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Le cimetière de Louveciennes (Yvelines)

mardi 27 juin 2006.
 

Le cimetière de Louveciennes (Yvelines)

Dans l’actuel département des Yvelines, entre Versailles et Saint-Germain-en-Laye, le cimetière de Louveciennes offre une topographie originale. En outre, la petite nécropole communale est intéressante à plusieurs égards.

Le cimetière étale ses allées impeccables dans un cadre atypique : il est bordé par le vieil aqueduc construit par Mansart en 1684 pour alimenter Versailles avec les eaux de Marly. Les 36 arches restantes de ce magnifique ouvrage s’étalent sur 650 mètres : dans leur longueur se sont développés le cimetière ancien et le cimetière nouveau.

Le cimetière ancien possède plusieurs sépultures dignes d’intérêt : un plan contemporain très bien fait à l’entrée dresse l’état des tombeaux les plus remarquables, à commencer par la tombe simple de la portraitiste de la Cour, Elisabeth Vigée-Lebrun (1755-1842), reposant sous une dalle avec pour simple épitaphe « Ici, enfin, je repose ».

De ces exils dorés successifs (Italie, Russie, Grande-Bretagne), elle nous laissa un nombre considérable de portraits (Marie-Antoinette, Stanislas II de Pologne, Lord Byron...). Il est intéressant de noter qu’à l’exception d’un portrait de Caroline Bonaparte, elle ne fut guère employée par le pouvoir impérial.

Le célèbre sculpteur Emmanuel Frémiet, à qui l’on doit la Jeanne d’Arc de la place des Pyramides et du Saint-Michel qui surplombe le mont du même nom, repose à Passy. Sa mère se trouve néanmoins à Louveciennes, et il réalisa sur sa tombe, un énorme bloc rocheux, un médaillon la représentant de profil.

Le violoniste et chef d’orchestre Charles Munch (1891-1968), qui fonda l’Orchestre de Paris et dirigea le Boston Symphony Orchestra, repose à Louveciennes quoique mort aux Etats-Unis. Comme Mme Vigée-Lebrun, il avait été attiré par la douceur de Marly.

Julien Cain (1887-1974), qui fut administrateur de la Bibliothèque Nationale de 1930 à 1964, vient compléter cet aréopage.

Contiguë, le nouveau cimetière de Louveciennes offre le modèle le plus abouti de cimetière américain en France : allées fleuries, vastes pelouses et plaques discrètes ; conception paysagère nouvelle dans laquelle ce n’est pas la tombe qui est œuvre d’art, mais la nécropole. Parmi les résidents de Marly qui l’ont choisi pour dernière demeure repose Alain Bernardin (1916-1994), le fondateur du Crazy Horse Saloon qui se suicida.

Le tour nécropolitain de Louveciennes ne serait pas complet si l’on omettait de mentionner, non au cimetière mais dans sa propriété, la sépulture « à l’antique » du maréchal Joseph Joffre (1852-1931). Loin des Invalides où repose Foch et où il aurait eu naturellement sa place, il préféra reposer dans le parc de la Chataigneraie sous un temple en forme de rotonde. La propriété ne se visite pas, mais on peut admirer de la rue le tombeau (qui est d’ailleurs indiqué par des panneaux). Une « niche » spécialement aménagée permet d’ailleurs de prendre des photos, ce dont nous ne sommes pas privés.

Sources : Les Echos de l’APPL N°6 (APPL 2005)

Crédit photos : Philippe L. (APPL 2005)