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Théâtre - Danse - Arts de la scène

DUTHE Rosalie Catherine GERARD dite la (1748-1830)

9eme division
vendredi 19 janvier 2007.
 

Chanteuse de l’Opéra

Née en 1748, à Versailles, où son père occupait quelque infime emploi au Palais, Catherine, Rosalie Gérard, au sortir du couvent, avait été confiée à une tante qui semble lui avoir donné de singuliers conseils en lui faisant comprendre quelles sont les ressources que l’on peut tirer de sa beauté. Un archevêque, Monseigneur Dillon, et un prince italien, le prince Altiéri, partagèrent les vues de la tante, avant même que le fermier général Hocquart lui ait facilité son entrée à l’Opéra, à l’âge de 18 ans, échappant ainsi, selon le règlement, à toute puissance paternelle et à toute rigueur policière. Gilbert n’a-t-il pas dit dans une âpre satire :

Echue à l’Opéra par un rapt solennel,

Sa honte la dérobe au pouvoir paternel.

Dans le sillage de la Guimard, marchait la Duthé, de cinq ans plus jeune, mais Catherine, Rosalie Gérard, dite Duthé, fut plus connue par son existence de luxe, d’abandon, d’insouciance que par son talent de ballerine, La Duthé, qui eut la fortune assez rare de passer à la postérité, grâce aux pinceaux de Van Loo, de Lainé, de Janinet, de Périn, de Proudhon, qui eut doublement son buste avec Houdon et Fernex, était entrée comme surnuméraire dans le corps de ballet de l’Opéra en 1767. Amie du banquier perrégaux qu’elle appelait "mon tuteur", et de Mme du Barry, elle connut une vie sentimentale riche en aventures. Elle resta comme le type de la grande courtisane du XVIIIe siècle.

Lorsqu’éclate la Révolution, elle se trouve à Londres en Angleterre, elle ne revint à Paris qu’en 1816.

Trois ans après sa mort, en 1833, on publia les Galanteries d’une demoiselle du monde ou Souvenirs de Mademoiselle Duthé. Ces souvenirs, réédités avec une notice par Monsieur Paul Ginisty, avaient été rédigés par le baron Lamothe-Langon (auteur de moult mémoires apocryphes) qui avait connu l’héroïne dans la toute dernière partie de sa vie. Mais pouvaient-ils révéler bien des secrets, ou même chercher à ébaucher la liste de ses innombrables amants ? Assurément, non, tant la relation de ces mémoires fut romancée.