Navigation







Sculpteurs - Statuaires - Arts de la pierre et du marbre

BOISECQ Simone (1922-2012)

76eme division (1ere ligne)
samedi 20 janvier 2018.
 

Sculptrice française

Simone Boisecq naît à Alger le 7 avril 1922 où son père Émile, d’origine bretonne (Vannes), s’est installé en 1920 en y suivant son frère jumeau.

Il soutient activement les revendications nationales et culturelles des Bretons mais aussi des Arabes et des Kabyles.

S’intéressant aux arts premiers, il collectionne les œuvres africaines. La mère de Simone Boisecq, Suzanne Deferre, pianiste née à Smyrne, est également arrivée à Alger en 1920.

À partir de 1934 Simone Boisecq multiplie ses lectures, particulièrement de Claudel et Gide.

Lors de vacances dans le Morbihan, elle découvre les calvaires bretons. En 1937 elle suit des cours de dessins auprès du sculpteur Henri Laitier avec qui elle travaille sur le motif dans la campagne algéroise, puis des cours du soir en sculpture aux Beaux-Arts d’Alger.

Dans les années suivantes elle rencontre François Marçais, fils du conservateur du Musée des beaux-arts, et Anna Kipper, ethnologue et amie du peintre Albert Marquet. En 1940 elle est en hypokhâgne au lycée d’Alger où elle se lie d’amitié avec Jean Pélégri.

Son père étant révoqué par le régime de Vichy, elle assure des remplacements dans des écoles de la région d’Alger. Poursuivant en 1941 des études de philosophie et d’esthétique à l’Université d’Alger, elle fréquente la librairie d’Edmond Charlot, lit les recueils de nombreux poètes modernes (Pierre-Jean Jouve, Saint-John Perse, Aragon, Éluard, Aimé Césaire) et partage un appartement avec Françoise Lavergne, compagne de Roger Garaudy.

Rédactrice en 1943 à l’Agence France-Presse au service étranger, elle réalise en 1944 un entretien, à l’occasion de la mort de Maillol, avec André Gide et est mutée en mai 1945 à Paris. Elle y découvre les œuvres de Picasso, Julio Gonzalez, Paul Klee et, à Londres durant l’été, la sculpture moderne anglaise.

Chez Nelly Marez-Darley, Rue Campagne-Première, elle fait la connaissance du philosophe Bernard Groethuysen et du peintre surréaliste Óscar Domínguez et rencontre Henri-Pierre Roché. À la Sorbonne elle suit les cours d’esthétique d’Étienne Souriau.

En 1946 Simone Boisecq rencontre le sculpteur Karl-Jean Longuet (1904-1981) qui lui propose de réaliser son buste.

Elle crée alors ses premières céramiques, vases et figures d’orants. L’année suivante elle quitte France-Presse, vivant de traductions (notamment de William Blake et d’Herbert Read), louant un studio chez Roché et travaillant dans l’atelier de K.-J. Longuet, qu’elle épouse en juin 1949. Elle réalise la même année des céramiques à Vallauris et est invitée dans l’atelier de Brancusi, rencontre Zadkine en 1950. À partir de 1949 Simone Boisecq et K.-J. Longuet se lient avec les artistes espagnols Francisco Bores, Baltasar Lobo et, durant l’été à Golfe Juan, Picasso, puis avec les peintres et sculpteurs de la nouvelle École de Paris, Maria Elena Vieira da Silva et Árpád Szenes, Roger Bissière, Jean Bertholle, Jean Le Moal et Juana Muller, Véra Pagava, Étienne Martin, François Stahly, Nicolas Wacker, Lucien Lautrec, Hans Reichel, Marie Raymond et son fils Yves Klein. Ils côtoient également Paul Éluard dont K.-J. Longuet sculpte en 1951 le buste.

Simone Boisecq s’installe en 1952 dans son propre atelier, rue Visconti, présente à la galerie MAI sa première exposition personnelle et participe au salon des Réalités Nouvelles. Lors d’une exposition en 1954 à la galerie Jeanne Bucher son Soleil cou coupé Césaire est remarqué par Germaine Richier. À partir de cette date elle participe à des expositions collectives avec Étienne Martin, Émile Gilioli, Alicia Penalba, François Stahly et Isabelle Waldberg, ainsi qu’au salon de la jeune sculpture et en 1959, à l’invitation de Henri-Georges Adam, au salon de Mai.

En 1960 elle fait la connaissance de Maurice Blanchot qui lui inspirera plus tard Le Veilleur et de Jacques Lassaigne, en 1963 de Jean Guichard-Meili qui écrira sur son œuvre et en 1972 du peintre Geer van Velde.

Entre 1956 et 1986 Simone Boisecq réalise une dizaine de sculptures monumentales pour des commandes publiques, en province et à Paris, notamment pour l’École nationale d’administration (Stèle sans âge III, 1982), et plusieurs de ses œuvres sont éditées par la Monnaie de Paris. Elle participe régulièrement à partir de 1975 aux expositions « Le Temps de voir » organisées à Maillot près de Sens par Geneviève Thèvenot et commence en 1984 une première série de dessins à l’encre de Chine.

Des expositions rétrospectives de Simone Boisecq sont organisées en 1981 et, en France, en Allemagne et au Portugal, de 1999 à 2001. Sous le titre De la sculpture à la cité rêvée, une exposition itinérante de Simone Boisecq et de Karl-Jean Longuet a lieu entre 2011 et 2013 aux Musée des beaux-arts de Reims, Musée des beaux-arts d’Agen, Musée de l’Évêché de Limoges, Musée Sainte-Croix de Poitiers et Musée Unterlinden de Colmar.

Simone Boisecq meurt en 2012 à 90 ans à l’hôpital d’Auray et est inhumée le 8 août 2012 à Paris, au cimetière du Père-Lachaise (division 76) face au mur des Fédérés.

Sources : Wikipédia et divers (2018)

Thierry Engels (APPL 2018)

Photos : Wikimédia Commons et divers

(APPL 2018)