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THOMAS DE COLMAR Charles Xavier Thomas dit, (1785-1870)

43eme division (1ere ligne)
samedi 14 janvier 2006.
 

Un homme d’affaire avisé

Charles-Xavier Thomas est né en 1785 à Colmar. Il devient célèbre sous le nom de Thomas de Colmar.

C’est un homme d’affaire alsacien doué d’un grand sens pratique et d’une intelligence rare. Pendant les campagnes napoléoniennes, il est officier d’administration dans l’armée. Il est chargé d’assurer la subsistance de tout un corps d’armée, sous le commandement de Soult, en Espagne. Il réussit sa mission au-delà de toute espérance. Alors que dans tous les corps d’armée le dénuement est total, Thomas réussit à approvisionner parfaitement ses troupes.

Ensuite, il part en Angleterre pour se former aux techniques des assurances. De retour en France, il fonde sa propre compagnie d’assurance à Paris, Le Soleil, qui est devenu de nos jours le GAN. Sous le Second Empire, il est le premier assureur de France.

Thomas de Colmar est le premier à fabriquer une machine arithmétique à de nombreux exemplaires qui sera reconnue et utilisée dans toute l’Europe. Le premier modèle est fabriqué à partir de 1820 et est achevé en 1822. Alors, il n’y a pas d’artisan spécialisé dans la confection de ces pièces. Deux cent ans après Pascal, Thomas éprouve les mêmes difficultés pratiques que ses prédécesseurs. Dénommé Machine de 1820, ce premier modèle n’est qu’un prototype, mais il fonctionne parfaitement. Il comporte déjà les principales pièces des futurs Arithmomètres bientôt produits en grande série.

Le brevet est déposé en 1820. La machine se sera reconnue par l’Académie des Sciences que tardivement, en 1854. La production des Arithmomètres est surveillée et contrôlée par Thomas de Colmar lui-même, puis par son fils et ensuite par ses petits-fils, La production se situe entre 1823 et 1878. Plus de mille cinq cent modèles sont construits pendants ses cinquante cinq années. Seule 40% de la production est destinée à la France, le reste est destiné à l’exportation. Ces machines sont utilisées par les banques, les assurances, les grands magasins, les compagnies de chemin de fer, les aciéries, l’Observatoire de Paris, l’école Polytechnique, les Ponts et chaussées etc... D’autres modèles similaires sont fabriqués sous licence en Allemagne et en Angleterre. Certains modèles sont destinés aux Etats Unis d’Amérique.

C’est le premier calculateur mécanique à connaître un réel succès commercial, il est produit à des milliers d’exemplaires qui assurent une fortune immense à leur inventeur.

En 1851, il achète aux héritiers de Jacques Laffitte, le château de Maisons, ancienne demeure du maréchal Lannes, ainsi que le petit parc. Il fait restaurer l’ensemble, y habite avec sa famille et y donne des fêtes somptueuses. En 1860, l’Empereur Napoléon III est son invité ainsi que l’Impératrice Eugénie.

Bienfaiteur de la paroisse de Maisons, il est le mécène permettant la construction de l’église Saint Nicolas. Il décède à Maisons en 1870, quelques mois avant la déclaration de la guerre Franco-prussienne. Il est inhumé au Père-Lachaise dans la 43e division, 1/25,2/40.

Michel Arnold, membre du cercle historique de Maisons-Laffitte a consacré une conférence le 8 janvier dernier à ce personnage méconnu. Le texte de cette conférence est reproduit ci-aprés avec l’aimable autorisation de l’auteur.

THOMAS de COLMAR

Propriétaire du Château de Maisons de 1850 à 1870

Michel Arnold

Les Origines de la famille THOMAS :

Charles Xavier Thomas est issu d’une famille bourguignonne, originaire d’Auxerre. Les documents généalogiques, que nous avons retrouvés, font remonter la famille à 1281, à un certain Messire Thomas, officialis di Auxerre, qui rend hommage au Comte de Champagne. La Famille se serait fixée en Alsace vers 1634, c’est-à-dire pendant la guerre de Trente ans. Les grands-parents de Charles Xavier étaient tonneliers à Guebwiller. Son père, Joseph Antoine Thomas, avait fait des études de médecine à Fribourg en Brisgau, et avait épousé en 1781 à Rastadt en Pays de Bade Françoise Xavière Entzheim. Le couple s’était installé à Colmar au n° 8 de l’actuelle rue Rapp, dans la maison dite « du prêteur royal ». Le père exerça la médecine d’abord à Colmar, puis à partir de 1793 à Rouffach où il fut également conseiller municipal. On sait de lui qu’il réorganisa l’hospice de la ville, introduisit les soupes économiques pour les indigents, lutta contre la mendicité, fit transférer le cimetière en dehors des murs, et réaménagea la voirie, et les égouts. Le couple eut trois enfants dont Charles Xavier qui naquit à Colmar le 5 mai 1785. Après des études scientifiques, il entra dans l’administration, puis il rejoignit les armées napoléoniennes, d’abord au Portugal, puis en Espagne.

