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Sciences et Techniques - Pionnière de la course automobile

CRESPIN DU GAST Camille (1868-1942)

36eme division (1ere ligne, P, 35)
mercredi 22 avril 2009.
 

Première femme pilote de course

Marie Marthe Desinge dite « Camille du Gast » voit le jour en 1868 à Paris. Elle épouse en 1890 Jules Crespin, dirigeant d’un des départements du magasin Dufayel, à Paris et fils de Jacques François Crespin fondateur des magasins du Palais de la nouveauté.

Une fille verra le jour de cette union.

D’un caractère bien trempé, bien loin des critères de son époque, l’intrépide « Amazone » décide de se lancer dans les sports de l’extrême : alpinisme, parachutisme, luge et invente même une nouvelle discipline : la descente en parachute-nacelle.

Douée d’un sens de l’humour, d’un sourire magnétique et ensorceleur qui fait vibrer tous les hommes, la gent masculine la trouve irrésistible.

Elle se passionne trés vite pour les courses automobiles et participe en 1901 au Paris-Berlin où elle se classera 30ème sur 154 concurrents, tous masculins.

Son mari, Jules Crespin, l’accompagnera bien souvent dans ses compétitions en tant que co-pilote.

Elle enchaîne ensuite les exploits jusqu’en 1904 où l’Automobile Club de France (ACF) l’exclut de la compétition sous prétexte de « nervosité féminine »... (sic)

Si elle suscite l’admiration, surtout auprès des femmes, Camille du Gast choque et dérange dans une époque où une femme au volant était presque immorale, rejoignant en cela la duchesse d’Uzès, première femme a obtenir son permis de conduire et aussi, a avoir écopée d’une contravention pour éxcès de vitesse....

Surnommée la « Walkyrie de la Mécanique » elle participe alors à des courses de bateaux jusqu’en 1905 où elle échappe de justesse à la mort lors du désastre de l’épreuve Alger-Toulon.

Elle s’essayera aussi à des traversées à cheval au Maroc.

Elle continuera ses aventures sportives jusqu’en 1910 où des ennuis familiaux l’obligent à abandonner.

Elle se consacre alors exclusivement à la défense des animaux et devient présidente de la SPA jusqu’à sa mort en 1942 à Paris. Elle combattit notamment pour l’abolition de la corrida. Camille du Gast sera également l’une des animatrices du refuge pour les chiens errants fondé en 1903 par Gordon Bennet.

Mme du Gast était aussi une féministe soucieuse de l’avancée des droits des femmes et de leur emancipation. C’est ainsi qu’elle intervient dans l’ouvrage « Cinquante-ans de féminisme : 1870-1920 » publié par la Ligue française pour le droit des femmes en 1921. Ce texte, « Le rôle des Sports dans la victoire féministe » est consultable en ligne sur Gallica, (page 113, cliquer dans le sommaire à gauche).

Camille du Gast a également publié quelques textes retraçant ses exploits sportifs : A deux doigts de la mort « , paru dans la revue « Je sais tout » du 15 février 1905 (rubrique « Elégances «  !), dans lequel elle relate la fameuse course Paris-Alger.

Ce que m’a dit le Rogui, paru dans la même revue en 1909, chronique de sa traversée du Maroc à cheval (consultable en ligne sur Gallica, pages 295 à 300).

On lui doit aussi la création de centres pour les orphelins et les femmes dans la pauvreté. Elle continua son oeuvre même pendant l’occupation allemande et jusqu’à sa mort survenue en 1942.

Elle repose dans la sépulture familiale de la 36e division, sous un trés beau monument orné d’un buste et d’une allégorie, oeuvres du sculpteur Leroux.

Crédit photos : Régis_Forrestier (APPL 2009)