Navigation







Chansonniers - Arts de la scène

JOUY Jules (1855-1897)

53eme division (3eme ligne, U, 13)
mercredi 6 février 2008.
 

Chansonnier Montmartrois

Louis Jules Jouy est un chansonnier montmartrois né à Paris le 27 avril 1855.

Jules Jouy est Issu d’un milieu très modeste, il travaille comme garçon boucher après l’école primaire, tout en continuant à lire autant qu’il le peut et en commençant à composer des chansons. Marqué par la Commune de Paris, il part pour l’armée à vingt ans dans le service auxiliaire, en raison d’une malformation au bras droit.

A vingt-et-un ans, il commence à publier dans Le Tintamarre des chansons et des articles où percent déjà ses thèmes de prédilection : l’anticléricalisme, la république, l’injustice et le macabre, avec une véritable fascination pour la guillotine.

En septembre 1878, il participe à la fondation du Sans-culotte, journal républicain virulent qui milite pour l’amnistie des communards et combat le cléricalisme. Pendant quatre ans, pendant la crise boulangiste, il parvint à publier chaque jour dans la presse une chanson d’actualité. Sa facilité et sa rapidité le firent surnommer « la chanson faite homme ».

Les efforts surhumains qu’il accomplit dans son combat contre le boulangisme achèvent de ruiner une santé déjà très altérée par l’abus du tabac et de l’absinthe. Il est interné dans un asile psychiatrique au mois de mai 1895 et meurt le 17 mars 1897.

Il écrivit des centaines de chansons de café-concert qui furent créées par les plus grandes vedettes de l’époque : Yvette Guilbert, Thérésa, Marguerite Dufay, Polin, Bonnaire, Marguerite Réjeane, Anna Judic, Félix Galipaux, Fragson, Paulus, Sulbac, Mévisto aîné, Kam-Hill, Coquelin cadet, Aristide Bruant, etc., et dans les principales salles parisiennes : L’Eldorado, La Scala, Le Pavillon de l’horloge, Le XIXè Siècle, Le Parisiana, La Gaîté, A Ba-Ta-Clan, Les Ambassadeurs, L’Européen, L’Eden-concert, L’Alcazar d’été.

Il fut également membre des Hydropathes, des Hirsutes, et fréquenta le cabaret du Chat noir et plusieurs autres. Sans doute servit-il également de « nègre » à des auteurs connus.

Jules Jouy était surtout connu pour être l’auteur de "La Veuve" chanson sur la peine de mort et la guillotine reprise par Damia en 1935.

Il repose sous un monument orné d’un buste en bronze, oeuvre de Jules Dalou, qui fut exposé au Salon de 1892.

Jules Jouy - Le Tombeau des Fusillés 1887

Sources : Henriette Caillaux, "Dalou, l’homme, l’oeuvre, Paris Delagrave, 1935, P.141.