Charles Xavier THOMAS : Garde magasins aux armées Napoléoniennes

Nous retrouvons Charles Xavier Thomas en 1809 officier d’administration en Espagne. Il a alors 24 ans.

Il y est nommé Garde Magasin des Vivres, sous les ordres du Maréchal Soult, et se voit confier la direction du magasin des vivres et des liquides du Quartier Général de l’armée à Séville. Même si les biographes ne peuvent l’affirmer, ils supposent que c’est dans cette fonction de Garde Magasin aux Armées qu’il constitua les premiers éléments de sa fortune future. A Séville, il fit la connaissance d’une jeune fille de noble et riche famille : Noble demoiselle Francisca de Paula, dite Frasquita, Garcia de Ampudia, Alvarès y Valdès, Comtesse de Ampudia. Son père était Don Andres Garcia y Alvarès, et sa mère Dona Josefa de Ampudia, Garcia y Valdès. Elle était née à Marbella le 25 novembre 1794, et avait donc à peine 15 ans. Un passeport établi à son nom en 1817 précise sa taille : 1 mètre 48. Elle a des cheveux noirs, une bouche petite, et un teint blanc ! Charles Xavier devait être un bel officier, car, à la fin de sa vie, les journaux écriront : « Ce fut un des plus beaux cavaliers de son temps, et cet Antinoüs de près de six pieds, soit environ 1,90 m, aimait, sur la fin de ses jours, à remémorer ses succès d’autrefois ! »

Le mariage de Charles Xavier et de Frasquita sera célébré à Séville probablement en 1810. Entré ainsi par alliance dans une famille noble il cherchera toute sa vie à acquérir lui-même un titre de noblesse. Il se fera appeler Thomas de Colmar

Leur premier enfant, prénommé Joseph, Marie, Charles, François de Paule, Clément, naîtra à Séville en Décembre 1811.

En août 1812 Charles Xavier est fait prisonnier de guerre. Il expliquera plus tard qu’il fut fait prisonnier « en exécutant les ordres qu’il avait reçus de demeurer à son poste jusqu’à ce qu’il lui fut envoyé de nouvelles instructions ». Il fut envoyé en prison à Cadix, à une centaine de kilomètres de Séville, mais réussira à s’échapper. Leur deuxième enfant prénommée Charlotte, Marie du Carmel, Andrée, Pie, naîtra, toujours à Séville, en 1813. Après son évasion, Charles Xavier rejoindra l’armée à Madrid, puis sera nommé, à Vitoria dans le pays basque espagnol, garde magasin de toutes les armées réunies. Replié sur Bayonne avec l’armée, il sera même nommé inspecteur des vivres, fonction dont il se démit en 1814 pour se rendre à Bordeaux où il offre ses services à Monseigneur, Duc d’Angoulême.

A-t-il réellement si vite quitté l’Empereur pour se mettre au service des Bourbons ? C’est probable, et bien d’autres le feront à cette époque. Il y voyait sans doute son intérêt personnel. Cela ne l’empêchera pas, comme nous le verrons plus tard, d’être, après l’avènement du second Empire, en excellents termes avec Napoléon III.

Nous savons qu’il fera écrire dès 1820 à son Altesse Royale, Monseigneur le Duc d’Angoulême, fils du Comte d’Artois, une lettre ainsi rédigée : « Le sieur Charles Thomas, un des heureux du 12 mars 1814, de qui Votre Altesse Royale daigna alors accepter 12 000 francs pour subvenir aux besoins de l’Etat vient vous supplier de jeter un regard bienveillant sur l’état de ses services et de lui accorder votre puissante protection pour le faire nommer Chevalier de la Légion d’Honneur. Il ose espérer que ses services, sa fidélité et son dévouement pour l’auguste famille de votre Altesse Royale lui méritera la faveur qu’il sollicite de sa justice et de sa bonté. Le dit sieur ne cessera d’adresser des vœux au Ciel pour la Gloire... » (La suite de la lettre ne nous est malheureusement pas parvenue).

Thomas de Colmar fera encore mention de son ralliement à la famille royale dans une requête qu’il fit adresser en 1825 à Son Excellence le Ministre de la Guerre pour solliciter des bontés de Sa Majesté (Royale) des lettres de noblesse et la faveur de constituer un majorat au titre de Baron. S’il obtint dès 1821 d’être promu Chevalier de la Légion d’Honneur, sa requête de 1825, en vue d’obtenir des lettres de noblesse, ne fut jamais honorée.

