Françoise Thérèse Cornélie de Brambilla voit le jour en 1767, à Ypres (Belgique).
Elle épouse Philippe Lebon (d’Humbersin) (1757-1804), en février 1792, à Angoulême (Charente). Ils auront deux fils, Henri Hippolyte (1793-1847) et Charles (1802-1808).
Son mari, ingénieur des Ponts et Chaussées, mais surtout esprit curieux, met au point le gaz d’éclairage, pour lequel il dépose un brevet en 1799,
Curieuse elle aussi, elle met sa dot entière au profit des expériences de son mari. En 1801, à Paris, elle est à ses côtés quand ils font la démonstration des nouvelles possibilités d’usage du gaz à l’hôtel de Seignelay qu’ils ont loué pour cela, illuminant les salons et les jardins.
On extrait d’abord le gaz du bois par pyrolyse. Puis on le stocke sous une cloche immergée dans un bain liquide, « sorte de machine, sans aucun frottement de piston contre des parois solides qui en diminuent l’effet ». C’est, en fait, le premier gazomètre. Ensuite, on le distribue, suivant les besoins de consommation de l’hôtel, canalisé vers des becs lumineux, les « thermolampes ».
Pour trouver des fonds et développer l’invention de son époux, elle écrit au ministère de l’intérieur. Les travaux sur le gaz finissent par intéresser le ministre d’autant que le co-produit est du goudron très utile pour imperméabiliser les coques des navires. Il confie à son époux la gestion de la concession de la forêt de Rouvray pour sa matière première.
Les milieux scientifiques commencent à s’intéresser à l’invention du gaz d’éclairage. Mais on retrouve son époux mort, le 1er décembre 1804, dans des circonstances peu claires. Veuve à un jeune âge, elle se charge de ses enfants et est responsable de la gestion des dettes contractées pour les recherches de son mari. Autant chimiste qu’ingénieur, industrielle que directrice d’usine à gaz, elle a un courage à tout épreuve.
Mais elle doit abandonner la gestion de la forêt de Rouvray, ruinée par un associé véreux. Elle propose ensuite au ministère de la marine la construction de thermolampes mais le ministre, l’amiral Denis Decrès refuse son aide.
En 1808, son fils cadet, Charles, décède le 21 février, à Brachay (Haute-Marne), à l’âge de 6 ans. Mais elle ne se décourage pas. Elle obtient l’aide d’hommes de sciences comme Ryss-Poncelet, un savant belge. Puis son fils aîné Henri Hippolyte, polytechnicien, officier qui fait par ailleurs une belle carrière militaire, vient l’épauler.
Elle loue un hôtel particulier à Paris, rue de Bercy. Puis elle y décore les appartements, les jardins et les cours de jeux de lumière. Le 22 janvier 1811, elle reprend les démonstrations de chauffage et d’éclairage présentés aux parisiens dix ans plus tôt, en présence du prince Repnine, en visite à Paris.
Le succès est total. Elle obtient, le 4 septembre 1811, un prix des « arts chimiques » de la Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale. En décembre, le gouvernement ajoute à ce prix une rente viagère de 1200 francs par an. Mais elle en profite peu de temps. En effet, elle meurt le 2 septembre 1812, à l’âge de 45 ans, chez elle, 3 rue neuve des petits champs, à Paris (1er).
Elle s’était associée à des juristes pour lutter contre Frédéric Albert Wintzler, dit Winsor (1762-1830) qui reprend la découverte. Mais celle-ci disparue, Winsor fonde la première compagnie de gaz à Paris, en 1815. Son nom sera très célèbre, avec le déploiement de l’éclairage au gaz en France. Il éclipsera ceux de Philippe et de Cornélie Lebon.
Jacques Fournier, Président du Gaz de France en 1987, écrit dans sa préface au livre de François Veillerette (« Philippe Lebon ou l’homme aux mains de lumière », 1987) :
« Philippe Lebon, presque ignoré de son vivant fut réhabilité par les efforts admirables de sa femme et de son fils ».
AFEGAZ-COPAGAZ soutient sa candidature pour les noms des femmes scientifiques qu’on va inscrire, avec les savants hommes, au premier étage de la tour Eiffel.
Merci à Anne Le Peltier-Marc (Musée historique du Gaz de ville) pour la découverte de cette personne.
Sources : AFEGAZ-COPAGAZ. Date de création : 2026-01-30.
