Jean Marie Nicolas (dit Coco) voit le jour le 10 février 1782, à Rome (Italie). C’est le fils de Jean Nicolas Lucas de Montigny, statuaire, et de Edmée Adélaïde Baiguères. Il a pour parrain Jean-François Vitry, qui est un ami de Honoré de Riqueti de Mirabeau (1749-1791) et pour marraine Marie Rosalie Thierry, femme du docteur Baignières, sa tante maternelle. Il passe la plus grande partie de son enfance dans la maison de Mirabeau, qui l’emmène avec lui en Allemagne où il reçoit les soins dévoués de madame de Nehra. Etienne Dumont, qui le remarque, lorsqu’il a cinq ou six ans, en parle dans les termes suivants (Souvenirs, p. 306) :
« Il était aimé et négligé… Cet enfant, disait Mirabeau par manière d’éloge, a une âme féroce. Je le caressais et j’étais tout surpris que ce petit animal me prît les mains non pour les mordre, mais pour les baiser : il me paraissait doux et facile à conduire avec un peu de soin et d’affection ».
Il reçoit un legs de 24.000 francs dans le testament de Mirabeau. Celui-ci mort, madame du Saillant l’élève avec ses propres enfants. Nicolas Frochot, devenu sous l’Empire préfet de la Seine, s’intéresse à lui en souvenir de l’homme illustre qui a été son ami, et il le fait entrer dans ses bureaux. En 1815, il l’emmène avec lui à Marseille. Là, le jeune homme visite le château de Mirabeau. L’année suivante il l’achète pour une somme modique, puis il le fait restaurer.
Il épouse, le 12 avril 1809, à Rome (Italie), Augustine Louise Roland (1784-1856). C’est la fille du sculpteur Philippe Laurent Roland (1746-1816). Ils auront une fille, Clémentine Lucas de Montigny (1820-1893), future madame Pierre (Marie) Marcel.
Madame du Saillant meurt en 1821. Il est, dès lors, dépositaire par une sorte de fidéicommis, des souvenirs et des papiers de la famille. C’est aussi le dépositaire des papiers de Vitry, qui voua sa vie presque entière à rassembler une masse énorme de documents relatifs à Mirabeau et à tous les siens. Sa collection s’accroit plus tard de la correspondance du marquis et du bailli de Mirabeau en 10 volumes manuscrits in-folio, recueil admirable qu’un hasard lui fait découvrir chez un brocanteur d’Aix, (v. Berluc-Pérussis, Lettres inédites de l’Ami des Hommes). Elle s’accroit encore, en 1846, des Papiers Minto.
En 1834, grâce à cette mine presque inépuisable de documents, il devient le biographe de Mirabeau et publie les Mémoires biographiques. Mais il ne s’en tient pas là : tant qu’il vit, il poursuit ses recherches, rassemblant des documents nouveaux, classant et annotant ceux dont il avait en partie fait usage, en disposant aussi parfois avec une générosité sans égale (v. à titre d’exemple : Tenant de Latour, Mémoires d’un bibliophile, Paris, 1861, p. 159 et 160).
Mais sa carrière administrative se poursuit : il est membre puis président du Conseil de préfecture de la Seine. Il passe conseiller d’état juste avant sa mort, le 24 janvier 1853, à Paris. Il repose avec son beau-père, le sculpteur Philippe Laurent Roland (1746-1816).
Ses papiers et ses livres font l’objet d’une vente publique en 1860. C’est alors que le ministère des Affaires étrangères en acquiert une partie. Mais les joyaux de sa collection restent aux mains de sa fille.
Sources : Mémoires de la comtesse de Mirabeau ; Geneanet. Date de création : 2008-05-26.
