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Mouvement féministe - Les suffragettes

AUCLERT Hubertine (1848-1914)

49eme division (1ere ligne)
jeudi 13 avril 2006.
 

Le suffrage des femmes

Hubertine Auclert est née le 10 avril 1848 dans l’Allier. Elle est issue d’une famille aisée dont la fortune date de la Révolution française.

Son père foncièrement républicain, meure lorsqu’elle a treize ans en 1861. Sa mère l’envoie alors en pension dans un couvent pour étudier. Elle souhaite alors devenir religieuse à la Confrérie de Saint-Vincent de Paul.

Mais, elle quitte le couvent en 1864 et va vivre chez son oncle et y retrouve sa mère. Il existe une grande complicité entre la mère et la fille. Malheureusement en 1866 sa mère décède ce qui la renvoie au couvent à la demande de son frère.

En 1869, elle quitte définitivement le couvent, récupère sa part d’héritage et s’installe à Paris. A la chute de l’empereur Napoléon III et avec l’avènement de la Troisième République la porte est ouverte à une forme d’activisme de la part des femmes qui commencent à exiger des changements au Code Napoléon permettant l’éducation et l’indépendance économique pour les femmes ainsi que le droit au divorce.

Les Suffragettes expulsées du parlement anglais (1910)

Inspirée par les activités et les travaux de Maria Deraismes et de Léon Richet, luttant essentiellement pour faire modifier le Code Napoléon qui fait de la femme une mineure à vie et une personne soumise inconditionnellement à son mari, Hubertine Auclert s’implique dans le travail féministe et par la suite, devient secrétaire de Léon Richet. Influencé par son éducation dans un couvent, et comme beaucoup de féministes de l’époque, elle est farouchement anticléricale et militante.

Tandis que l’ensemble du mouvement féministe français est orienté sur les changements législatifs, H. Auclert va plus loin, exigeant que les femmes puissent concourir pour les emplois publics. En 1876 elle fonde le premier mouvement suffragiste Le Droit des Femmes. Ce mouvement soutient le vote pour les femmes. En 1883, l’organisation change de nom et devient : La Société pour le suffrage des Femmes.

En 1878, se tient le Congrès International sur les droits des Femmes, mais au grand désespoir d’Hubertine Auclert, il ne soutient pas le vote des femmes. Malgré la déclaration de Victor Hugo : « Les femmes, celles que j’appelle les esclaves » ne suffit pas à changer les mentalités.

Bien résolue à faire avancer les choses, dès 1880 Auclert lance la révolte des contribuables : les femmes n’étant pas représentées, elles ne doivent pas être soumises à l’impôt. Le 13 février 1881, elle lance le journal La Citoyenne qui plaide pour l’émancipation des femmes.

Le journal reçoit beaucoup d’appuis et draine l’élite du mouvement féministe. En 1884, le gouvernement légalise finalement le divorce, cette loi, réclamée par beaucoup reçoit entre autres le soutien d’Alexandre Dumas fils, féministe avant l’heure. H. Auclert mène campagne aussi pour le contrat de mariage avec séparation des biens et le partage des salaires.

Hubertine et son mari se déplacent en Algérie en 1888, ils restent absents pendant quatre années. Cette même année est crée la première organisation internationale féministe : Le Conseil International des Femmes. Le couple revient en France, mais ne peut plus assurer le financement de La Citoyenne, le journal est fermé. H. Auclert ne continue pas moins son militantisme en faveur des femmes. En 1900, elle participe à l’établissement du Conseil national des Femmes Françaises, organisation de couverture pour les groupes féministes de France.

En 1907, les femmes mariées obtiennent le contrôle de leurs propres salaires, mais le mouvement continu pour l’égalité totale. Pendant les élections municipales de Paris, elle brise une urne de vote, en 1910, les autorités sont défiées par Hubertine Auclert et Marguerite Durand qui se présentent aux élections législatives.

Dans ses écrits, Hubertine Auclert cherche a démontrer que les principes de la République sont bafoués, considérant le Quatorze juillet comme une fête de la masculinité. Le Code Napoléon régit quand à lui la famille de façon anarchique. Elle dénonce de même la mansuétude des tribunaux pour les crimes passionnels. A ses yeux, les verdicts sont des appels au meurtre. Les femmes sont d’avantage condamnées pour adultère que les hommes.

Pour Auclert, le régime républicain n’est en fait qu’une monarchie à étiquette républicaine. Elle préconise la suppression du mariage qui serait remplacé par un acte d’association. Cette féministe reste célèbre, même à notre époque, on se souvient encore de ses coups d’éclat : refus de payer des impôts, perturbation des cérémonies de mariage, etc. Elle épouse l’avocat qui la défend, et voue une admiration sans borne à Louise Michel. Elle s’éteint le 4 août 1914.