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Second Empire - IIIe République - Personnalités étrangères

SALA-SANFORD Isabel (1832-1898) Sépulture de famille.

95eme division (N° 65)
lundi 9 décembre 2013.
 

Sépulture SALA-SANFORD

N° 65 - Division 95 - Père Lachaise

Dans cette sépulture reposent :

Mme veuve John F.A. Sanford née Isabel Davis (1832-1898)

Sa fille Emilie Sanford, comtesse Sala (1852-1931)

Son gendre le comte Maurice Sala (1851-1905)

Son fils John Francis Sanford (1853-1912)

Son petit fils le comte Antoine Sala (1876-1946)

L’épouse de John F.A. Sanford*, Isabel Davis s’installe à Paris au moment de la guerre de Sécession américaine.

Sa fille, Emilie Sanford épouse en 1875 le comte Maurice Sala, fils d’Adolphe Sala, compagnon d’armes de la duchesse de Berry lors de la tentative de soulèvement de la Vendée en 1832 et de Victorine Finot, fille du baron d’Empire Antoine Finot.

Le fils de Maurice Sala et Emilie Sanford, le comte Antoine Sala est sans doute le célèbre comte Sala dont Proust créa le terme « Salaïste » par lesquels il désignait les invertis.

Maurice Sala, avait une sœur, Jeanne Sala (1845-1881), qui épousa Alexandre Antoine Walewski (1844-1898), petit fils de Napoléon Ier (1769-1821) par le comte Alexandre Colonna Walewski (1810-1868).

Le comte Maurice Sala et Emilie Sanford sont le parrain et marraine de Louisette van Zandt (1884-1975), fille du prince Léopold van Zandt (1837-1917) dont Isabel Davis Sanford fut un temps la créancière après le Krach boursier de Panama de 1889.

* John F.A. Sanford (1805-1857) est un des bras droit de William Clark ex gouverneur du Missouri et superintendant des affaires indiennes en Amérique.

*L’affaire Dred Scott :

En 1833, le docteur John Emerson, chirurgien de l’armée de terre des Etats Unis, achète un esclave répondant au nom de Dred Scott. Il affecte cet esclave sur des terres du Wisconsin où l’esclavage est interdit. Dred Scott y vit pendant 4 ans et fonde une famille. Il est ensuite déplacé en Louisiane puis dans le Missouri. A la mort du docteur Emerson, son épouse, Eliza Sanford, hérite de la famille Scott.

La famille Scott veut racheter sa liberté mais Mme Emerson s’y refuse. Scott décide alors de la poursuivre en justice arguant qu’il était « légalement libre » parce que sa famille et lui avaient vécu sur un territoire où l’esclavage était interdit. En 1850, le tribunal étatique déclare Scott libre.

Pendant l’affaire, les salaires de Dred Scott sont gelés et Mme Emerson s’étant remariée, c’est John F.A. Sanford, son frère new yorkais, qui reprend « l’affaire ».

Peu disposé à payer les arriérés sur salaire dus à Dred Scott, M. Sanford fait appel de la décision de la Cour suprême du Missouri qui revient sur sa décision première et se prononce en sa faveur.

Dred Scott intente un second procès et réclame des dommages et intérêts à John F.A. Sanford pour abus de pouvoir. Le jury considère que Dred Scott ne peut entamer des poursuites judiciaires en raison de sa qualité d’esclave.

Dred Scott décide de faire appel en 1856 en utilisant une faute commise sur l’orthographe des noms dans les comptes rendus d’audience. La Cour suprême confirme que Scott n’a pas la qualité de citoyen américain et n’a aucun droit d’intenter un procès. Bien que les Etats aient été libres de lui créer cette citoyenneté, ce statut ne lui a pas été conféré.

En 1857, John Francis Alexander Sanford meurt à New York des suites d’une déficience mentale.

Sa sœur accepte sur les conseils de son mari, fervent abolitionniste, de restituer la famille Scott à leur propriétaire d’origine lequel leur rendra leur liberté, peu avant la mort de Dred Scott en 1858.

Cette succession de procès et décisions accentuent les rapports tendus entre le Nord et le Sud qui conduiront bientôt à la guerre de Sécession.

Sources et photos : Un grand merci à M. Eric Van Zandt pour cet article nous permettant d’enrichir encore ce site pour notre plus grand plaisir...

Photo : Portrait de J.F. Sanford (E. Van Zandt 2013 APPL)