine Chaptal, comte de Chanteloup (1756-1832), inventeur de la « chaptalisation » et ministre de l’intérieur de Napoléon Bonaparte.
Distinctions : chevalier (29 mars 1935) de la Légion d’honneur.
Sources : Archives de la Légion d’honneur ; Wikipedia. Date de création : 2026-03-07.