Dans les documents le concernant conservées aux archives du Service Historique de l’Armée de Terre, au Château de Vincennes, Charles Xavier Thomas est noté simplement comme « bon comptable, très actif, sujet distingué et ayant rendu des services à l’administration »

Mais on trouve dans un récit de sa vie publié par M Joly dans « La Vie en Alsace » de 1932, un texte nettement plus élogieux : « Monsieur Thomas déploya dans ses diverses fonctions une activité intelligente et infatigable, grâce à laquelle l’approvisionnement des armées fut toujours largement assurée, même aux heures les plus critiques »

Et le récit se poursuit : « C’est pendant son long séjour aux armées du Maréchal Soult, qu’obligé d’effectuer de nombreux calculs, il conçut l’idée de son arithmomètre ».

Charles Xavier THOMAS : inventeur de l’arithmomètre

A son retour en France, il met au point une machine à calculer, en créant, le premier, le système des roues partiellement dentées qui constitue un véritable organe de multiplication, et en obtient le brevet en 1820. Notons au passage que la demande de brevet est le premier document que nous avons retrouvé portant la mention : Charles Xavier Thomas « de Colmar ».

De cette merveilleuse invention date réellement l’ère de la construction industrielle des machines à calculer et de leurs applications pratiques. On trouve une longue description de l’arithmomètre Thomas, et d’amples détails sur son fonctionnement dans les Annales de la Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale. Citons ici les principaux passages du rapport qui fut adressé à cette Société en décembre 1821 par l’un de ses vice-présidents, M. Francoeur :

« Messieurs, vous m’avez chargé, d’examiner une machine que vous a présentée Monsieur Thomas de Colmar et qu’il nomme « arithmomètre ». La première machine de ce genre qu’on connaisse est celle que Pascal inventa à l’âge de 19 ans. Elle était fort compliquée. On a depuis imaginé sur ce modèle diverses conceptions de même nature : celle de l’Epine et celle de Boistissandeau ont mérité d’être approuvées par l’Académie des Sciences. On trouve dans l’ancienne encyclopédie la description de celle de Diderot.

« Le défaut de toutes ces machines est de ne se prêter qu’à des calculs très simples. Toutes sont aujourd’hui tombées dans l’oubli, et on ne les regarde que comme des conceptions plus ou moins ingénieuses ».

« Celle de Monsieur Thomas de Colmar ne ressemble nullement aux autres : elle donne de suite les résultats du calcul sans tâtonnement et n’est faite à l’imitation d’aucune des premières. Il est certain que Monsieur Thomas de Colmar n’avait pas connaissance de celles-ci quand il imagina la sienne, et qu’il n’a pu s’aider des travaux de ses prédécesseurs.... »

« Il est réellement impossible de combiner mieux les agents de l’instrument qui vous est présenté et de surmonter les embarras du sujet ».

Un second rapport mentionne : « L’invention de Monsieur le Chevalier Thomas de Colmar nous paraît devoir être rangée au nombre de ces découvertes qui font honneur à ceux qui les conçoivent et sont glorieuses pour l’époque qui les produit ».

En 1851, Thomas de Colmar reçoit la médaille d’or de la Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale, ainsi qu’une médaille d’argent à l’exposition de Londres

Pour assurer la promotion de son arithmomètre, qui, à partir de 1850, semble vraiment au point, Thomas de Colmar offre un exemplaire de sa machine à plusieurs têtes couronnées. Il reçoit en retour des félicitations, des cadeaux, ou des distinctions honorifiques :

Une machine est ainsi offerte à Marie Thérèse Louise de Bourbon Parme, régente des Duchés de Parme et de Plaisance. Une autre à Sa Majesté le Bey de Tunis. Pour le récompenser ce dernier lui offre une distinction honorifique : le Nicham de Diamant. En 1852, le Prince Président de la République, futur Napoléon III, lui remet une tabatière en or à son chiffre, et le Duc de Nassau une bague en diamant. Sa Majesté le Roi des Pays Bas lui donne le brevet de Chevalier de l’Ordre de la Couronne de Chêne, et Sa Sainteté le Pape Pie IX le fait Commandeur de l’Ordre de Saint Grégoire le Grand Sa Majesté le Roi de Grèce lui remet la Croix de Chevalier du Sauveur, et le Roi de Sardaigne le fait Chevalier de son Ordre Royal des Saints Maurice et Lazare Enfin le Grand Duc de Toscane l’ennoblit à perpétuité, de mâle en mâle, par lettres patentes.

Après des débuts difficiles, l’arithmomètre de Thomas se révéla, un réel succès commercial : plus de 2 000 machines furent construites, 40 % de la production fut vendue en France, le reste à l’exportation. Les modèles avaient une capacité de 5 à 20 chiffres significatifs. En plus des quatre opérations de base, certaines étaient capables d’extraire des racines carrées ! Les machines étaient achetées par les Grands Magasins, les Compagnies d’Assurances, les Banques, les Compagnies de Chemin de Fer, les aciéries, l’Ecole Polytechnique, l’Ecole des Ponts et Chaussées, l’Observatoire de Paris ...

