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Actrices - Arts de l’écran

TISSOT Alice (1890-1971)

61eme division
lundi 22 octobre 2012.
 

Actrice française

Alice Tissot voit le jour le 1er janvier 1890, dans un Paris encore tout émerveillé par l’inauguration, quelques mois plus tôt, de la Tour Eiffel. Adolescente elle s’oriente très vite vers le chant et la comédie. En 1907, elle rencontre Louis Feuillade, directeur artistique de la puissance compagnie française de production cinématographique Gaumont, et devient l’une des ses actrices favorites.

Leur collaboration va se poursuivre jusqu’au décès du génial cinéaste, dix-huit ans plus tard. Elle participe bien sûr aux grands feuilletons à succès de Feuillade comme « Les sept péchés capitaux » (1910).

Après la première guerre mondiale, Alice Tissot toujours fidèle à son Pygmalion des salles obscures, a pour partenaire Fernand Herrmann qui interprète l’avocat Jacques Varèse dans « Barrabas » (1919).

Elle le retrouve dans « Les deux gamines » (1921) aux côtés de Lugane, actrice et compagne du cinéaste. En 1924, Alice travaille une dernière fois avec Louis Feuillade qui, assisté de son beau-fils réalise « Lucette » avec la jeune Bouboule dans le rôle titre. En 1925, la comédienne poursuit sa carrière au cinéma dirigée par Henri Desfontaines pour huit histoires de « L’espionne aux yeux noirs » (1925) avec la célèbre danseuse espagnole d’origine gitane Maria de Albaícin, ainsi que pour quatre numéros de « Belphégor » (1926) avec René Navarre.

En 1925 la comédienne tourne enfin son premier long métrage : « Gribiche » avec Françoise Rosay, épouse du réalisateur Jacques Feyder. Approchant de la quarantaine, gaillarde et femme de caractère, interprète confirmée au théâtre et dans des opérettes de Albert Willemetz, des réalisateurs dont la notoriété ne va pas s’éteindre avec l’arrivée du parlant, n’hésitent pas à l’embaucher.

Alice Tissot travaille en particulier avec Henri Chomette et son frère René Clair. Ce dernier la dirige d’ailleurs dans « Le chapeau de paille d’Italie » (1927) avec Albert Préjean. Elle tourne aussi en Allemagne « Cagliostro » (1928), sous la direction de Richard Oswald. Mais c’est sans doute de sa prestation dans « Les dames au chapeau vert » d’abord au théâtre puis au cinéma, en 1929, grâce à André Berthomieu et en 1937 dans une version parlante de Maurice Cloche, dont on se souvient le mieux.

La comédienne interprète des rôles variés : elle est la mère de Charles Bovary dans « Madame Bovary » (1933) de Jean Renoir, mais elle apparaît aussi aux côtés de Fernandel et campe une Madame de Grand Air plus vraie que nature dans l’adaptation par Pierre Caron de la célèbre bande dessinée « Bécassine » (1939) de Pichon et Languereau.

Pendant l’occupation, Alice Tissot est notamment Dame Léonarde dans « Le Capitaine Fracasse » (1942) dirigé par Abel Gance. Elle se retrouvera également dans la version de Pierre Gaspard-Huit, réalisée en 1960, avec Jean Marais remplaçant Fernand Gravey dans le rôle principal.

Au cours des deux décennies suivantes, Alice est encore à l’affiche d’une vingtaine de films, souvent des comiques sans prétention comme « La joyeuse prison » de André Berthomieu avec Michel Simon en gardien-chef et Darry Cowl en avocat bafouillant.

En 1961, elle fait une dernière apparition cinématographique comme figurante dans la super production « Le jour le plus long ». Les téléspectateurs la verront encore une fois en 1963 dans une émission de variété où elle joue l’institutrice de Sheila qui chante « L’école est finie ».

Puis Alice Tissot prend une retraite bien méritée avec près de quatre cents films à son actif. Elle s’éteint dans sa ville natale, le 5 mai 1971, des suites d’un cancer du larynx.

Elle repose dans la 61e division.

© Caroline HANOTTE

Sources : Allociné et divers.