Navigation







Dessinateurs - Caricaturistes -

GILL André (1840-1885)

95eme division (1ere ligne, K, 29)
lundi 11 septembre 2006.
 

Caricaturiste et chansonnier

Louis Alexandre Gosset de Guines, plus connu sous le nom d’André Gill, est né à Paris le 17 octobre 1840. Il est le fils naturel du comte de Guines et de Sylvie Adeline Gosset.

Sous le pseudonyme d’André Gill, il traverse le Second Empire en illustrant ses contemporains dans le journal satyrique La Lune (1865-1868), qui sera interdit.

Il reparaît sous le titre de l’Eclipse (1868-1876). C’est un journal hautement combatif avec un chiffre de tirage très élevé pour l’époque : 40 000 exemplaires.

L’Empereur Napoléon III a pour cher désir de se faire photographier par Félix Nadar, mais celui-ci refuse obstinément. Par contre, le souverain se passerait bien de servir de cible à André Gill. Ce dernier dessine aussi pour le Charivari et La Rue de Jules Vallès.

On lui doit des caricatures de tout ce qui compte à cette époque, de Richard Wagner, Jules Vallès, Léon Gambetta, Jean Raspail en passant par Victor Hugo, Alexandre Dumas, Gustave Courbet, Félix Nadar, Georges Bizet, Charles Dickens, Emile Zola, Victor Schoelcher, Jules Verne, Adolphe Thiers, etc.

Il est également chansonnier à Montmartre, il fréquente le Cabaret des Assassins, qui deviendra célèbre sous le nom de Lapin Agile, dont l’enseigne représente un lapin sautant hors d’une marmite (lapin à Gill ou La peint A. Gill).

En 1868, il est condamné pour avoir dessiné une citrouille dans laquelle les magistrats croient reconnaître un juge.

Dans les années 70, les procès qui lui sont intentés font beaucoup pour sa renommée. Il fréquente Charles Cros et Paul verlaine. Il reçoit la visite d’Arthur Rimbaud qui est l’un de ses admirateurs. Pendant le siège de Paris, Gill aurait appartenu à un service médical assez mystérieux et mal défini.

Dès septembre 1871, André Gill prend pour cible Adolphe Thiers. Le journal l’Eclipse disparaît en 1876 et laisse la place à La Lune Rousse (1876-1879), il en est le rédacteur en chef.

Mais le temps des caricatures s’achève, avec la maladie de leur auteur, André Gill entre à l’hôpital psychiatrique et n’en sortira que pour sa tombe. Celui qui avait écrit «  On ne songe qu’à créer des maisons de fous, quand ouvrira-t-on des maisons pour imbéciles ? Meurt le 1er mai 1885 dans une cellule de Charenton.

Sa tombe est une concession gratuite par arrêté préfectoral en date du 30 juillet 1887.