Ce succès éclatant est dû, non seulement aux qualités intrinsèques de la machine, mais aussi à sa fiabilité exceptionnelle qui fait que l’on peut l’utiliser journellement pendant dix ans sans qu’il soit besoin d’intervenir pour la réparer.

Pour l’exposition universelle de 1855, qui s’est tenue à Paris, Thomas de Colmar réalisa un véritable monstre de 2 mètres de longueur et d’une décoration étonnante. Cette machine ressemblait fort à un piano et était capable de faire des opérations jusqu’à 30 chiffres significatifs. C’est très probablement la vue de cette machine qui a inspiré Jules Verne pour son récit, inédit jusqu’en 1994, et intitulé : « Paris au XXe Siècle », quand il écrivit :

« .....Michel se retourna et aperçut la machine n° 4 : C’était un appareil à calculer. Il y avait loin du temps où Pascal construisait un instrument de cette sorte et dont la conception parut si merveilleuse alors. Depuis cette époque l’architecte Perrault et Thomas de Colmar apportèrent d’heureuses modifications à ce genre d’appareils. La maison Casmodage possédait de véritables chef-d’œuvres : ses instruments ressemblaient en effet à de vastes pianos ; en pressant les touches d’un clavier on obtenait instantanément des totaux, des restes, des produits, des quotients, des règles de proportion, des calculs d’amortissement et d’intérêts composés..... »

L’atelier de fabrication des arithmomètres était situé à Paris, au 16 Rue de la Tour des Dames, dans le 9ème arrondissement (près de la Trinité), et avait une capacité de production d’une centaine d’appareils par an. Au décès de Thomas de Colmar, l’inventaire dressé dans le cadre de la succession faisait mention de 319 machines en fabrication, et de nombreux outillages : 5 tours, 3 machines à percer, un gros découpoir, une machine à fraiser, un tour à décolleter, 5 établis en chêne avec 14 étaux, une forge et enclume, 850 Kg de cuivre, etc.

En 1857, par un décret impérial, Thomas de Colmar fut promu Officier de la Légion d’Honneur. Le moniteur universel du 15 août 1857 mentionne que cette nomination lui est conférée au titre d’inventeur de l’arithmomètre.

L’arithmomètre sera après le décès de Thomas de Colmar encore perfectionné par son fils Louis, ainsi que par M. Payen qui avait en charge la fabrication en série.

THOMAS de COLMAR : Fondateur de la Compagnie d’Assurances « Le Soleil »

Revenons un peu en arrière. Doué d’un jugement sûr, et d’une puissance supérieure de travail, Charles Xavier Thomas, dont l’invention de l’arithmomètre n’avait pas absorbé, loin de là, toute l’activité, compris dès sa rentrée dans la vie civile, l’avenir réservé à l’industrie des Assurances. Celles-ci fonctionnaient depuis 1765 en Angleterre. Thomas s’en alla donc les étudier sur place. De retour en France, il fut un des premiers à en faire connaître les principes et à en proclamer les bienfaits.

En mai 1819, il fonda à Paris, avec un Suisse nommé Jacob Dupan, la Compagnie Française d’Assurance « Le Phénix », dont il fut Directeur Général, et dont Jacques Laffitte aurait été un des actionnaires. Mais il ne pouvait y appliquer librement ses conceptions personnelles. Il quitta donc rapidement la compagnie du Phénix, pour fonder en 1829 sa propre compagnie : la Compagnie d’Assurance contre l’Incendie « Le Soleil » dont le siège sera installé au 13 rue du Helder, entre le Boulevard Haussmann et le Boulevard des Italiens. Thomas de Colmar souscrira plus du quart des actions, et en assura la Direction jusqu’à sa mort.

Thomas de Colmar, comme d’ailleurs les autres assureurs du 19ème siècle, avait une réelle préoccupation philanthropique, et considérait l’assurance comme un bienfait pour l’humanité. La Grande Encyclopédie de Berthelot définit la philanthropie « non pas seulement comme un principe de morale individuelle, mais comme un principe économique et social qui s’emploie à améliorer le sort matériel et moral des hommes »

Thomas de Colmar introduisit de nombreuses innovations qui firent souvent école dans le métier de l’assurance : contrat à durée illimitée avec clause de tacite reconduction, garantie incendie maintenue même en cas d’émeute ou de guerre, système d’assurés participants qui pouvaient, selon le résultat annuel de la Compagnie, soit être mis à contribution jusqu’au doublement de leur prime, soit être intéressés aux bénéfices, car 80 % des bénéfices leur étaient réservés (il palliait ainsi le manque de données statistiques sur les risques à assurer). Thomas de Colmar innova encore en créant des comités locaux chargés du démarchage, et en récompensant les employés les plus performants par l’attribution de primes. Enfin il créa une caisse de retraite pour le personnel de son Administration Centrale.

