Navigation







Révolution et Empire

HAMELIN Emmanuel, amiral, baron (1768-1839)

25eme division (1ere ligne, P, 23)
dimanche 31 décembre 2006.
 

Amiral et baron de l’Empire

Jacques Félix Emmanuel Hamelin, contre-amiral, est né le 13 octobre 1768 à Honfleur.Il s’embarqua à 17 ans, comme pilotin, sur un bâtiment destiné pour la traite et appartenant à son oncle. En avril 1786 il passa sur le navire l’Asie, destiné pour la côte d’Angola, fit une campagne de dix-huit mois, puis passa à Cherbourg, sur le Triton, en qualité de matelot timonier. En juillet 1788, M. Hamelin retourna à Honfleur, où il s’embarqua comme enseigne sur le navire La Jeune Mina, et fit plusieurs campagnes sur différents navires. En 1792 il quitta le commerce et passa comme aide-timonier sur le vaisseau de l’État l’Entreprenant, qui faisait partie d’une division navale aux ordres du contre-amiral Latouche-Treville. Cette division, réunie à l’escadre de l’amiral Truguet, participa aux opérations dirigées contre Oneille, Caligliari et Nice.

En août 1793, à la suite d’un examen qu’il sollicita et obtint de l’amiral Trogoff, M. Hamelin fut nommé enseigne sur la frégate la Proserpine, avec laquelle il fit dans l’Océan plusieurs croisières, s’empara de la frégate hollandaise la Vigilante et d’une partie du convoi qu’elle escortait.

Nommé lieutenant en août 1795, il fit â Toulon l’armement de la Minerve, capitaine Perrée, participa sur cette frégate au combat du 7 mars 1795, à la suite duquel fut pris le vaisseau anglais le Berwich, et y fut blessé, et à celui du 7 octobre 1795, où le contre-amiral Richery s’empara du vaisseau le Censeur et d’environ trente bâtiments marchands.

Le 21 novembre 1796, M. Hamelin fut nommé capitaine de frégate et passa comme second sur la Révolution, à bord duquel il fit la campagne d’Irlande ; puis comme premier sur la frégate la Fraternité, qu’il quitta après trois mois pour prendre le commandement de la Précieuse, sous les ordres de l’amiral Bruix. Il s’embarqua ensuite comme second sur le vaisseau le Formidable. M. Hamelin, capitaine de frégate, fit partie de l’expédition des découvertes des corvettes le Naturaliste et le Géographe. Pendant cette campagne, du 13 octobre 1800 au 23 juin 1803, il parcourut les mers du Sud, visita les Moluques et la Nouvelle-Hollande.

Le premier Consul, à qui il fut présenté à son retour, lui fit un accueil flatteur et le nomma capitaine de vaisseau en septembre 1803. On s’occupait alors de l’équipement de la grande flottille destinée à la descente en Angleterre, et le premier Consul attachait la plus grande importance à la réunion prompte et sûre de tous les bâtiments qui devaient la composer au port de Boulogne. Le capitaine Hamelin fut chargé d’y conduire successivement les escadrilles, et il déploya dans cette mission souvent périlleuse une activité et une bravoure des plus honorables.

En juillet 1806, après le désarmement de la flottille, M. Hamelin reçut l’ordre de prendre au Havre le commandement de la frégate la Vénus. Il fit route pour l’île de France et, chemin faisant, il s’empara de quatre bâtiments, et en mars 1809il entrait au port Napoléon le 26 avril ayant obtenu du capitaine général de l’île de France d’entreprendre une croisière, il appareilla, ayant sous ses ordres la Vénus, la frégate la Manche, le brick l’Entreprenant et la goëlette la Créole. Il visita Madagascar, où il délivra Foulpointe, assiégé par les naturels, se dirigea sur le golfe du Bengale, établit sa croisière à l’entrée du canal Saint-Georges, s’empara de plusieurs bâtiments anglais, coula bas un grand nombre de braos chargés pour le compte des Anglais, et s’empara de Tappanouti, établissement anglais, et le 18 novembre 1809, faisant route pour revenir à l’île de France, fit la capture de trois grands bâtiments de la compagnie des Indes. Lors de l’attaque dirigée par les Anglais contre l’île, il fit de nouvelles prises, dont la principale est la frégate anglaise le Ceylan. Malheureusement, surpris lui-même par des forces supérieures, privé d’ailleurs de son mât d’artimon et de ses trois mâts de hune, il fut forcé d’amener son pavillon, après un combat acharné.

Revenu en France en février 1811, il fut présenté à l’Empereur qui le félicita. Il fut nommé commandeur de la Légion-d’Honneur, créé baron d’Empire, élevé au grade de contre-amiral et nommé au commandement d’une division de l’escadre aux ordres de l’amiral Missiessy, dans l’Escaut, puis, en mars 1813, de l’escadre réunie à Brest. En juillet 1814 il fut mis en disponibilité. Au mois d’avril 1818 il reçut l’ordre de se rendre à Toulon pour y remplir les fonctions de major général de la marine, poste qu’il occupa jusqu’au 18 mai 1822. Dans cet intervalle il avait été nommé grand officier de la Légion-d’Honneur au commencement de 1823, il commandait la division navale réunie devant Cadix, dont. l’armée faisait le siège par terre, lorsque, sur sa demande et pour motif de santé, il fut remis en disponibilité.

En 1832 le baron Hamelin fut chargé de l’inspection générait des équipages de ligne, et en 1833 il fut nommé directeur des cartes et plans de la marine.

Il est mort à Paris le 23 avril 1839.

Sources : Biographies des Gloires militaires, par C. Mulliè, à Paris 1852.

Crédit photo : Jacques Seynaeve