VAUGON Bernard (1910-2012)
France

Bernard (Modeste Jules) Vaugon voit le jour le 3 mars 1910, à Pré-en-Pail-Saint-Samson (Mayenne).

Fonctionnaire, c’est d‘abord le chef de cabinet adjoint du préfet de police de Paris, en 1941. Puis, sous-préfet de Dax en 1943, dénoncé par le journal Je suis partout, on l’envoie en Dordogne pour le soustraire à la méfiance allemande.

Là, il est secrétaire général de la préfecture de la Dordogne. Ensuite, il passe sous-préfet de Soissons (Aisne), le 8 février 1944. En septembre 1944, il participe à la Libération de Soissons, avec Raymonde Fiolet.

Après la guerre, il est le seul sous-préfet de l’Aisne à conserver son poste, pour aide à la Résistance, et ce jusqu’en 1950. Il travaille alors avec les Américains pour faire face aux dégâts de la guerre. Il dépend du nouveau préfet de l’Aisne (et ancien résistant francilien), Pierre Pène, nommé par De Gaulle, puis de ses successeurs.

Ensuite, il est sous-préfet de Mulhouse, en 1950, puis secrétaire général de la préfecture de Seine-et-Oise, de 1950 à 1954. Il passe préfet de la Nièvre, de 1954 à 1958, puis préfet de la Corse, de 1959 à 1962. En juin 1959, il fait partie de vingt personnalités conviées au vol inaugural en Caravelle de la première ligne internationale à l’Aéroport de Nice – Côte d’Azur. Il apparaît à ce titre dans un reportage diffusé au journal télévisé de l’ORTF.

En 1960, en Corse, à la suite d’une annonce en avril par le gouvernement de projet d’essais nucléaires dans les mines désaffectées de l’Argentella, au sud de Calvi, il réagit aux premières protestations, le 2 mai 1960. Il précise que rien n’est définitivement décidé. On abandonnera le projet le 14 juin 1960, avant même qu’une manifestation annoncée puisse avoir lieu.

Il traite avec modération les réfugiés politiques expédiés en Corse, « prison dorée », pour la durée de la visite du président de l’URSS, Nikita Khrouchtchev, en voyage officiel en France, en 1960. Ce sont des exilés russes de toutes tendances, des trotskistes à l’extrême droite. Il les fait hébergés dans des hôtels de luxe et surveillés par des forces de l’ordre. Mais celles ci n’hésitent pas à jouer aux cartes et aux boules avec eux. Pour autant, ces relégués garderont une appréciation amère de cette entorse à l’hospitalité française.

Devenu préfet du Gard, de 1962 à 1964, il doit faire face à l’affluence des rapatriés d’Algérie qui sont 25 000, le 30 août 1962. Il déclare en septembre que le département est saturé et il assure que les prestations de rapatriement ne pourront plus être versées pour les arrivées après le 31 août.

Il devient ensuite le premier préfet de la région Franche-Comté, de 1964 à 1968. Enfin, il passe préfet de la région Languedoc-Roussillon et préfet de l’Hérault, de 1968 à 1972, son dernier poste. Il doit alors faire face aux graves conflits de la crise viticole.

En novembre 1997, on l’appelle, comme témoin de la défense, au procès de Maurice Papon, pour crimes contre l’humanité. Il témoigne de la gestion et l’organisation de la préfecture de Bordeaux pendant le régime de Vichy. Il répond aussi sur les attributions de Maurice Papon et le service des questions juives. La presse cite souvent et commente son argumentation et ses réponses.

Il met en avant la nécessité d’une prescription, réclame de l’indulgence, et affirme le caractère impensable du génocide pour les fonctionnaires se prêtant aux opérations de rafle. « Les français ne savaient pas que les juifs étaient déportés vers leur mort » déclare-t-il. À l’issue du procès, la cour d’assises de Gironde condamne Maurice Papon.

Il meurt le 11 mai 2012, à Paris.

Sources : Wikipedia. Date de création : 2026-01-30.

Monument

La dalle est ornée de deux photos sur émail de bonne qualité. Il y a une erreur dans la gravure du nom de famille (Vaugon et non Vaugan).

Inscriptions : Famille VAUGAN

Simone VAUGON, née DUMOUCHEL, 1912-2007.
Bernard VAUGON, 1910-2012.

Photos


Date de la dernière mise à jour : 3 février 2026