Il alla même jusqu’à proposer à ses nouveaux clients d’effectuer gratuitement toutes les démarches pour la résiliation de leurs contrats antérieurs, passés avec d’autres Compagnies d’Assurances

En 1843, il crée une deuxième compagnie « l’Aigle Incendie » dont il souscrit la majorité des actions et à la tête de laquelle il plaça son fils aîné : Clément.

On raconte que le « Soleil » étant un emblème royal son nom était boudé par les bonapartistes. Une compagnie dénommée « l’Aigle », ne pouvait que séduire ces derniers ! Mais une autre interprétation fait dériver ce nom du dicton : « Seul l’Aigle peut regarder le Soleil ».

En 1848, autre innovation : les deux compagnies concluent un traité de réassurance réciproque. Le développement est rapide : le Soleil absorbe successivement les compagnies : Le Globe, La Lyonnaise, La Palladium, La Nivernaise.... Pour faire face à l’agrandissement des services, il fallu construire en 1868 un nouvel immeuble situé rue de Châteaudun dans le 9ème arrondissement.

Sous le second Empire, le groupe « Soleil - Aigle » occupait le premier rang en France dans le domaine très concurrentiel de l’assurance incendie.

En 1869, le Soleil, et l’Aigle, sous l’impulsion de Thomas de Colmar, songent à étendre leurs activités à l’assurance sur la Vie. Ce projet sera interrompu par le décès de Thomas de Colmar en mars 1870, puis par la guerre de 1870 et la Commune de Paris. Le projet sera repris par le second fils : Louis, devenu Duc de Bojano. C’est lui qui au décès de Thomas de Colmar, prendra la tête de la Compagnie du Soleil.

Rappelons, bien que cela sorte du cadre de notre étude, que le groupe « Soleil - Aigle », nationalisé en 1946, devait fusionner avec « La Nationale » pour donner naissance au GAN

THOMAS de COLMAR : Propriétaire du Château de Maisons

En 1850, les héritiers de Jaques Laffitte mettaient en vente, en huit lots, l’ensemble du domaine de Maisons. Thomas de Colmar était alors à la tête d’une fortune énorme. Il fit l’acquisition, lors de l’audience des criées du tribunal de la Seine du 14 août 1850, du Château de Maisons avec les 33 hectares qui forment actuellement ce qu’on appelle le Petit Parc.

D’après un témoignage, il aurait fait cette acquisition parce qu’un médecin avait conseillé, pour l’une des filles de Thomas un peu souffrante, un changement d’air. Vivre à Maisons, c’était vivre à la campagne. Mais comme à cette époque la famille Thomas possédait déjà le Château de Champfleury à Carrières sous Poissy, il est permis de penser que l’acquisition du Château de Maisons répondait davantage au désir de s’établir dans une demeure plus prestigieuse, et en rapport avec sa fortune.

Cette fortune allait d’ailleurs lui permettre d’exécuter de nombreux travaux de réfection dans la propriété. Homme de goût et collectionneur, il fit remplacer, sur la cheminée du salon d’Hercule, la peinture du Guide, représentant Hercule, par une copie du célèbre tableau de Louis XIV par Rigaud .

Sous l’impulsion de Thomas de Colmar, Château et Parc se garnirent à nouveau d’oeuvres d’art.

Voici l’opinion d’un contemporain : « Tout ce qu’il trouve d’ample et de curieux dans les ventes notables, il l’achète et le dépose là. Les salons du premier étage sont à présent éclairés par les lustres énormes en bronze doré. L’escalier, digne de Versailles, est orné de vases et de statues marmoréennes. Le jardin contient, parmi ses blanches statues, la belle collection de bustes colossaux des empereurs romains du marquis d’Aligre, qui n’ont pu être déposés là qu’à l’aide d’appareils de balistique ».

Tous ces objets ont malheureusement disparus, à l’exception du tableau représentant Louis XIV. Il est très probable que les lustres qui apparaissent dans la grande galerie sur certaines cartes postales anciennes, sont ceux mis en place par Thomas. Ils figurent sur l’inventaire du mobilier du Château dressé à son décès, mais ont disparu depuis, sans laisser de trace ! Les grandes peintures que l’on aperçoit sur ces mêmes cartes postales datent de Laffitte. Elles ont donc décorées la Galerie du temps de Thomas. Elles ont disparu à leur tour !

Thomas crut bon de faire descendre des pavillons d’entrée, où ils furent remplacés par des pommes de pin, les groupes d’enfants qui les ornaient, et de les installer dans le vestibule du château. Ces groupes se trouvent à présent au Château de Vaux-le-Vicomte.

