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Ancien régime - Révolution - Empire - Restauration - Monarchie de juillet

LE BORGNE DE BOIGNE baron (1764-1832)

19eme division (3e ligne, S, 21)
mercredi 16 janvier 2013.
 

Député et administrateur

Député au Conseil des Cinq-cents, né à Chambéry (Savoie) le 8 mars 1762, mort à Paris le 1er mars 1832, entra d’assez bonne heure dans l’administration des colonies et fut nommé, en 1791, secrétaire de la commission envoyée à Saint-Domingue pour assurer la pacification ; il y fut laisse, comme agent central de l’administration, quand les commissaires, dont les pouvoirs avaient été contestés, revinrent en France.

Leborgne signala son administration par la promulgation, en 1792, de la loi qui reconnaissait aux nègres des droits politiques ; mais les planteurs et les colons s’opposèrent à la mise en vigueur de cette loi.

A l’arrivée à Saint-Domingue des nouveaux commissaires, il fut envoyé à la Martinique avec Rochambeau, et prit une part active a la défense de cette île contre la flotte anglaise.

En 1793, à peine revenu en France, il fut arrêté comme girondin et incarcéré à la Conciergerie. Remis peu après en liberté, il fut nommé (1796) commissaire-ordonnateur du corps expéditionnaire de Saint-Domingue, aida, dans la mesure de ses pouvoirs, Rigaud et Sonthonax dans leur mission, et fut élu, le 21 germinal an VI, député de la colonie de Saint-Domingue au Conseil des Cinq-cents.

Il y prit la parole pour demander la réorganisation de la marine française et exposer un projet de descente en Angleterre, réclama l’annulation des nouvelles élections de Saint-Domingue parce qu’elles avaient été influencées par Toussaint Louverture, obtint (7 septembre 1799) que l’on favorisât par des primes l’armement en course : mais la proposition, votée aux Cinq-cents, fut rejetée au Conseil des Anciens.

Il prit parti contre les députés frappés au lendemain de fructidor. Le 18 brumaire l’eut également pour adversaire ; aussi perdit-il sa place d’ordonnateur. Il n’exerça aucune fonction publique jusqu’en 1813.

A cette époque, il fut envoyé a l’armée d’Allemagne et fait prisonnier. Il ne rentra en France qu’en 1814, fut mis à la demi-solde, et, après les Cent-jours, fut réduit, avant l’âge requis, à la pension de retraite.

On a de lui : L’Ombre de la Gironde à la Convention nationale ou note sur ses assassins, par un détenu à la Conciergerie (Paris 1794)

Essai de conciliation de l’Amérique et de la nécessité de l’union de cette partie du monde avec l’Europe (Paris 1817).

Nouveau système de colonisation pour Saint-Domingue (id. 1817).

Repose également dans cette sépulture le baron Pierre-Charles-Benoît Le borgne de Boigne (1806-1896), fils du précédent.

Sources : Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)