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Révolution - Empire - Personnalités étrangères - Espagne

GODOY Manuel prince de la Paix ( 1767-1851)

45eme division (3eme ligne, O, 19)
jeudi 1er juin 2006.
 

Homme d’état espagnol

Manuel Godoy, de son nom complet Manuel de GodoyAlvaréz de Faria Rios Sanchez Zarzosa, principe de la Paz y de Basano, duque de Alcudia y de Succa, est né le 12 mai 1767 à Badajoz dans une famille pauvre mais noble, plus riche de ses quartiers de noblesse que d’écus. C’est un jeune homme de belle tournure, instruit, élégant, beau parleur, charmant, possédant beaucoup d’esprit. C’est aussi un séducteur, très apprécié des femmes. Il part de bonne heure à Madrid chercher fortune. Il s’engage dans la garde royale en 1787 et est rapidement remarqué par la femme de l’héritier du trône, Marie Louise de Parme.

Devenue très intime avec celle-ci, il sait captiver de même le Roi, dès lors sa carrière est vertigineuses. En 1788, Charles IV d’Espagne monte sur le trône et nomme en 1792, Godoy premier ministre. Sa première décision est de tenter de venger le Roi Louis XVI, mais sa tentative échoue et un conflit s’engage avec la France, au début avec quelques succès, mais ensuite une série de défaites qui se termine par le traité de paix de Bâle. Pour cette action, il reçoit alors le titre de Prince de la Paix.

Godoy renforce ses liens avec la France par le traité de San Ildefonso. Après la défaite navale du Cap Saint Vincent en 1798, Manuel Godoy doit démissionner, mais conserve son influence. Il revient au pouvoir en 1801 et s’allie avec la France pour envahir le Portugal, allié de l’Angleterre. Cette guerre est connue sois le nom de guerre des Oranges, elle se termine par la capitulation du Portugal. En 1802, par le traité d’Amiens, les intérêts de l’Espagne sont sacrifiés, ce qui entraîne une forte opposition au Roi Charles IV.

Manuel Godoy, contre vents et marées, réussit à maintenir une certaine neutralité de l’Espagne, mais, il s’allie de nouveau avec la France et la marine espagnole alliée à la flotte française subit une nouvelle défaite à Trafalgar. Malgré tout, il reste fidèle à ses relations avec l’Empereur Napoléon, ce qui aboutit au traité de Fontainebleau en 1807. Le Portugal, par ce traité, est démembré entre la France et l’Espagne. Mais Napoléon, une fois de plus trahit l’Espagne. Dès lors, l’opposition ulcérée renverse Charles IV au profit de son fils Ferdinand. Godoy essuie des tentatives d’assassinat sur sa personne, il ne doit son salut qu’au vieux Roi Charles qui le sauve d’une mort certaine en abdiquant en faveur de son fils Ferdinand. En 1808, après l’entrevue de Bayonne, l’Empereur Napoléon arrête Ferdinand, Charles IV s’enfuit alors avec Manuel Godoy à Rome où il demeure avec lui jusqu’à la mort de Charles survenue en 1819, et de celle de Marie Louise qui suit son royal époux au tombeau peu de jours après.

Dès lors, Manuel Godoy s’installe à Paris où il vit modestement grâce à une pension de cinq mille francs que lui octroie Louis-Philippe. Pendant son exil, il écrit ses Mémoires parues à Madrid en 1836-1838 et 1842. Il meurt à Paris le 4 octobre 1851.

Crédit photos : R. Forrestier (APPL 2004)