Sous Laffitte, l’entretien du parc avait été fort négligé. « Monsieur Laffitte, écrivait en 1858 un rédacteur de la Revue horticole, avait utilisé le Parc surtout pour des essais de culture d’indigo, sans chercher à l’embellir. Monsieur Thomas de Colmar fit appel au talent de M. Duvillers, architecte ingénieur paysagiste, pour aménager le parc sur de nouvelles bases ».

La Revue horticole nous apprend aussi de quelle façon cet habile praticien exécuta la tache qui lui était confiée : « En pénétrant dans le parc par l’entrée principale, les voitures, après avoir laissé les potagers sur la gauche, arrivent dans la cour d’honneur par deux grandes avenues plantées de marronniers qui longent, des deux côtés, une pelouse de trois hectares et demi, au milieu de laquelle existe un immense bassin. A droite et à gauche du château, s’étalent des parterres en dessins de broderies, entourés de plates-bandes couvertes de fleurs. Au sud, s’étend une seconde pelouse, encadrée dans des parterres et des plates-bandes dont le dessin s’harmonise avec celui de l’entourage du château. Au milieu de cette pelouse, on a creusé un grand bassin, orné de huit vasques d’où s’échappe une abondante nappe d’eau. Une double allée, d’une largeur de quatre mètres, fait le tour des parterres et vient aboutir à un pont de fer à trois arches qui relie le parc à la route et au pont jeté en cet endroit sur la Seine. De longues allées serpentent en courbes gracieuses à travers les pelouses. Deux pièces d’eau, alimentées par des cascades, sont parsemées d’îlots et de presqu’îles, dont les uns sont couverts d’arbres et les autres servent de parterres ; rien n’est plus gracieux que ces corbeilles de fleurs placées au milieu de l’eau. L’allée principale qui passe sous le pont a cinq kilomètres de longueur sur cinq mètres de large... Les allées secondaires conduisent à travers les bosquets à des chalets, des kiosques, des cascades et des grottes placées en surprise ».

Ainsi se trouvait réalisé, en l’espace d’un an, le plan que Thomas de Colmar avait approuvé le 18 novembre 1854. L’architecte paysagiste, satisfait de son ouvrage, se vantera « d’avoir rétabli le parc suivant le système de Le Nôtre pour toutes les parties qui se rapprochent du château, tout en convertissant à la manière de Kent les plus éloignées en un vaste paysager ».

Notons que, dans une étude publiée en 1990 dans les Cahiers du Vieux Maisons, Pierre Dhers, historien de Maisons Laffitte, émet des doutes sur la réalisation effective du projet d’aménagement des Jardins tels que décrit par le plan de 1854. Il se base sur deux plans établis respectivement l’un vers 1840 l’autre vers 1885, donc avant et après la période Thomas de Colmar. La similitude entre ces deux plans rendrait, d’après lui, peu crédible, la réalisation d’un tracé très différent vers 1854 ! Ce point n’a pu être éclairci.

De toute façon, il a été écrit que « Thomas de Colmar a fait du Château de Maisons l’une des plus jolies résidences des environs de Paris ».

Il y donnera des fêtes somptueuses.

Georges Fath, aïeul du célèbre couturier Jacques Fath, donnera, dans « Le Monde Illustré » du 13 juin 1857, un compte rendu détaillé d’une fête donnée à Maisons le 7 juin à l’occasion du concours du Comice Agricole de Seine et Oise. Il écrit notamment : « A neuf heures du soir, plus de 2 000 personnes invitées se pressaient devant la façade du Château pour assister au feu d’artifice organisé par Ruggieri. A l’heure annoncée, une fusée partie d’une des terrasses du Château a donné le signal aux artificiers, et dès lors ce n’a plus été que gerbes d’étincelles, pluies de feu, comètes, moulins à vent, qui s’élançaient, tombaient, tournaient, tourbillonnaient en se poursuivant et en se mêlant au milieu des flammes. Une rivière de feu, du plus bel effet, et dominée par des fontaines, s’est tout à coup répandue comme un vaste incendie autour de la pelouse et a ravi les spectateurs, dont les mains n’avaient cessé de battre devant ce magique spectacle. Un bal, dont l’orchestre était conduit par Strauss, a fait suite au feu d’artifice. M Thomas de Colmar, et les Dames du Château, dont les toilettes étaient d’une rare élégance, en ont fait les honneurs avec beaucoup de grâce et de distinction ». Georges Fath illustra son récit par deux dessins dont nous reproduisons celui montrant le feu d’artifice devant le Château.

En 1860 Charles Xavier Thomas eut même l’honneur d’y recevoir Napoléon III.

Nous connaissons aussi quelques détails de la vie de la famille Thomas à Maisons par les registres paroissiaux, conservés à Saint Nicolas ou à l’évêché à Versailles. Rappelons que, jusqu’en 1872, c’est l’ancienne église située près du Château, qui faisait office d’église paroissiale de Maisons sur Seine. Le Curé en était l’abbé Placet.

Le 8 mai 1860 Monseigneur Jean Pierre Mabile, Evêque de Versailles, est reçu au Château. Il y passera la nuit, et le lendemain, il se rend en procession du Château à l’Eglise pour y célébrer la Sainte Messe et administrer le Sacrement de Confirmation à 86 enfants et fidèles de la paroisse.

La même année, Madame Thomas de Colmar offre une statue de la Très Sainte Vierge en bois de tilleul doré, qui sera bénie le 14 août et placée dans la niche au-dessus de l’autel de Marie dans l’ancienne église.

Le 7 juillet 1861 a été donné dans la galerie du Château un magnifique concert, suivi d’une quête pour la construction d’une maison pour les sœurs de la Sainte Enfance. 7 000 Francs ont été recueillis

Le 19 juillet 1864 sera organisé, toujours au Château, un autre concert dont le produit sera affecté à la construction d’une nouvelle église, projet auquel le Curé Placet tenait beaucoup, car la population de la Ville avait fortement augmenté dans le Parc et dans le nouveau quartier de la gare. C’est l’actuelle Eglise Saint Nicolas qui sera achevée aux environ de 1872. M et Mme Thomas de Colmar offriront le vitrail central du chœur sur lequel figure leur nom, et probablement même l’ensemble des vitraux du choeur.

Le 10 octobre 1865, sera célébré dans la vielle église, puis naturellement au Château, le mariage d’une petite fille de Thomas de Colmar : Marie Frasquita Soulzener avec Marie Charles Guy Ludovic Véneau. Deux filles du couple naîtront au Château de Maisons : L’aînée, le 12 août 1866. Elle sera baptisée le 26 août par l’abbé Placet, et reçut les prénoms de Marie Louise Frasquita Marguerite. La cadette, née le 5 novembre de l’année suivante recevra les prénoms de Anne Charlotte Marie Madeleine.

Les Thomas de Colmar habitaient naturellement un Hôtel particulier à Paris, d’abord au 13 Rue du Helder, puis au 156 Boulevard Haussmann, mais ils devaient souvent venir au Château, accompagnés de plusieurs de leurs filles et belles-filles, puisque dans l’inventaire dressé au décès de Monsieur Thomas on dénombre au Château de Maisons, outre les chambres de Monsieur Thomas et celle de Madame, la chambre de Madame Soulzener (une fille), celle de Madame Véneau (une petite fille), celle de Madame Tissot (une autre petite fille), celle de Madame Alvarès (une belle fille), etc...

Décès de Charles Xavier THOMAS de COLMAR

Thomas de Colmar devait décéder à Paris 12 mars 1870, à l’age de 85 ans, dans son Hôtel du 156 Boulevard Haussmann, après une agonie des plus pénibles. Depuis longtemps déjà il était atteint d’une maladie de vessie, lorsqu’une affection aigue à la poitrine vint mettre le comble à ses souffrances. Les crises étaient si terribles que le malade demandait en grâce, à tous ceux qui l’approchaient, de le finir d’un coup de pistolet. Ses funérailles furent célébrées le 14 mars à 11 heures en l’Eglise Saint Philippe du Roule, puis il fut inhumé au cimetière du Père Lachaise, où sa tombe est toujours visible.

Lors de son décès, on a pu lire dans la presse, (Le Gaulois du 14 mars 1870) : « ... entracte de 33 minutes 48 secondes. Dans les couloirs on parle du Roi Soleil. Pas celui de Versailles, mais du Roi Soleil de Colmar, le haut et très puissant Seigneur Thomas, Fondateur et Directeur de la Compagnie d’Assurances Le Soleil. Le Roi Soleil laisse une fortune de plus de 24 millions..... »

En effet, outre le Château de Maisons, les Thomas possédaient :

- Leur Hôtel du 13 Rue du Helder à Paris, acquis en 1823, et qui sera de 1829 à 1868 le Siège de la Compagnie « Le Soleil ».

- Le Château de Champfleury à Carrières sous Poissy, dont ils feront l’acquisition en 1837, donc avant l’achat du Château de Maisons. Pendant la Commune de Paris, ce château abrita une partie des services du groupe « Abeille-Aigle ». Ce domaine sera habité plus tard par la Comtesse de Ronseray, fille de Thomas de Bojano.

- Le Château et Domaine de Mairé près de Châtellerault dans la Vienne, d’une superficie de plus de 1000 hectares, dont la famille Thomas fera l’acquisition en 1860, et qui reviendra à la famille Soulzener. Le domaine comprenait un moulin, une tuilerie, 5 fermes et 760 hectares de bois !

- L’Hôtel du 156 Bd Haussmann à Paris, que Thomas de Colmar fera construire sur un terrain de 1200 m² acquis en 1863 et où il décèdera en 1870. L’inventaire de cet hôtel fera état de 11 domestiques attachés au service de la famille. Les écuries abritaient 6 chevaux et 6 voitures.

A côté des biens immobiliers, les Thomas possédaient naturellement un très grand portefeuille d’actions et d’obligations diverses.

Dans son dictionnaire de biographie des hommes célèbres d’Alsace, édité en 1910, Edouard Sitzmann termine la notice qu’il consacra au fondateur de la Compagnie d’Assurances Le Soleil, par la célèbre locution : « Sic transit mundi gloria » ( ainsi passent les gloires de ce monde)

Madame Thomas décèdera quelques années plus tard, en 1874, et sera inhumée au Père Lachaise, à côté de son mari, et de quatre de leurs enfants.

Le domaine de Maisons Laffitte sera vendu en 1877 par les héritiers de Thomas de Colmar au peintre russe Vassili GROMME, avant d’être racheté par l’Etat en 1905.

La descendance directe de THOMAS de COLMAR

Nous avons déjà mentionné dans notre récit les deux aînés, nés à Séville, à savoir :

Joseph Marie Charles François-de-Paule Clément Thomas d’Alvarès. Il a ajouté à son nom patronyme celui de la famille de sa mère. Il est né en 1811. Il épousera en 1837 Georgette Latour, et assurera jusqu’en 1870, la Direction de la Compagnie d’Assurances l’Aigle. Il décèdera en 1873.

Charlotte Marie-du-Carmel Andrée Pie Thomas, née en 1813. Elle épousera en 1830 Charles Raymond de Granges, Comte de Rancy, mais décèdera en 1840. Leur fils Edmond assurera la Direction du Soleil de 1880 à 1884.

Ajoutons à présent :

Auguste Antoine François Thomas d’Alvarès, né en Alsace à Rouffach en 1815. Il épousera Joaquina Viscanio d’Alvarès de Roz, mais décédera sans postérité.

Louis François Charles Thomas, né à Colmar en 1816, mais dont nous ne savons pas grand-chose, si ce n’est qu’il demeurait lors du décès de son père, à Neuilly au 33 rue de Longchamp. Il est mentionné dans l’acte de succession, mais n’apparaît pas sur la généalogie de la famille : accusé de se livrer à des actes de prodigalité qui compromettaient sa fortune et ses biens, il fut placé, par un jugement de 1872, sous la tutelle d’un conseil judiciaire.

Louis Nicolas André Thomas, né en 1818 à Paris. Il épousera en 1845 Marie Livie Lucie Louise Marianne Isabelle Julie Madeleine Thérèse Adélaïde Raphaëlle Raymonde Irène Amélie Christine Carafa de Noja, fille de Son Excellence Don Giovanni Carafa, Duc de Noja Nocera Bojano. Ce fils Louis recevra le titre de Duc de Bojano, par transmission de son beau-père, confirmé par un décret de 1858 de Sa Majesté Ferdinand II Roi des Deux Siciles. Il sera l’adjoint, puis à partir de 1870, le successeur de Thomas de Colmar à la Direction de la Compagnie du Soleil. Il décèdera à Paris en 1881

Françoise Madeleine Joséphine Thomas, née en 1821 probablement à Paris. Elle épousera en 1842 Charles Soulzener d’Enschwyl, Bourgeois de Neufchâtel en Suisse, et vivra jusqu’en 1905.

Emmanuel, Eugène Thomas, né à Paris en 1827. Il décédera au Château de Champfleury à Carrières sous Poissy le 26 septembre 1840 à l’âge de 12 ans.

Henriette Léontine Irma Thomas, née en 1831 à Paris. Elle épousera en 1856 le Comte Pierre Albert de Dalmas qui fut sous-chef de cabinet de l’Empereur Napoléon III, Député d’Ille et Vilaine, et Président du Conseil d’Administration de la Compagnie Le Soleil de 1863 à 1866 et de 1868 à 1876. Elle fera l’acquisition en 1873 du Château de Médan, mais décèdera 3 années plus tard.

Nous mentionnerons aussi deux garçons probablement décédés en bas âge : Henri Paul Emmanuel Thomas, et Henri Xavier Eugène Thomas

Les Thomas auraient donc eu dix enfants ! D’autres témoignages en mentionnent treize ! Ce qui est certain, c’est que seuls cinq d’entre eux survivront à leur père. Mais 14 petits-enfants et 33 arrières petits-enfants complètent leur descendance.

Sources et crédit photos : Michel Arnold, cercle historique de Maisons-Laffitte

Reproduction interdite, tous droits réservés.(APPL/Michel Arnold. 18/10/2007)